Arlette Laguiller
- Date de naissance:
18 mars 1940
- Lieu de naissance:
Paris
- Situation familiale:
Célibataire. Sans enfant
- Poste actuel:
- Retraitée (ancienne employée du Crédit Lyonnais)
- Candidate de Lutte Ouvrière aux élections présidentielles de 1974 à 2007
Pourquoi elle compte
«Travailleuses, travailleurs!» A elle seule, cette phrase résume la popularité d’Arlette Laguiller, première candidate à la présidentielle et infatigable militante d’extrême-gauche. Pendant 40 ans elle a été le visage de Lutte Ouvrière (LO), un parti politique trotskiste très minoritaire.
Mis à part quelques alliances avec la Ligue Communiste Révolutionnaire lors d'élections européennes, Arlette Laguiller a toujours exclu de pactiser avec d’autres partis de gauche ou d’extrême-gauche. Une intransigeance parfois qualifiée de «sectarisme»[1] mais qui a connu, du début des années 90 jusqu’en 2002, de bons résultats électoraux grâce à sa notoriété. Aujourd’hui retraitée, elle s’est mise à l’écart de la vie publique. Son successeur Nathalie Arthaud, candidate de LO en 2012, aura toutefois besoin de tout son soutien pour espérer renouer avec les scores flirtant les 5%.
- ↑ «LO exclut sa minorité pour flirt poussé avec le nouveau parti de M. Besancenot», Sylvia Zappi, 23 septembre 2008, Le Monde
Son parcours
Arlette Laguiller est la fille d’un père manœuvre anarchiste et d’une mère secrétaire catholique pratiquante. La famille est modeste, elle grandit avec ses deux frères dans une cité-jardin des Lilas en Seine-Saint-Denis, ville où elle réside toujours.[1]
A 16 ans, elle entre au Crédit Lyonnais comme apprentie dactylo-mécanographe. Elle y restera jusqu’à son départ à la retraite en 2000 mais en tant que permanente de Force Ouvrière au siège de la banque. Elle commence à militer en politique en adhérant au Parti Socialiste Unifié en 1960 puis au sein du journal Voix Ouvrière, publication de l’Union Communiste Internationaliste, un groupuscule communiste et révolutionnaire de quelques dizaine de membres.[2][3]
En 1968, elle lance une grève dans son agence du Crédit Lyonnais et tente, en vain, d’occuper les locaux. Cette même année elle participe à la création du parti trotskiste Lutte Ouvrière (LO) et devient membre du bureau politique. En 1974, elle est candidate de LO à l’élection présidentielle. C’est la première femme à se présenter à un tel scrutin, elle en fait d’ailleurs un argument de campagne. Elle obtient finalement 2,33% des voix et appelle à voter François Mitterrand au second tour.
Arlette Laguiller ne va plus cesser d’être porte-parole de LO. Candidate du parti à toutes les élections présidentielles (1974, 1981, 1988, 1995, 2002 et 2007), elle détient le record de participation. Elle s’enracine dans le paysage politique français, s’attirant une popularité qui dépasse largement l’audience réelle de LO.[4]
En 1981, elle récolte 2,3% des suffrages. En 1988, elle n’attire que 1,99% des électeurs.
Après ces passages à vide, les années 90 sont marquées par un regain électoral pour LO et son éternelle porte-parole. A l’élection présidentielle de 1995 elle se place 6ème avec 5,3% des voix. Elle est élu la même année conseillère municipale de sa ville, Les Lilas (Seine-Saint-Denis). Tête de liste en Seine-Saint-Denis aux élections régionales de 1998, elle entre au Conseil régional d’Ile-de-France où elle siégera jusqu’en 2004. Un an plus tard, en 1999, elle est élue député européenne sur une liste d’alliance LO-Ligue Communiste Révolutionnaire. Au Parlement européen, elle siège au sein du groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique. Pour son avant-dernière participation à une élection présidentielle, en 2002, elle réalise sa meilleure performance électorale: 5,72%, en cinquième position. Cette percée de LO, ajoutée aux bons résultats des autres formations d’extrême-gauche, aurait contribué à la défaite de Lionel Jospin (PS) au premier tour au profit de l’extrême-droite représentée par Jean-Marie Le Pen. Alors que toute la classe politique, droite et gauche confondues, appelle à voter en faveur de Jacques Chirac, Arlette Laguiller ne donne pas de consigne de vote.
Battue aux européennes de 2004 alors qu’elle menait une nouvelle fois une liste commune LO-LCR, elle annonce l’année suivante que sa prochaine participation à la présidentielle de 2007 sera la dernière. Toujours sous les couleurs de LO, elle obtient son plus mauvais résultat en ne rassemblant que 1,33% des voix. En décembre 2008, Arlette Laguiller cède son poste de porte-parole de LO au profit de Nathalie Arthaud, 40 ans. La nouvelle figure du parti trotskiste sera candidate à la présidentielle en 2012 et dit déjà vouloir s’inscrire dans la «continuité avec Arlette».
- ↑ Arlette Laguiller dans l'émission de Thierry Ardisson Salut les terriens, le 14 mars 2009
- ↑ Who’s who in France 2011
- ↑ «Arlette, en attendant la révolution», Gilles Paris, 15 mars 1995, Le Monde
- ↑ «L’extrême-gauche attire un électorat jeune et populaire», Gérard Courtois, 3 juin 2001, Le Monde
Ses opinions
Pour l’interdiction des licenciements économiques.
Contre les allégements de charges sociales pour les entreprises.
Augmenter l'impôt sur les bénéfices des sociétés à 50% de leurs profits. Porter le SMIC à 1 500€ par mois.
Augmenter tous les salaires de 300 euros par mois, jusqu'à un plafond de 4 000 euros.
Créer 750 000 emplois dans la fonction publique, en priorité dans l'Education nationale et les hôpitaux.
Remettre EDF, GDF, La Poste et les Télécoms dans le giron de l’Etat.
Créer un Office national du Logement qui prenne en main la construction d'un million de logements HLM par an pendant trois ans.
Ses publications
- Moi, une militante, 1974.
- Une Travailleuse révolutionnaire dans la campagne présidentielle, 1974.
- Il faut changer le monde, 1988.
- C'est toute ma vie, 1996.
- Paroles de prolétaires, 1999.
- Mon communisme, Plon, 2002.
Son réseau
Plus de 40 ans après sa fondation, le visage de Lutte Ouvrière se confond toujours avec celle qui a été sa porte-parole et candidate jusqu’en 2008. Hormis Arlette Laguilller, les membres du parti ne sont pas connus du grand public. Elle même nomme rarement les camarades qui l’entourent. Cette discrétion entretient tous les fantasmes. LO cultiverait un culte du «secret» et son fonctionnement interne ressemblerait plus à celui d’une «secte» qu’à un parti politique classique.
Un nom, mystérieux, revient souvent: Robert Barcia alias Hardy. Cofondateur de LO, ce directeur de deux sociétés formait des visiteurs médicaux. Il est mort en juillet 2009, un an avant que sa mort ne soit rendue publique.
Autre figure historique du mouvement, Pierre Bois, leader des grèves chez Renault en 1947, mort en 2002.
Plus récemment, Nathalie Arthaud, enseignante, a été designée porte-parole de LO.



