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Arnaud Montebourg
- Date de naissance:
30 octobre 1962
- Lieu de naissance:
Clamecy (Nièvre)
- Situation familiale:
Divorcé (Hortense de Labriffe). Compagnon de la journaliste Audrey Pulvar. Deux enfants (Paul, Adèle)
- Postes actuels:
- Ministre du Redressement productif (depuis le 16 mai 2012)
- Président du conseil général de Saône-et-Loire
- Secrétaire national du Parti Socialiste à la rénovation
Pourquoi il compte
Ancien avocat, Arnaud Montebourg fait partie de la génération des «quadras» du Parti Socialiste qui a longtemps tenté de percer face aux «éléphants» du parti. Entré en campagne pour l'investiture socialiste le 20 novembre 2010, il a créé la surprise, le 9 octobre 2011, en arrivant troisième du premier tour derrière François Hollande et Martine Aubry, avec 17,3% des voix, après une campagne menée notamment sur le thème de la «démondialisation». Cinq jours plus tard, il a annoncé qu'il voterait à titre personnel pour François Hollande, sans donner de consigne de vote. Un ralliement dont il a été récompensé par une nomination au sein du gouvernement de Jean-Marc Ayrault sur un thème qu'il a beaucoup défendu, celui du redressement productif.
Son parcours
Arnaud Montebourg est né le 30 octobre 1962 d’un père fonctionnaire des impôts, Michel Montebourg, et d’une mère, professeure d’espagnol et universitaire, Leïla Ould Cadi.
Il rejoint le Parti Socialiste à 21 ans. En 1981, il milite pour le candidat François Mitterrand. A ses débuts il est proche des chevènementistes, un courant qu’il quitte en 1984. Il rejoint alors les fabiusiens, regroupés dans le mouvement Solidarité moderne. En 1986, il participe à la campagne des législatives et soutient son camarade de Sciences Po, Thierry Mandon, qui sera élu dans l'Essonne.
Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris en 1985, il tente l’ENA, mais échoue au concours avec une de note de 3 à l’épreuve de Droit. Une humiliation. Il rompt un temps avec la politique et se consacre alors au droit. Il obtient en 1989 sa capacité de droit (CAPA) et devient stagiaire au cabinet de l’avocat Thierry Levy. Il collabore avec le célèbre pénaliste pendant deux ans et demi et forge son éloquence en tant qu’avocat commis d’office.
Le politique médiatique a d’abord été un avocat médiatique. Il obtient en 1993 le poste de Premier secrétaire de la Conférence du stage des avocats de Paris, à la troisième tentative. Un poste honorifique qui lui permet de se pencher sur des dossiers importants et médiatiques. En 1995, il défend Christian Didier, l’assassin de René Bousquet, l’ex-chef de la police de Vichy, puis la même année il assure la défense de Christine Villemin, mère du petit Grégory Villemin, âgé de quatre ans et retrouvé mort le 16 octobre 1984, noyé dans la Vologne. Il aiguise ensuite ses armes d’orateur lors du procès des «paumés de Marrakech», des jeunes des banlieues parisiennes recrutés pour «faire le djihad». Le jeune avocat se fait une réputation dans les tribunaux parisiens.
Son retour en politique se concrétise en 1997 lorsqu’il devient, à 35 ans, député de Saône-et-Loire, sa région natale, sous les couleurs socialistes, poste auquel il a depuis été réélu deux fois. La même année, Arnaud Montebourg épouse Hortense de Labriffe, fille du comte Antoine de Labriffe et de la comtesse Anne de Lacretelle, dont il aura deux enfants (Paul, né en 2000 et Adèle, née en 2002) avant de divorcer.
Pendant son premier mandat, il se fait connaître par ses chevaux de bataille: la rénovation de la vie politique et la création d'une VIe République moins présidentielle et plus parlementaire et la lutte contre le blanchiment des capitaux en France auprès du député européen Vincent Peillon. En 2001, il s’en prend au président de la République de l’époque Jacques Chirac. L’ancien chef de l’État est présumé impliqué dans une affaire d’emplois fictifs à la mairie de Paris, dont il était le maire entre 1977 et 1995: Arnaud Montebourg dépose une résolution devant les parlementaires pour obtenir un renvoi du dossier devant la Haute Cour de Justice. Mais Lionel Jospin, alors Premier ministre s’y oppose.
Il s’allie fin 2002 avec Julien Dray, actuel député de l’Essonne, Benoît Hamon, actuel porte-parole du PS et Vincent Peillon pour constituer le Nouveau Parti Socialiste (NPS) qui veut représenter la gauche du parti. En vue, le Congrès de Dijon de 2003 qui se tient après la débâcle de la candidature de Lionel Jospin à la présidentielle de 2002. La nouvelle formation obtient alors près de 17%. Mais en 2005, lors du Congrès du Mans, il refuse d’adopter la synthèse générale du parti, acceptée par les autres leaders du NPS, qui a obtenu 23,6% des voix. Il fonde ensuite son propre mouvement «Rénover maintenant» avec quelques proches comme Christian Paul ou encore Thierry Mandon.
Après avoir claqué la porte du NPS, il rejoint en 2006 l’équipe de campagne de la candidate à la présidentielle Ségolène Royal. Mais suite à la défaite de la socialiste en 2007 face à Nicolas Sarkozy, il prend ses distances avec elle. Il se rapproche peu à peu de Martine Aubry avec sa nomination en tant que première secrétaire du Parti Socialiste: en décembre 2008, il devient secrétaire national du PS en charge de la «rénovation» et organise notamment la tenue et le processus des primaires au sein du parti. Mais ses relations avec Martine Aubry se tendent quand il dénonce les pratiques de la fédération des Bouches-du-Rhône à l'occasion de «l'affaire Guérini».
Le 20 novembre 2010, dans son fief de Frangy-en-Bresse, il annonce sa candidature à la primaire socialiste. Après une campagne de terrain centrée notamment sur le thème de la «démondialisation», il crée la surprise le 9 octobre 2011 en arrivant troisième du premier tour avec 17,3% des voix, derrière François Hollande et Martine Aubry. Cinq jours plus tard, il annonce qu'il votera à titre personnel pour François Hollande, sans donner de consigne de vote.
Ses opinions
- TF1
Il s’est opposé à la chaîne privée du groupe Bouygues, TF1 (2010), dont il remet en cause les rapports avec certaines personnalités de droite :
«C'est une chaîne, j'allais dire, qui a une tradition délinquante par rapport à ses obligations réglementaires», dit-il sans concession. «Voilà une chaîne qui s'adresse à presque la moitié des Français, qui dispose d'un quasi-monopole et qui a réussi en quelque sorte à circonvenir toutes les autorités et les contre-pouvoirs qui pouvaient lui demander des comptes.»
«J’ai le souvenir que pendant les années Jospin, on a évité l’affrontement avec TF1, eh bien, on a eu tort.»
- Justice
«M. Woerth et son comportement doivent faire l'objet d'une analyse et d'une enquête de la part d'institutions indépendantes du pouvoir auquel il appartient. Nous avons déjà demandé une commission d'enquête parlementaire. Elle vient d'être refusée par le pouvoir.» (Le Monde 9 juillet 2010)
«Je note que M. Woerth ne veut démissionner ni de l'un ni de l'autre. Pourtant, il sera obligé tôt ou tard de répondre de cette confusion des intérêts préjudiciable à l'intérêt public.» (Le Monde 9 jullet 2010)
En 2007, Arnaud Montebourg s’est oppposé vivement contre la réforme de la carte judiciaire, alors menée par la garde des Sceaux, Rachida Dati:
«réforme aussi stupide que la ministre. Elle est totalement incompétente (...) Elle n'a que le soutien du monarque parce qu'elle est la courtisane.»
«Sommes-nous dans une République des rois où le plus haut personnage de l'Etat échapperait à l'application de la loi ou sommes-nous dans une République ou la loi reste la même pour tous?»
- Ségolène Royal
Lors de la campagne présidentielle de Ségolène Royal, sur le plateau du Grand Journal sur Canal+, interrogé le «seul point faible» de la candidate socialiste, Arnaud Montebourg lance: «son compagnon». Il est aussi l’inventeur du surnom péjoratif sur l’ex-premier secrétaire du parti socialiste, «Flamby».
Ses publications
- «La lutte contre le blanchiment des capitaux en France : un combat à poursuivre» (Mission d'information à l'Assemblée nationale)
- «Les tribunaux de commerce : une justice en faillite ?», Journal Officiel
- Proposition de résolution tendant au renvoi de Monsieur Jacques Chirac occupant les fonctions de Président de la République devant la Commission d'instruction de la Haute Cour de Justice, éditions Denoël, 2001
- La machine à trahir: Rapports sur le délabrement de nos institutions, éditions Denoël, 2002
- Pour un nouveau parti socialiste, avec Vincent Peillon, éditions Denoël, 2003
- Préface de Vive la République européenne! de Stefan Collignon, édition de la Martinière, 2004
- Au coeur de la gauche: Éléments pour un projet politique, avec Vincent Peillon et Benoît Hamon, éditions Le Bord de l'eau, 2004
- La Constitution de la 6e République - Réconcilier les Français avec la démocratie, avec Bastien François, éditions Odile Jacob, 2005
- Des idées et des Rêves, éditions Flammarion, 2010
Son réseau
D’abord mitterrandiste à ses débuts, Arnaud Montebourg rejoint tour à tour les chevènementistes, puis les fabiusiens, pour ensuite prendre son indépendance. Il est à l’origine de la fondation du courant à la gauche du parti, le Nouveau Parti Socialiste, fondée sous son impulsion notamment en 2002.
Il peut se prévaloir de compter parmi ses soutiens des personnalités comme Jean-Pierre Chevènement ou encore Pierre Joxe qui lui a offert une de ces cinq écharpes tricolores. Dans le monde du Barreau, ce sont des vieilles connaissances rencontrées lors de ses études qui lui sont toujours fidèles : Rodolphe Bosselut, Jean-Marc Fedida, Alexandre Varaut. Son ancien mentor aussi, le pénaliste Thierry Levy, fait partie de son cercle de proche.
Du côté des intellectuels, Guy Birenbaum appartient au cercle d’amis proche d’Arnaud Montebourg. L’éditeur a amené avec lui une petite tribu d’universitaires : Paul Alliès, Bastien François, Marion Paoletti, Frédéric Sawicki, que fréquente désormais le député de Saône-et-Loire.
Co-fondateur du Nouveau Parti Socialiste et fondateur du mouvement «Rénover maintenant», Il compte parmi ses amis et proches de nombreux élus : Christian Paul (Nièvre) et Jean-Pierre Blazy (Val d'Oise) et le sénateur Gérard Roujas (Haute-Garonne), ainsi que la députée européenne Marie-Line Reynaud, ont pris part aux travaux, de même que l'ancien ministre Yvette Roudy. Les députés Michel Françaix (Oise), Jérôme Lambert (Charente) et Jean Launay (Lot).
Arnaud Montebourg peut aussi compter sur sa compagne, Audrey Pulvar. Suite à l’annonce de la candidature aux primaires socialistes du député, la journaliste a été privée d’antenne sur la chaîne d’information en continue, i>Télé et de son interview politique sur la radio France Inter.



