Benoît Hamon
- Date de naissance:
26 juin 1967
- Lieu de naissance:
Saint-Renan (Finistère)
- Situation familiale:
Marié, un enfant
- Postes actuels:
- Ministre délégué chargé de l'Economie sociale et solidaire et de la Consommation (depuis juin 2012)
- Conseiller régional d'Ile-de-France depuis 2010
Pourquoi il compte
Ministre délégué chargé de l’Économie sociale et solidaire et de la Consommation du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, il incarne l'aile gauche du PS et la relève parmi les quadras du parti. Soutien critique et souvent critiqué de la première secrétaire Martine Aubry, il défend une plus grande intervention de l'Etat dans l'économie et la finance, contre la ligne libérale au sein du PS.
Proche des syndicats, il se montre favorable à une convergence entre le PS et l'extrême-gauche sur les dossiers sociaux (défense des services publics, retraires, encadrement des licenciements...). En septembre 2010, il s'est fait remarquer en invitant à l'université d'été de son courant «Un monde d'avance», Olivier Besancenot, le leader du NPA.
Son parcours
Fils d'une mère secrétaire et d'un père ingénieur à la Direction des constructions navales de Brest, Benoît Hamon a grandi entre la Bretagne et le Sénégal où il a passé plusieurs années dans un collège des frères maristes à Dakar.
A 19 ans, il s'engage en politique en participant en 1986 aux manifestations étudiantes contre le projet de réforme de l'enseignement supérieur du ministre Alain Devaquet. Militant de l'Unef et de SOS-Racisme, il prend sa carte au PS en 1987 à la section de Brest.
En 1991, il devient l'assistant parlementaire du député PS de Gironde, Pierre Brana. Deux ans plus tard, il devient le premier président du MJS rendu autonome du PS par le premier secrétaire d'alors, Michel Rocard, dont il est proche.
D'abord conseiller pour la Jeunesse de Lionel Jospin, premier secrétaire du PS, entre 1995 et 1997, il entre au cabinet de Martine Aubry, ministre de l'Emploi, comme conseiller technique chargé de l'emploi des jeunes (1997-1998) puis comme conseiller politique (1998-2000).
Il décroche son premier mandat en 2001 en étant élu conseiller municipal à Bretigny-sur-Orge (Essonne) jusqu'en 2008, puis député européen de 2004 à 2009 (circonscription Est). De nouveau candidat aux élections européennes de juin 2009 sur la liste d'Ile-de-France, il sera battu.
Après la défaite de Lionel Jospin à l'élection présidentielle de 2002, il est le co-fondateur (avec Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Julien Dray et Christian Paul) du Nouveau Parti Socialiste (NPS) qui défend l'instauration d'une VIe République et une Europe plus sociale. Mais ce courant implose en 2005 au congrès du Mans à l'issue duquel Benoît Hamon se prononce en faveur d'une synthèse globale des courants. François Hollande, alors premier secrétaire, le nomme dans la foulée secrétaire national du PS en charge du projet européen.
Il est partisan du «non» aux côtés de Laurent Fabius lors du débat sur le référendum sur le Traité constitutionnel européen. Il soutiendra également l'ancien premier ministre opposé à Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn lors des primaires socialistes de 2006. En 2007, il démissionne du secrétariat du PS quand le parti soutient la ratification parlementaire du nouveau traité constitutionnel européen.
En 2008, lors du congrès de Reims, il se présente au poste de premier secrétaire au nom de la motion C - «Un monde d'avance» - qui fédère l'ensemble des courants à la gauche du PS. Opposant à toute alliance avec le centre, il termine en quatrième position lors du vote des militants sur les motions, mais maintient sa candidature au poste de premier secrétaire. Lors du premier tour de scrutin en novembre 2008, il finit troisième derrière Ségolène Royal et Martine Aubry, et appelle à voter pour Aubry au second tour. En décembre 2008, la nouvelle première secrétaire le nomme porte-parole du PS.
Il est élu conseiller régional d'Ile-de-France lors des élections régionales de 2010.
En novembre 2010, il est le maître d'œuvre des propositions du PS sur « l'égalité réelle », programme censé lutter contre les inégalités en matière de logement, d'éducation, de santé et des discriminations. Un éventail de mesures qui suppose un fort investissement public, aussitôt critiqué par les libéraux du PS comme des promesses irréalistes et démagogiques.
Ses opinions
- Emploi
A peine nommé porte-parole du PS, il se prononce fin 2008 pour le rétablissement de l'autorisation administrative de licenciement pour les licenciements dans des entreprises côtées en bourse qui font des bénéfices « afin d'empêcher cette casse de l'emploi telle qu'elle s'opère aujourd'hui ». L'autorisation administrative de licenciement a été supprimée en 1987. Sa proposition a aussitôt fait polémique au sein du PS et Benoît Hamon a été recadré par la direction.
Il veut '«interdire» le crédit revolving, et promet de réduire de «deux-tiers» le nombre de SDF sur la durée d'une législature.
- Jeunesse
Dans son rapport sur l'égalité réelle, il propose notamment un allocation universelle pour les jeunes. Reprenant une revendication ancienne de l'Unef, il défend une allocation dite « d'autonomie », « d'un montant suffisant pour permettre au jeune de subvenir à ses besoins et conditionnée à un projet de formation ».
- Économie
Il soutient la tenue d'un « rendez-vous annuel » sur les salaires et veut limiter de « 1 à 20 » l'écart des salaires dans les entreprises dans lesquelles l'Etat détient des parts.
- Éducation
Il veut supprimer la semaine de quatre jours et raccourcir les vacances d'été de trois semaines. Création d'un « indice de mixité sociale » pour définir une nouvelle carte scolaire. Veut limiter à vingt le nombre d'élèves en classe en ZEP. Pour une « revalorisation salariale » des enseignants.
- Logement
Suppression de la « caution » pour les locations et « baisse raisonnée des prix et des loyers dans le privé ».
Ses publications
- Au cœur de la gauche: Éléments pour un projet politique, Le Bord de l'eau, co-écrit en 2004 avec Vincent Peillon et Arnaud Montebourg.
Son réseau
D'abord rocardien, il a ensuité été proche de Lionel Jospin, Martine Aubry, puis Laurent Fabius et Henri Emmanuelli, avant de revenir dans l'entourage de Martine Aubry. Bruno Julliard, ancien président du syndicat étudiant Unef et actuel secrétaire à l'éducation du PS, est un de ses soutiens.
En 2007, il a fondé avec le responsable écologiste Noël Mamère, «La Forge», un cercle de réflexion pour refonder la gauche, se rapprocher des « classes populaires » et « incarner le progrès ».
De 2001 à 2004, il a été salarié de l'institut de sondage Ipsos, occupant le poste de directeur du planning stratégique.
Depuis 2008, il est membre du conseil d'administration de l'université Paris-VIII où il enseigne depuis 2009 les organisations internationales et le droit européen.
Depuis 2010, il est consultant au sein de «Le Fil», société d'analyse de l'opinion créée en 2003 par deux anciens salariés d'Ipsos, Samuel Jequier (ancien conseiller de Martine Aubry et de Bertrand Delanoë) et Philippe Hubert, spécialiste des études quantitatives. « Le Fil » a mené notamment des études pour EDF, la SNCF, Suez Environnement, la mairie de Paris, la chaîne de télévision France24, le quotidien gratuit 20 Minutes...
Comme député européen, il a été membre de la commission des affaires économiques et monétaires, membre suppléant de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs, vice-président de la délégation pour les relations avec les États-Unis, et membre suppléant de la délégation pour les relations avec Israël.
Fan de rugby.



