Rechercher une personnalité

BernardSquarcini.jpg

Photo: Bernard Squarcini, REUTERS/Philippe Wojazer

Bernard Squarcini


  • Date de naissance:

12 décembre 1955


  • Lieu de naissance:

Rabat (Maroc)


  • Situation familiale:

Marié (Sylvie Bayetti). Deux enfants (Anne-Sophie et Jean-Baptiste)


  • Poste actuel:


  • Sites et blogs:

à compléter

Pourquoi il compte

Bernard Squarcini a été Directeur de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) de juillet 2008 à mai 2012. Il est remplacé le 30 mai 2012 par Patrick Calvar. Ce proche de Nicolas Sarkozy est «l’homme des missions difficiles» du Président. Réputé pour son professionnalisme, «le Squale» lui a d’ailleurs offert l’arrestation d’Yvan Colonna en 2003 et l’a accompagné lors de la présidentielle de 2007 et dans l’affaire Clearstream. Spécialiste de l’antiterrorisme, l'ancien chef du renseignement intérieur a été impliqué en 2010 dans deux affaires de surveillance de journalistes.

Son parcours

Petit-fils de berger corse et fils de policier, il grandit dans un village près d’Ajaccio.[1] Titulaire d’une maîtrise de droit public, diplômé de l’Institut de sciences pénales et criminologie de l'université d'Aix-Marseille 3 et diplômé de l'Ecole nationale supérieure de police de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or[2], il est nommé commissaire de police en 1979.

Chef du service des renseignements généraux de Brest entre 1981 et 1983, il devient adjoint au directeur régional des renseignements généraux de Corse à Ajaccio jusqu’en 1988. Nommé brièvement directeur départemental des renseignements généraux des Pyrénées-Atlantiques à Pau, il prend en 1989 les commandes de la division «enquêtes et recherches» de la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG) à Paris, où il met à profit ses connaissances des milieux terroristes corses, bretons et basques.

Promu commissaire divisionnaire en 1992, il devient sous-directeur des recherches à la DCRG en 1993 puis directeur central adjoint de la DCRG en 1994. Il y est le numéro 2 d’Yves Bertrand, aux côtés duquel il remplira cette fonction pendant dix ans. Dès 1995, il passe au rang de contrôleur général de la police nationale.

En 1999, il s’illustre dans l’enquête sur l’assassinat du préfet de Corse Claude Erignac[3], jouant un rôle central dans l’arrestation des suspects, à l’exception d’Yvan Colonna toujours en fuite. A la fin de l’année, le ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement le récompense en le promouvant au rang suprême d’inspecteur général de la police nationale, ce qui en fait le plus jeune fonctionnaire nommé à ce grade.[4]

En 2001, il est visé par une plainte déposée par des actionnaires minoritaires d’Air France pour «abus de biens sociaux, recel d’abus de biens sociaux et complicité» dans une affaire de billets d’avion dont il aurait bénéficié gratuitement. «Il s'agissait de voyages effectués à titre privé dont je me suis expliqué auprès de ma hiérarchie», se défend-il alors.[5]

Fin 2002, il joue un rôle clé dans l’arrestation des «anonymes» du Front de libération nationale corse, responsables de 22 attentats sur l’Île de Beauté. C’est encore lui qui permet aux enquêteurs de remonter jusqu’à Yvan Colonna, arrêté le 4 juillet 2003 dans une bergerie du golfe de Propriano.

Fin 2003, «Squarc» fait figure de grand favori pour succéder à Yves Bertrand à la tête de la DCRG.[6] Mais sa proximité avec le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy conduit Jacques Chirac et Dominique de Villepin[7] à refuser sa nomination proposée par Nicolas Sarkozy. C’est finalement Pascal Mailhos, préfet de la région Bretagne, qui hérite du poste de directeur.[8] En guise de consolation, Nicolas Sarkozy le nomme préfet des Bouches-du-Rhône à Marseille, préfet délégué pour la sécurité et la défense auprès du préfet de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur et préfet de la zone de défense Sud.[2]

Son nom apparaît dans les listings de l'affaire Clearstream 2 envoyés en 2004 au juge Renaud Van Ruymbeke. Accusé à tort de détenir des comptes occultes[9], il annonce en 2006 qu’il se constitue partie civile dans le cadre du procès.

En 2007, le «Squale» est nommé à la tête de la Direction de la surveillance du territoire (DST)[10], où il est chargé de la fusion de la DST et de la DCRG. En 2008, il prend les commandes du nouveau «FBI à la française» fruit de cette fusion, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). À la tête de plus de 3.000 agents de renseignement, il est responsable des quatre grandes missions de contre-terrorisme, de contre-espionnage, de protection du patrimoine économique, scientifique et des institutions de la nation, et de l’analyse des mouvements sociaux et faits de société.

En 2010, son nom circule pour devenir le «Monsieur Sécurité» de Nicolas Sarkozy à l’approche de l’élection présidentielle. C’est finalement son ami Joël Bouchité (26 avril 2006), un préfet pourtant moins proche du président de la République, qui devient son conseiller sécurité.

En 2010, il reconnaît avoir enquêté sur l’affaire des rumeurs sur le couple présidentiel. Il est également impliqué dans la polémique sur les sources du Monde dans l’affaire Eric Woerth-Liliane Bettencourt, où il souligne avoir «légitimement recherché l’origine des fuites qui lui ont été signalées (...) dans le cadre de sa mission de protection de la sécurité des institutions». Il aurait agi sur ordre de Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale.

Le Canard Enchaîné l’accuse par ailleurs d’avoir orchestré un espionnage de journalistes pour le compte de Nicolas Sarkozy, ce qu’il dément en affirmant le 3 novembre 2010 qu’il «n’existe pas de cabinet noir à la DCRI». Il porte plainte contre l’hebdomadaire le 10 novembre 2010 pour diffamation.

  1. Le Monde du 28 juin 2007
  2. 2,0 et 2,1 Fiche Who’s who (accès payant)
  3. Le Monde, 26 mai 1999
  4. Le Monde, 11 janvier 2000
  5. Le Monde, 12 juillet 2001
  6. Le Monde, 26 décembre 2003
  7. AFP, 27 juin 2007
  8. Reuters, 21 janvier 2004
  9. AFP, 2 mai 2006
  10. Le Monde, 28 juin 2007

Ses opinions

  • Sur ses relations avec Yves Bertrand, sous la présidence de Jacques Chirac

«Il avait la confiance du Château, moi celle de Sarko. Il aimait le politico-financier, moi la technique, l'animation des services, les relations avec les magistrats.» (Le Monde, 28 juin 2007.)

  • Sécurité

«Nous sommes aujourd'hui au même niveau de menaces qu'en 1995 (...). Tous les clignotants sont dans le rouge. (...) Aujourd'hui, compte tenu des signalements qui nous sont transmis par nos partenaires étrangers et de nos propres observations, il y a des raisons objectives d'être inquiets. La menace n'a jamais été aussi grande.»

«Le renseignement, c'est comme la pêche au chalut: on ramasse, on trie, on traite.»(AFP, 11 septembre 2010.)

Ses publications

Section à compléter.

Son réseau

Décoré Chevalier de la Légion d’honneur en janvier 2002[1], cet ancien proche de Charles Pasqua[2] fait la connaissance de Nicolas Sarkozy lorsque celui-ci est nommé ministre de l’Intérieur. Selon un haut fonctionnaire de police, il devient «à Sarkozy ce que Massoni était à Chirac: un sherpa»[3]. Dès 2002, ce connaisseur des milieux nationalistes accompagne Nicolas Sarkozy lors de ses deux déplacements en Corse, un des dossiers prioritaires du ministre.[4]

Dans les recherches d’Yvan Colonna, il assiste aux réunions de la cellule de coordination organisées tous les 15 jours dans le bureau de Claude Guéant, le directeur de cabinet et ami de Nicolas Sarkozy.[5] A la demande de Claude Guéant, il rencontre Christian Clavier au restaurant parisien «La Villa corse». Il conseille alors l’ami du ministre pour le tournage du film L’enquête corse, sorti en 2004.

Il fait ainsi partie des proches dont s’entoure Nicolas Sarkozy à l’Intérieur, au même titre que Michel Gaudin, Martine Monteil, Frédéric Péchenard et Joël Bouchité.[6]

Selon Marianne[7], «c'est lui, par exemple, qui déniche cette adresse en Provence où le ministre se rend en toute discrétion avec son épouse d'alors, Cécilia». Lors de la campagne présidentielle et de l’affaire Clearstream, il «joue les démineurs» pour Nicolas Sarkozy.

Au procès Clearstream qui se tient en janvier 2010, il s’entoure de l’avocat Me Patrick Maisonneuve, un proche du Parti socialiste, par ailleurs conseil d’Yvan Colonna.

Libération[8] note en 2001 qu’il fréquente parfois le restaurant «Casa Costra», comme d’autres représentants de la diaspora corse, Xavière Tibéri, Pascal Garbarini ou encore François Santoni. Le 17 janvier 2008, le leader du Parti de la nation corse Jean-Christophe Angelini est interpellé à Paris après un déjeuner en sa compagnie.[9]

  1. Le Figaro, 2 janvier 2002
  2. Le Monde, 11 janvier 2000
  3. AFP, 27 juin 2007
  4. Le Monde, 10 décembre 2002
  5. Le Monde, 8 juillet 2003
  6. Le Monde, 20 juin 2006
  7. Marianne, 13 novembre 2010
  8. Libération, 12 juillet 2001
  9. Le Monde, 1er février 2008

Contribuez au wiki
Pas encore membre?  |  En savoir plus
En partenariat avec