Bruno Le Maire
- Date de naissance:
15 avril 1969
- Lieu de naissance:
Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine)
- Situation familiale:
Marié. Quatre enfants.
- Postes actuels:
- Ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l'Aménagement du territoire
- Conseiller régional de Haute-Normandie
- Conseiller municipal d’Évreux
- Sites et blogs:
à compléter
[modifier] Pourquoi il compte
Ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin lorsque celui-ci était à Matignon, converti au sarkozysme en même temps que son entrée au gouvernement en décembre 2008, Bruno Le Maire joue un rôle de premier plan dans la préparation de la campagne présidentielle de l’UMP. En charge du projet du parti de Nicolas Sarkozy qui doit fournir au candidat un socle pour son programme, le ministre de l’Agriculture a subi un premier revers lors des universités d’été du parti.
Proche de Jean-François Copé, avec qui il anime un comité de pilotage destiné à élaborer ce projet, Bruno Le Maire est une figure montante de la droite. Bien que considéré comme un technocrate, il fait aujourd’hui parti du premier cercle, réuni en «comité stratégique», autour du président.
Il fut un temps premier ministrable avant le remaniement de novembre 2010.
[modifier] Son parcours
Fils d’un père cadre chez Total et d’une mère aujourd’hui directrice d’une école privée catholique, Bruno Le Maire fait des études brillantes. Normale Sup, agrégation de lettres puis Sciences Po Paris et l’ENA lui ouvrent les portes du Quai d’Orsay où le fait rentrer Dominique de Villepin.
Programmé pour devenir ministre
Au ministère des Affaires étrangères, il débute à la Direction des Affaires stratégiques, de Sécurité et du Désarmement où il se distingue par ses notes, ce qui lui permet de côtoyer plus régulièrement l’Elysée grâce à son mentor.
A partir de 2002, la carrière de Bruno Le Maire va prendre une nouvelle dimension dans le sillage de Dominique de Villepin. Le jeune haut fonctionnaire suit alors l’ancien secrétaire général de l’Elysée comme conseiller, d’abord au ministère des Affaires Etrangères, puis à l’Intérieur et pour finir, à Matignon où il devient directeur de cabinet en 2006. Il participe notamment à la rédaction du célèbre discours de Villepin contre la guerre en Irak à l’ONU.
Non-aligné
Élu dans la circonscription de Jean-Louis Debré député de l’Eure en 2007, année où il prend sa carte à l’UMP, Bruno Le Maire était «programmé pour devenir ministre».
Le Maire fait alors partie de la garde rapprochée de Villepin à l’Assemblée nationale. Au détour d’un livre, Des hommes d’Etat, il raconte la relation tumultueuse entre Villepin et Sarkozy. En compagnie de treize autres jeunes députés UMP et sous la houlette de Benoist Apparu, il intègre les «non-alignés».
Un an plus tard, en 2008, et alors qu’il ne peut plus entrer en contact avec de Villepin depuis juillet 2007 suite à l’Affaire Cleartream, il cède à la proposition de Nicolas Sarkozy de le faire entrer au gouvernement. «Une prise de guerre» pour le président face à son ennemi intime. Germanophile et européen convaincu, Bruno Le Maire occupera son premier maroquin comme secrétaire d’Etat aux Affaires européennes (De décembre 2008 à juin 2009).
«A l’Agriculture, tu vas te révéler»
Surprise pour lui, Nicolas Sarkozy le nomme rapidement ministre de l’Agriculture. Un sujet qu’il ne maîtrise pas. «Au Quai d'Orsay, tu es ton sur ton, c'est sans surprise. A l'Agriculture, tu vas te révéler», lui explique alors le chef de l’Etat.
Décrit comme un «technocrate atypique» par Benoist Apparu, une image qui ne sert pas forcément le sentiment de compétence qu’il dégage, Bruno Le Maire est un temps pressenti pour devenir Premier ministre en remplacement de François Fillon en septembre 2010.
Signe qu’il grimpe dans l’estime du président, Bruno Le Maire est chargé en janvier 2011 d’élaborer le projet de l’UMP pour l’élection présidentielle. A ce titre, il intègre le premier cercle de Nicolas Sarkozy au sein d’un «comité stratégique» composé de Jean-François Copé, François Fillon, Claude Guéant, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin.
[modifier] Ses opinions
Agriculture
«Le modèle français repose sur des tailles d'exploitations raisonnables et souvent familiales. Il permet une production très diversifiée. Il n'existe pas outre-Rhin des centaines de fromages comme en France. Mais, pour pérenniser notre modèle, il faut augmenter les revenus des agriculteurs afin d'encourager les jeunes générations à prendre la relève. (…) La PAC est un choix de société qui concerne les 65 millions de Français. Il s'agit de conserver l'agriculture sur tout le territoire, c'est essentiel à notre identité. Renoncer aux aides européennes, au bout du compte, c'est accepter de faire venir des produits étrangers d'une qualité moindre et risquer de standardiser notre alimentation. Il est donc vital de maintenir un niveau d'aide identique. Sans cela, demain vous n'aurez plus qu'une agriculture intensive et concentrée, la seule qui soit économiquement rentable.» Interview à l’Express, le 20 février 2011
Economie
«Nous vivons une réplique de la crise de 2008, une crise de la dette aggravée par la spéculation: le vice au bras du crime. (…) L'opinion a le sentiment que les responsables publics ont les mains liées par les acteurs privés, agences de notation, banques. Se désendetter, c'est garantir notre indépendance.» Interview à l’Express, le 31 août 2011
Education
«Nous voulons refonder dans les cinq prochaines années notre éducation. Avec un objectif :la réussite de chacun. Et une méthode : la participation de tous. Nous voulons une vraie autonomie pour les chefs d’établissement. Nous voulons que les enseignants soient plus disponibles pour les élèves en échange d’une meilleure rémunération : car nous voulons valoriser la transmission du savoir et ceux qui y consacrent leur vie. Une société qui fait la fortune des spéculateurs et qui néglige les professeurs est une société en crise morale. Nous voulons personnaliser les parcours des élèves plutôt que de mettre chacun sous la toise du collège unique. Nous voulons mieux contrôler la maîtrise des savoirs fondamentaux et leur apprentissage dès le plus jeune âge. Nous voulons que les parents assument leurs responsabilités de parents : car on ne peut pas demander à un enseignant d’apprendre à ses élèves le sens de la liberté et de la fraternité s’ils ne savent même pas dire bonjour, au revoir et merci. Ce sont des idées simples, ce sont des idées nécessaires.» Discours lors de l’université d’été de l’UMP à Marseille, 3 septembre 2011
Europe
«Les défis de 1957 ne sont pas les défis de 2011. Défendre la production européenne, favoriser la naissance de champions industriels européens capables de résister à la concurrence chinoise ou brésilienne, privilégier les produits européens dans les appels d’offres publics, voilà une tâche plus urgente que de diviser les forces économiques de nos entreprises. Notre ambition commune aussi a changé : non plus la paix, mais la prospérité, non plus la fin de la guerre, mais la fin de la pauvreté et de la précarité, non plus le marché commun, mais la conquête des marchés extérieurs, non plus le charbon et l’acier, mais l’intelligence, l’innovation, la formation de tous, la meilleure éducation de nos enfants.» Discours lors de l’université d’été de l’UMP à Marseille, 3 septembre 2011
«Nous avons besoin d'un leadership européen. L'intégration devra se faire au sein des 17 membres de la zone euro et non à 27. Face à la crise, 2011 est l'année zéro pour l'Europe.» Interview à l’Express, le 31 août 2011
Sur les relations franco-allemandes
«La France et l’Allemagne sont complémentaires. Nous n’avons pas à choisir entre un modèle français ou un modèle allemand. Nous avons à tirer le meilleur de ces deux modèles pour bâtir un espoir européen. Pourquoi ne pas réfléchir par exemple à un marché du travail unique franco-allemand, qui ouvrirait de nouvelles opportunités à tous les demandeurs d’emploi de chaque côté du Rhin?» Discours lors de l’université d’été de l’UMP à Marseille, 3 septembre 2011
Sur la PAC
«J’ai souhaité travailler depuis le début avec notre premier partenaire agricole, celui qui pèse le plus, avec nous en Europe dans le monde agricole, c’est-à-dire l’Allemagne. Depuis près d’un an, je travaille avec l’Allemagne à une position commune sur l’avenir de la Politique Agricole Commune, et j’ai bon espoir que d’ici quelques semaines, nous pourrons présenter cette position commune entre la France et l’Allemagne, qui marquera notre volonté de rester les principaux leaders de l’agriculture en Europe.» Interview au site du ministère de l’Agriculture le 27 septembre 2010
Sécurité
«La sécurité demande une adaptation permanente. Personne ne comprend ainsi la logique de la réduction automatique des peines. Un délinquant condamné à cinq ans de prison devra faire cinq ans et non deux, comme le souligne le rapport Ciotti. La question du respect de l'autorité est essentielle pour la cohésion de la nation. Une autorité juste.» Interview à l’Express, le 31 août 2011
[modifier] Ses publications
- Le Ministre, Grasset, Paris, 2004
- Des hommes d'État, Grasset, Paris, 2008
- Sans mémoire, le présent se vide, éditions Gallimard, 2010
[modifier] Son réseau
Villepiniste
Bruno Le Maire est un proche de Dominique de Villepin dont il a été le conseiller puis la plume et le directeur de cabinet, au Quai d’Orsay, au ministère de l’Intérieur puis à Matignon. Il a progressivement rompu politiquement avec son mentor jusqu’à entrer au gouvernement en décembre 2008.
Chiraquien
De tendance chiraquienne, il forme avec Luc Chatel, Jean-François Copé («un grand professionnel»), François Baroin («un amis»), Christian Jacob et Valérie Pécresse, les «mousquetaires de l’UMP». Un groupe qui se réunit régulièrement, qui a pour mentor en politique Jacques Chirac et qui s’attache à préparer l’après-Sarkozy.
UMP
Le ministre de l’Agriculture a également tissé un réseau parmi les parlementaires UMP. En 2007, alors étiqueté jeune élu villepiniste, il participe au mouvement des «non-alignés» créé par Benoist Apparu et qui regroupait Valérie Boyer, Nicolas Dhuicq, Gilles d'Ettore, Philippe Gosselin, Françoise Guégot, Sébastien Huyghe, Jean-Frédéric Poisson, Franck Riester, Laure de La Raudière, Valérie Rosso-Debord, Lionel Tardy et Isabelle Vasseur, tous élus pour la première fois en 2007 à l’exception de Sébastien Huygue.



