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Photo: REUTERS/Charles Platiau

Christine Boutin


  • Date de naissance:

6 février 1944


  • Lieu de naissance:

Levroux (Indre)


  • Situation familiale:

Mariée. Trois enfants


  • Poste actuel:
    • Conseiller général des Yvelines


Pourquoi elle compte

Christine Boutin est la présidente du Parti chrétien-démocrate qu’elle a fondé et qui est associé à l’UMP. Elle a retiré sa candidature à l'élection présidentielle le 13 février 2012 pour se rallier à Nicolas Sarkozy, comme elle l'avait fait en 2007.

Connue pour son opposition au Pacs, elle fait figure de défenseur des valeurs chrétiennes qu’elle a représentées à l’élection présidentielle de 2002.

Son parcours

Fille d’un journaliste parlementaire à l’Assemblée nationale, Christine Boutin fait ses études de droit à l’université parisienne d’Assas.

A 23 ans, elle se marie avec son cousin germain, Louis Boutin et emménage à Auffargis dans les Yvelines dont elle deviendra maire en 1980 après avoir été conseillère municipale depuis 1977.

Contre l’avortement

Auparavant adjointe du secrétaire général du Crédit Agricole, Christine Boutin décide de se lancer en politique en 1975. A 31 ans. «Un matin, en 1975, au réveil, j’entends à la radio que la loi sur l’avortement venait d’être votée. Ça a été un coup de poignard ! Je me suis dit : “Ce n’est pas possible. Christine, qu’as-tu fait pour empêcher cela ?”», confiait-elle à La Croix en décembre 2009.

Traumatisée par l’élection de François Mitterrand en 1981 –«J’étais persuadée que les chars russes allaient arriver en France!», disait-elle-, elle prend sa carte à l’UDF. En 1982, Christine Boutin prend le canton de Rambouillet aux socialistes et devient conseillère municipale de Rambouillet.

En 1986, à la tête d’une liste UDF dissidente soutenue par Raymond Barre, Christine Boutin est élue députée des Yvelines.

Contre le PACS

Fervente protectrice des «droits de la vie», catholique redevenue pratiquante, Christine Boutin a milité contre l’avortement avant de se faire connaître en 1999 avec sa farouche opposition au PACS porté par Lionel Jospin. Son discours de plus de 4 heures à l'Assemblée va faire date et lui offrir une nouvelle notoriété.

Candidate à l’élection présidentielle de 2002, elle est exclue de l’UDF dont le patron, François Bayrou, est également candidat. Elle recueillera 339.112 voix au premier tour du scrutin.

Avant la création de l’UMP, dont elle est l’un des membres fondateurs, en 2002, Christine Boutin avait fondé son propre parti pour soutenir sa campagne: le Forum des Républicains sociaux (FRS).

Après avoir fait campagne pour le non lors du référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005, Christine Boutin fait voter, en février 2007, une proposition de loi du FRS: le droit du logement opposable. Un texte dont elle est rapporteur.

Au gouvernement

Elle pense ensuite un temps à se présenter à la présidentielle de 2007. Elle renonce finalement pour soutenir Nicolas Sarkozy dès le premier tour. Après l’élection du maire de Neuilly, elle entre au gouvernement comme ministre du Logement et de la Ville du premier gouvernement de François Fillon. Réélue dans la foulée députée, elle cède son siège à son suppléant.

Au gouvernement, la cohabitation avec Fadela Amara, sa secrétaire d’Etat à la politique de la Ville est conflictuelle. En janvier 2009, Christine Boutin perd son attribution de la Ville pour ne conserver que le ministère du Logement avant de quitter le gouvernement en juin 2009, cédant sa place à Benoist Apparu.

Elle rebaptise alors son parti politique Patri chrétien démocrate, pour assumer ses valeurs chrétiennes, refuse un poste d’ambassadeur au Vatican et renonce à retrouver son siège de députée.

Bombe atomique

Chargée, en novembre 2009 d’une mission sur «les conséquences de la mondialisation» -qui suscitera une polémique sur sa rémunération-, Christine Boutin remet un rapport à Nicolas Sarkozy en décembre 2010. Y figure parmi ses priorités: «la lutte contre la faim dans le monde», «le droit au travail décent» et la définition de seuil d’inégalité non tolérables.

Le 22 juin 2011, Christine Boutin annonce officiellement sa candidature à la présidence de la République pour l’élection de 2012 en tant que présidente du Parti chrétien démocrate. «Aujourd'hui, la situation de la France m'oblige. Je vous le dis donc, je suis candidate à l'élection présidentielle», déclare-t-elle.

Le 19 décembre 2011, elle menace l'UMP d'une «bombe atomique» si elle n'obtient pas les 500 parrainages nécessaires pour se présenter à l'élection présidentielle, sans plus de précisions. Certains y on vu une menace d’alliance avec le centriste François Bayrou, tandis que le Figaro révèlera plus tard qu’il s’agissait d’une menace de grève de la faim.

Six mois plus tard, le 13 février 2012, elle retire sa candidature, comme en 2007, et se rallie à Nicolas Sarkozy, expliquant qu’elle veut «être avec lui pour faire gagner la France» et que «François Hollande défend tout le contraire de ce à quoi je crois». Elle est notamment convaincue par le refus du mariage homosexuel et de l'euthanasie du président de la République.

Ses opinions

Sur sa candidature

«Je suis une candidate du premier tour et je l'assume. Mais j'irai jusqu'au bout. C'est une candidature de conviction par rapport à un monde qui s'écroule sur les plans sociétal et économique, une candidature pour que les gens qui partagent les valeurs que je porte depuis 30 ans puissent s'exprimer. En revanche, je ne ferai jamais perdre mon camp, celui de la droite républicaine, face aux extrêmes.» Interview à France-Soir le 17 novembre 2011

Euro

«Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont dû prendre des mesures d'urgence pour éteindre l'incendie. Mais ce sont des mesures de court-terme, aussi durables qu'un sparadrap sur une jambe de bois. Je suis persuadée que nous allons perdre notre triple A. Il faudrait au contraire opter pour des mesures structurelles, comme celle que je propose : la création d'une monnaie complémentaire, l'eurofranc, pour gérer tout ce qui ne relève pas des échanges internationaux.» Interview à France-Soir le 17 novembre 2011

Immigration

«Pour l'immigration, je propose de définir nos besoins, notamment par des conventions bilatérales avec les pays d'émigration. Il s'agirait de faire venir des personnes avec un contrat spécifiant leur retour ultérieur au pays. Par ailleurs, si je suis élue, je supprime le droit du sol. Je trouve absurde cette façon de vider les pays en développement de leurs forces vives.» Interview à France-Soir le 17 novembre 2011

Logement

«Le gel des loyers fait partie de ces fausses bonnes idées qui se révèlent très dommageables à moyen et long terme. Bloquer les loyers pourrait inciter les propriétaires soit à ne plus louer leur bien, soit à ne plus entretenir leur logement, soit à ne plus investir dans la pierre pour louer. Donc à terme, cela fait moins de logements mis sur le marché. En outre, quand on bloque pendant un certain temps, la sortie du contrôle se traduit toujours par une flambée des prix. Le gel, c’est une tarte à la crème quand on n’a pas d’idées.» Interview à Libération le 3 mars 2009

Société

  • Sur le PACS

«Une société qui mettrait sur le même plan l'homosexualité et l'hétérosexualité travaillerait à sa propre disparition et pourrait compromettre gravement l'éducation des enfants. Mettre sur le même plan ces deux conduites, c'est reconnaître le choix de l'individu comme un absolu qui n'est soumis à aucune norme objective morale ou sociale. Certains modes de vie ne sont nullement bénéfiques pour le corps social et le droit ne doit jamais s'y conformer.» Discours à l’Assemblée nationale en 1998.

«Il y a dix ans, les discussions sur le Pacs étaient le résultat d'une minorité de militants homosexuels. Nous sommes tous partis, de droite comme de gauche, dans un débat passionné sur la nécessité de créer un statut en faveur des homosexuels pour rétablir une égalité de droits. À l'époque, tout comme aujourd'hui d'ailleurs, j'étais déjà favorable à une égalité de droits entre hétérosexuels et homosexuels, mais je ne voulais pas de statut. Résultat: dix ans plus tard, 6% des pacsés sont homosexuels, 94% sont hétérosexuels. Le Pacs s'est donc rapproché du mariage dans les avantages qu'il a pu donner - sur un plan fiscal notamment -, et le Pacs se développe ainsi beaucoup, alors que le mariage a plutôt tendance à se stabiliser. Finalement, les homosexuels n'étaient, dans leur grande majorité, pas du tout demandeurs d'un statut particulier. Les Français sont plus intelligents que les politiques: ils ont saisi ce nouveau statut, intermédiaire entre l'union libre et le mariage, qui leur permet de faire une sorte de mariage à l'essai.» Interview au Point le 13 octobre 2009

  • Sur l’homosexualité

«Ce débat valait le coup pour le simple fait d'avoir décrispé le tabou de l'homosexualité en France. L'homosexualité n'est plus regardée de la même façon. Je suis très fière de cet effet collatéral positif : grâce à ce débat passionné d'il y a dix ans, toutes les familles de France ont parlé de l'homosexualité.» Interview au Point le 13 octobre 2009

Ses publications

  • Pour la défense de la vie, éd. Téqui (1993)
  • Une éthique sans citoyen, éd. Universitaires (1995)
  • Le mariage des homosexuels », éd. Criterion (1998)
  • Les larmes de la République », Plon (1999)
  • L’embryon citoyen, éd. Le Sarment (2001)
  • Pour sortir de l’isolement, un nouveau projet de société, Documentation française (2003)
  • Je ne suis pas celle que vous croyez, éd. First (2006)
  • Chrétiens de l’audace pour la politique, éd. Parole et Silence (2009)
  • Qu’est-ce que le PCD ?, éd. l’Information citoyenne – l’Archipel (2010)
  • Les nouvelles familles, avec René Frydman, éd. Autrement (2011)

Son réseau

Christine Boutin est à la tête d’un petit parti de centre droit, le Parti chrétien démocrate, successeur du Forum des Républicains sociaux (FRS) et parti associé à l’UMP. A ce titre, elle soutient l’action de Nicolas Sarkozy et de François Fillon dont elle a été ministre de la Ville et du Logement. Ses plus fidèles partisans sont membres de son parti, comme Jean-Frédéric Poisson, qui lui a succédé à l’Assemblée nationale.

Bien intégrée dans les Yvelines où elle est élue locale depuis la fin des années 1970, elle a été présidente par interim du conseil général du département, remplaçant Pierre Bédier avant de laisser la place à Alain Schmitz.

Ancienne de l’UDF, dont elle a été exclue pour s’être présentée à l’élection présidentielle de 2002 face au leader du parti, François Bayrou, Christine Boutin a été une proche de l’ancien Premier ministre Raymond Barre, qui l’a soutenu dans sa conquête de la députation en 1986. «En politique, dans l'espace qui va du centre à l'extrême droite en évitant le gaullisme, elle les a tous essayés: François Léotard, Valéry Giscard d’Estaing, Raymond Barre, Philippe de Villiers, Charles Millon, François Bayrou», écrivait Libération en 1999.

Réseaux catholiques

Mais ses plus importants alliés sont les réseaux catholiques. Fondatrice de l’Alliance pour les droits de la vie en 1993, elle crée à l’Assemblée nationale le groupe parlementaire «Oser la famille», qui comptait 125 députés dont Dominique Dord. Avec ce groupe, elle s’est farouchement battue contre le PACS.

Elle est depuis 1996 «consulteur auprès du Conseil pontifical pour la famille». Au lancement de son nouveau parti, le Parti chrétien démocrate, Christine Boutin a reçu le soutien de Francis Lalanne et de Smaïn.

Elle entretient aussi de «bons rapports» avec Bertrand Delanoë suite à son passage au ministère du Logement.

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