Claude Bartolone
- Date de naissance:
29 juillet 1951
- Lieu de naissance:
Tunis (Tunisie)
- Situation familiale:
Deux enfants (Julien et Elsa)
- Poste actuel:
- Président de l'Assemblée nationale (depuis le 26 juin 2012)
- Député de Seine-Saint-Denis (depuis 1981)
- Président du conseil général de Seine-Saint-Denis (depuis 2008)
Pourquoi il compte
Claude Bartolone, après avoir été pendant longtemps le premier lieutenant de Laurent Fabius, a fait partie de la garde rapprochée de Martine Aubry à la tête du PS. Après la victoire de François Hollande à la primaire socialiste de 2011, il a été nommé par ce dernier responsable des relations avec les partis de gauche pour la campagne présidentielle. Il occupe la présidence de l'Assemblée nationale depuis le 26 juin 2012.
Son parcours
Claude Bartolone est issu d’un milieu modeste. Il est né à Tunis d’un père sicilien ouvrier agricole et d’une mère maltaise. A l’âge de 9 ans, ses parents émigrent à Paris. Son père trouve un travail de nuit aux Halles et lui et sa famille habitent dans un deux pièces au Pré-Saint-Gervais.
Bon élève, il entame des études supérieures à l’université de Jussieu. Titulaire d’une licence de mathématiques et d’une autre de physique il travaille alors deux ans dans l’industrie pharmaceutique avant de se lancer dans une carrière politique. Il va construire celle-ci dans un département emblématique de la ceinture de rouge de Paris: la Seine-Saint-Denis. Claude Bartolone est représentatif de ces socialistes ayant contribué à l’affaiblissement du parti communiste en allant chasser sur ses terres.
En 1974, il colle des affiches pour le candidat François Mitterrand et, juste après la défaite, décide de rejoindre les rangs du Parti socialiste. Il va peu à peu monter dans l’organigramme du PS et en intègre le comité directeur en 1982 puis il devient secrétaire national à la jeunesse (1988-1990), aux relations extérieures (1990-1993) et enfin aux élections jusqu’en 1995. Il retrouve par la suite son poste de secrétaire national aux relations extérieures à partir de 2008.
Son premier mandat électif, il l’obtient en tant qu’adjoint au maire du Pré-Saint-Gervais de 1977 à 1995. Entre 1979 et 1992, il est élu conseiller général de la Seine-Saint-Denis et en sera même vice-président de 1981 à 1992. Il devient ensuite maire du Prè-Saint-Gervais en 1995 mais doit abandonner son poste en 1998 quand il intègre l’équipe du Premier ministre Lionel Jospin au poste de ministre délégué à la ville. Il occupera ce ministère jusqu’en 2002.[1]
Claude Bartolone est élu député la première fois en Seine-Saint-Denis en 1981. Il devient pendant peu de temps vice-président de l’Assemblée nationale (1992-1993) mais doit abandonner son siège en 1998 au nom de la règle de non cumul des mandats imposée par Lionel Jospin. Il sera réélu dès sa sortie du gouvernement en 2002.[1]
Depuis 2008, il est président du conseil général de Seine-Saint-Denis, siège qu’il a ravi aux communistes qui dominaient le département depuis 40 ans. En 2010, pour protester contre la réduction des aides de l’Etat, Claude Bartolone fait sciemment voter un budget déficitaire. Il réclame également l’annulation d’emprunts toxiques souscrits par ses prédécesseurs à la tête du département. Quelques mois plus tard, il décide même d'attaquer trois banques en justice (Depfa, Calyon et Dexia). Il estime que ces banques n’ont pas respecté leur obligation d’information au moment où ces prêts ont été contractés (entre 1997 et 2008).
Homme politique «fort en gueule», pas avare en déclarations fracassantes, il déclare en septembre 2010: «Aujourd'hui, qu'on le veuille ou non, il y en a deux qui sont plus avancés que tous les autres, Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn. Ces primaires, elles seront utiles pour donner de l'énergie, plus que pour les sélectionner, et ce ne sera peut-être pas un mal.»
Ces primaires seraient caduques avant même que le processus de désignation n’ait commencé et ne serviraient qu’à «confirmer» un candidat choisi à l’avance. Cela provoque l'ire de plusieurs candidats aux primaires socialistes.
Après la victoire de François Hollande à ladite primaire, il est nommé par ce dernier responsable des relations avec les partis de gauche pour la campagne présidentielle.
Au lendemain de la victoire de la gauche aux législatives, il déclare sa candidature à la présidence de l'Assemblée nationale en vantant son «équilibre entre loyauté et liberté» vis-à-vis du nouveau chef de l'Etat. Le 21 juin, il est élu par ses pairs candidat du groupe socialiste au perchoir par acclamation au second tour, après être sorti largement en tête au premier. Le 26 juin, il est élu président de l'Assemblée nationale par 298 voix contre 185 pour le président sortant Bernard Accoyer.
Ses opinions
- Justice
«Le bilan de Sarkozy est mauvais, très mauvais.», Lemonde.fr, 1er septembre 2010
«Il faut revenir à une police de proximité.», Lemonde.fr, 1er septembre 2010
«Il manque 400 policiers en Seine-St-Denis. Ceux qui sont présents sont trop jeunes, ils n'ont pas assez d'encadrement. Nous avons besoin de policiers formés qui aient un peu de bouteille pour pouvoir faire face à la situation en Seine-Saint-Denis.», Lemonde.fr, 1er septembre 2010
«Personne ne peut croire que l’on peut remplacer une présence humaine par des caméras.» Lemonde.fr, 1er septembre 2010
- Société
«Il faut revenir sur cette mauvaise RGPP (révision générale des politiques publiques) qui supprime de manière aveugle des postes de fonctionnaire, notamment dans l’éducation, la santé et la sécurité.», Lemonde.fr, 1er septembre 2010
- Europe
Au sujet du non au traité constitutionnel européen : «Nous ne pouvions pas continuer dans la construction de l’Europe anglo-saxonne.», Rue89.fr, 17 juin 2008
Ses publications
- Une élection imperdable, l'Archipel, 2007
Son réseau
Son premier mentor lorsqu’il intègre le Parti socialiste est Marcel Debarge, proche de François Mitterrand et ancien sénateur de Seine-Saint-Denis, qui deviendra maire du Pré-Saint-Gervais en 1977.
En 1984, il rencontre Laurent Fabius, avec qui il nouera rapidement une grande amitié. Il ne cache pas son admiration pour l’homme qui est Premier ministre à l’époque. On qualifie souvent Claude Bartolone de premier lieutenant de Laurent Fabius. Au sein du parti socialiste, il anime le courant «Rassembler la gauche», censé fédérer la gauche fabiusienne.
En 2006, au moment des primaires socialistes pour désigner un candidat à la présidentielle, il soutient évidemment Laurent Fabius. Lorsque Ségolène Royal est désignée candidate, il est très vite intégré à son équipe de campagne pour satisfaire le clan fabiusien. Il s’enthousiasme rapidement face à l’engouement que suscite Ségolène Royal. Il finira par la lâcher tout aussi rapidement. Deux mois après la défaite, il publie un livre très critique à l’encontre l’ex-candidate : Une élection imperdable.
En 2008, au moment du congrès de Reims, Claude Bartolone décide de soutenir Martine Aubry. Ce choix conduit à une rupture entre lui et Laurent Fabius. Ce dernier lui reproche de ne pas avoir placé assez de fabiusiens aux postes clefs de l’organigramme PS. Mais Claude Bartolone a choisi, désormais il soutiendra Martine Aubry. En 2008, au sujet de sa brouille avec Laurent Fabius, il déclare même: «Je viens de divorcer une deuxième fois.»



