Claude Guéant
- Date de naissance:
17 janvier 1945
- Lieu de naissance:
Vimy (Pas-de-Calais)
- Situation familiale:
Veuf (Rose-Marie Benoist). Deux enfants (Marie-Sophie, François)
- Postes actuels:
- Ministre de l'Intérieur (depuis le 27 février 2011)
- Préfet hors cadre
- Blogs et sites:
à compléter
Pourquoi il compte
Ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration depuis le 27 février 2011, Claude Guéant a été auparavant directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur et au ministère des Finances puis secrétaire général de l’Elysée de 2007 à 2011. Durant quatre ans, son influence à l’Elysée lui a valu le surnom de «vice-président». Il sera candidat aux législatives 2012 dans le fief du président, les Hauts-de-Seine.
Son parcours
Sa jeunesse
Il est né en 1945 à Vimy (Nord-Pas-de-Calais). Son père était employé dans une société de transports et sa mère était institutrice. Ses parents lui transmettent des «valeurs chrétiennes, sans excès» et l’élèvent dans le gaullisme.
Il fait ses études au lycée d’Arras et part un an aux Etats-Unis après son baccalauréat. Il s’installe ensuite à Paris pour ses études et entre à Sciences po «sans passer le concours».
Alors que mai 68 commence, il reste discret: «Je n'étais pas du tout intéressé par la vie politique. Par la vie publique, oui», raconte-t-il aux journalistes Christian Duplan et Bernard Pellegrin auteurs de L'Homme qui murmurait à l'oreille de Sarkozy.
Il entre ensuite à l’ENA en 1969 où il rencontre des personnalités comme Jean-Louis Bianco ou Jean-Paul Huchon. Il finit 17e de sa promotion en 1971 et choisit la préfectorale: «J'ai choisi le corps préfectoral. Sans doute par goût du concret, par goût de la province, aussi.» Il devient alors administrateur civil de 2e classe affecté au ministère de l’intérieur et sous-préfet de 2e classe, directeur de cabinet du préfet du Finistère.
Le haut fonctionnaire
En décembre 1974 il devient secrétaire général pour les affaires économiques de la Guadeloupe.
En juillet 1977 il est conseiller technique chargé des questions de sécurité auprès de Christian Bonnet, ministre de l’Intérieur sous Giscard d’Estaing.
Après la victoire de la gauche et l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand, il quitte le ministère et devient sous-préfet hors classe en septembre 1981 et secrétaire général pour les affaires régionales du Centre.
En 1985 il est secrétaire général de la préfecture de l’Hérault et en 1986 de la préfecture des Hauts-de-Seine. C’est dans les Hauts-de-Seine qu’il va rencontrer Charles Pasqua et Nicolas Sarkozy.
Il devient ensuite préfet des Hautes-Alpes en 1991 avant d’être nommé, en 1993, directeur-adjoint du cabinet du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de l’aménagement du territoire, Charles Pasqua.
C’est à ce titre que, le 13 mai 1993, il a à gérer la prise d’otages par HB, un déséquilibré, dans une maternelle de Neuilly, ville dirigée alors par Nicolas Sarkozy, qui négocie en direct avec le preneur d’otages et qui en tirera une notoriété nationale.
Charles Pasqua le nomme ensuite directeur général de la police nationale en septembre 1994 et il s’occupe de la prise d’otages d’un Airbus d’Air-France à Alger en décembre 1994 par un commando islamiste du GIA.
Maintenu par Jean-Louis Debré, alors ministre de l’Intérieur en 1995, il est évincé de la direction générale de la police nationale (à la veille d’élections décisives pour la police) et remplacé en 1998 par Didier Cultiaux, à l’arrivée de Jean-Pierre Chevènement au ministère de l’Intérieur en 1997. Pour l’ancien ministre du gouvernement Jospin, «Il a du jugement, il est fin, précis. A l'époque, il connaissait déjà parfaitement l'Etat et le renseignement, remarque l'ancien ministre de l'intérieur de Lionel Jospin. Je l'ai gardé huit mois puis je l'ai nommé préfet chez moi en Franche-Comté, c'est dire mon estime…» Il devient ensuite préfet de Bretagne (2001) et d’Ille-et-Vilaine (2001).
Réputé pour sa propension à tout savoir, tout contrôler [1] et sa discrétion, il se fait au fur et à mesure une place en politique. Il tente alors de réformer la fonction policière afin de rétablir une hiérarchie entre les différents gardes du corps de police. Il souhaite revoir les emplois, les statuts comme les affectations.
En mai 2002, après la réélection de Jacques Chirac, il est nommé préfet hors cadre (cette nomination permet de cumuler le rôle de préfet avec celui d’«emplois supérieurs comportant une mission de service public relevant du Gouvernement») et retrouve Nicolas Sarkozy, qui est nommé ministre de l’Intérieur, numéro 2 du gouvernement. Claude Guéant est alors son directeur de cabinet. Il fait partie de la garde rapprochée dont Nicolas Sarkozy s’entoure, avec également le patron de la police et du n°2 des RG, pour parvenir à l’arrestation d’Yvan Colonna, accusé de l’assassinat du préfet Erignac, en juillet 2003.
Quand Nicolas Sarkozy quitte le ministère de l’Intérieur, en avril 2004, il le suit au ministère de l’Economie, des finances et de l’industrie en tant que directeur de cabinet.
Nicolas Sarkozy «l’impose à Bercy». En effet, c’est la première fois qu’un préfet, et non un inspecteur des finances, prend la tête du cabinet du ministère de l’Economie.
Il devient ensuite en décembre 2004 préfet hors cadre détaché en tant que conseiller du président du conseil général des Hauts-de-Seine (qui n’est autre que Nicolas Sarkozy) puis directeur de cabinet en mai 2005.
En juin, quand Nicolas Sarkozy retourne au ministère de l’Intérieur (et de l'aménagement du territoire), il est nommé directeur du cabinet du ministre d’Etat.
En 2005, les «émeutes des banlieues» éclatent à la suite à la mort de deux jeunes garçons électrocutés dans un transformateur de Clichy-sous-Bois. L’immigration devient alors un thème central de la politique de Nicolas Sarkozy jusqu’à la création d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale en 2007.
Le secrétaire général de l’Elysée
Ses relations avec Nicolas Sarkozy se renforcent tout au long de son parcours. Selon le président, «Claude Guéant me conseille de rester moi-même. Il m'accepte tel que je suis alors que nous sommes très différents. On parle tous les jours ensemble, on évolue ensemble, on prend des virages ensemble. C'est un ami, pas un gourou. Guéant met en musique ma politique. Je perce le trou, il taille le tunnel».
En 2007, quand Nicolas Sarkozy se présente à l’élection présidentielle, il devient son directeur de campagne et, quand celui-ci est élu, il le nomme secrétaire général de l’Elysée.
C’est aussi l’année où son fils, François, entre en politique en devenant député suppléant de la 4e circonscription du Morbihan. Il est depuis 2009 président des jeunes actifs de l’UMP.
En 2008, Claude Guéant négocie la libération des infirmières bulgares avec les services secrets libyens et organise le mariage de Nicolas Sarkozy avec Carla Bruni. La même année, sa femme, Rose-Marie, meurt d’un cancer.
Selon Emmanuelle Mignon, conseillère de Nicolas Sarkozy, «il peut tout dire à Nicolas Sarkozy. Cependant Nicolas Sarkozy le vouvoie et garde une certaine distance («monsieur le président»)». Ces propos sont soutenus par ceux de Catherine Péguard, conseillère politique: «S'il se passe un événement important dans la vie du président, Claude Guéant sera toujours lié à cet événement. Nicolas Sarkozy sait qu'il est là. C'est une intimité qui ne s'exprime pas. Je crois qu'ils n'en ont le désir ni l'un, ni l'autre.»
Sarkozy, son seul ami?
«Si tu as un problème, un message à faire passer, va voir Claude. Ce sera comme si tu me voyais…», aurait eu l’habitude de dire Nicolas Sarkozy à ses interlocuteurs quand Guéant était secrétaire général de l’Elysée.
Cependant, son style dérange certains. De 2007 au 27 février 2011, il a en effet le poste le plus important auprès de Nicolas Sarkozy. Selon Christian Dumplan et Bernard Pellegrin, les deux journalistes ayant écrit l’ouvrage intitulé Claude Guéant, l’Homme qui murmurait à l’oreille de Sarkozy, il s'agirait d'« une bagarre d'hommes et de femmes à l'intérieur de la Sarkozie divisée, où se mêlent jalousies personnelles, amitiés trahies, mais aussi divergences sur la manière de faire de la politique».
Sa place au secrétariat général de l’Elysée est centrale: une équipe de douze conseillers, avec à la tête Claude Guéant, imaginent et supervisent les idées du Président, passant outre les décisions gouvernementales.
Les «ennemis» de Claude Guéant sont nombreux parmi les politiques qui se sentent trahis par l’Elysée. Les noms de Frédéric Lefebvre, Pierre Charon et Brice Hortefeux reviennent souvent. Ils ont été «victimes» à un moment ou à un autre du «barrage Guéant».
Sa relation avec François Fillon est elle aussi tendue. En effet, Claude Guéant apparaît comme une sorte de chef de gouvernement bis dont le poids ne fait qu’amplifier. Ce nouveau système sous-entend que ce n'est plus au Premier ministre de communiquer dans les médias les décisions politiques mais à Nicolas Sarkozy lui-même ou à son secrétaire général. C’est donc, par exemple, Claude Guéant et non François Fillon qui annonce les décisions prises par l’Elysée.
Le ministre de l’Intérieur
Il devient finalement ministre de l’Intérieur lors du remaniement du gouvernement de François Fillon le 27 février 2011.
Depuis son arrivée à la tête de son ministère, Claude Guéant s’est fait remarquer par ses sorties polémiques. Le 21 mars, il déclarait ainsi sur lefigaro.fr que Nicolas Sarkozy avait «pris la tête de la croisade» en Libye.
Sur les questions de laïcité et d’intégration, ses déclarations dessinent une ligne dure. Le 17 mars, il déclarait ainsi qu’«à force d’immigration incontrôlée, les Français ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux». Il a décidé en avril de «relever le niveau d’exigence» du français pour les étrangers. Il a ajouté que «les agents des services publics évidemment ne doivent pas porter de signes religieux, manifester une quelconque préférence religieuse, mais les usagers du service public ne doivent pas non plus», mais aussi que «le nombre de fidèles [musulmans] et un certain nombre de comportements posent problème». Il a également énoncé qu’il souhaitait «réduire l’immigration légale» en France dans les prochains mois.
Le 29 décembre 2011, il a annoncé qu'il se lancerait en juin 2012 à la conquête de son premier mandat électif: le siège de député de la neuvième circonscription des Hauts-de-Seine. Une circonscription où Nicolas Sarkozy a recueilli 69% des voix en 2007 et où le candidat UMP avait été élu avec 59% au premier tour.
- ↑ Libération du 08.04.2011, p.2-3
Ses opinions
- Laïcité
«Les agents des services publics évidemment ne doivent pas porter de signes religieux, manifester une quelconque préférence religieuse, mais les usagers du service public ne doivent pas non plus.»(I-Télé, 24 mars 2011)
- Immigration
«En 1905, il y avait très peu de musulmans en France, aujourd'hui il y en a entre 5 et 6 millions. Cet accroissement du nombre de fidèles et un certain nombre de comportements posent problème. Il est clair que les prières dans les rues choquent un certain nombre de concitoyens. Et les responsables des grandes religions ont bien conscience que ce type de pratiques leur porte préjudice». (Déplacement à Nantes, 4 avril 2011)
«Les Français, à force d’immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux, ou bien de voir des pratiques qui s’imposent à eux et qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale.» (Sur Europe 1 le 17 mars 2011) L'association "SOS Soutien O Sans-papiers" a porté plainte pour "provocation à la haine". (Le Monde, 22 mars 2011)
- Relations internationales
«Le monde entier s'apprêtait à contempler à la télévision des massacres commis par le colonel Kadhafi, heureusement, le président a pris la tête de la croisade pour mobiliser le Conseil de sécurité des Nations unies et puis la Ligue arabe et l'Union africaine.» (Sur Le Figaro.fr, le lundi 21 mars 2011.)
Ses publications
Section à compléter.
Son réseau
Surnommé le «vice-roi», Claude Guéant est évidemment un proche de Nicolas Sarkozy.
C’est Charles Pasqua, rencontré, avec Nicolas Sarkozy lors de son passage à la préfecture des Hauts-de-seine en 1986, qui l’a mis en selle, quand il est devenu en 1993 son directeur-adjoint de cabinet.
Il dispose aussi d’appuis dans la préfectorale et la police, notamment celui du préfet de police de Paris Michel Gaudin qu’il connaît également depuis la préfecture des Hauts-de-Seine, mais aussi Bernard Squarcini ou Frédéric Péchenard [1].
Ses relations s’étendent jusqu’aux postes clés des services de renseignements de nombreux pays comme la Syrie, des pays d’Afrique ou la Libye. Il est également décrit comme proche de l'homme d'affaires Alexandre Djouhri (ami de Dominique de Villepin), actif dans les négociations de contrats pour des entreprises françaises à l'étranger.
Par ailleurs, son fils François Guéant connaît lui aussi une carrière politique puisqu'il est depuis 2007 suppléant du député de la quatrième circonscription du Morbihan Loïc Bouvard, doyen d'âge de l'Assemblée nationale. Il a également travaillé aux cabinets de Brice Hortefeux (ministère délégué aux Collectivités territoriales, 2005-2007), Rachida Dati (ministère de la Justice, 2007-2008) et Alain Marleix (secrétariat d'Etat à l'Intérieur et aux Collectivités territoriales, 2008-2009). Il a été candidat sans succès dans le Morbihan aux cantonales 2008 et est conseiller régional d'opposition.
- ↑ Libération du 08.04.2011, p.2-3



