Daniel Cohn-Bendit
- Date de naissance:
4 avril 1945
- Lieu de naissance:
Montauban (Tarn-et-Garonne)
- Nationalité:
Allemande
- Situation familiale:
Marié (Ingrid Voigt). Un enfant
- Poste actuel:
- Eurodéputé d’Europe Ecologie depuis juin 2009
- Coprésident du groupe Europe Ecologie au Parlement européen depuis 2002
- Blogs et sites:
- Son site internet
Pourquoi il compte
Daniel Cohn-Bendit a été le principal artisan du rassemblement d’Europe-Écologie jusqu'à en faire en France la troisième force aux européennes de 2009. En 2008, il avait suggéré de constituer une liste élargie au-delà du seul parti écologiste. «Sans Dany, Europe-Ecologie n'aurait jamais existé», a salué l’eurodéputé d’Europe Ecologie José Bové durant les meetings. C’est aussi lui qui a lancé Eva Joly dans la politique en lui proposant de rejoindre le mouvement en 2008. Il a déjà déclaré qu’il ne serait pas candidat à la présidentielle de 2012 soutenant ainsi implicitement la candidature d’Eva Joly aux primaires du parti.
Son parcours
Marc Daniel Cohn-Bendit est né à Montauban le 4 avril 1945 d’un père allemand avocat et d’une mère française. Réfugiés juifs en France depuis 1933, ils organisent une maison d’accueil d’enfants israélites nés de parents déportés et sont aidés par les parents de Jean-David Levitte. Il perd son père à l’âge de 13 ans et sa mère quatre ans plus tard. Son frère devient sa seule famille, dont il est toujours très proche aujourd’hui.
A 14 ans, il choisit la nationalité allemande pour éviter le service militaire en France. Il était auparavant apatride car ses parents ne l’avaient pas inscrit à l’état civil français. Il part en Allemagne et fréquente une école alternative près de Francfort-sur-le-Main. Il devient membre du mouvement anarchiste Noir et Rouge, il est alors proche du communisme libertaire. En 1967, il revient en France pour étudier la sociologie à la faculté de Nanterre. Il devient aux côtés d’Alain Geismar et de Jacques Sauvageot l’une des figures du «mouvement de mai 68». Celui que la presse surnomme «Dany le rouge» est interdit de séjour en France, une interdiction qui ne sera levée qu’en 1978.
De 1969 à 1973, il est aide-éducateur dans un jardin d’enfant alternatif à Francfort, dont il raconte des évènements dans son livre Le Grand Bazar en 1975. Il est notamment accusé de prôner des thèses pédophiles. Il s'est défendu en expliquant que ses déclarations étaient destinées à «choquer le bourgeois des années 70» et devaient être replacées dans le contexte des années 70. A propos de cette affaire, il avait également échangé des insultes avec François Bayrou , qui sur le plateau de l’émission «A vous de juger» sur France 2 en 2009 avait ressorti de cette histoire.
En 1976, il est journaliste politique et devient rédacteur en chef du magazine Pflasterstrand (Sous les pavés, la plage).
Après avoir soutenu la candidature de l’humoriste Coluche à la présidentielle de 1981, il entre dans le parti écologiste allemand Die Grünen (Les Verts) en 1984. Il est élu au conseil municipal de Francfort-sur-le-Main et devient en 1989 l’adjoint au maire SPD (parti social-démocrate allemand) en charge des affaires multiculturelles. Il instaure un Parlement des étrangers.
En 1994, il est élu eurodéputé des Verts allemands et ne renonce pas à son poste de conseiller municipal à Francfort. En 1999, il est élu eurodéputé pour le parti français des Verts. Cinq ans plus tard, il se présente à nouveau sous les couleurs du parti écologiste allemand. Il alterne une dernière fois de pays en se faisant élire en 2009 sur la liste Europe Écologie en Ile-de-France, où le parti obtient 20,86% des voix, en seconde position derrière l’UMP, mais largement devant le Parti socialiste.
Co-président du groupe des Verts/Alliance Libre Européenne au Parlement européen depuis 2002, il devient le porte-parole du parti Vert européen créé en 2004. Il déclare en 2009, qu’il ne sera pas candidat à la présidentielle de 2012. Même s’il a la nationalité allemande, il pourrait obtenir la double nationalité mais s’y refuse sauf si son fils lui demande. Il est aussi depuis 2007 le vice-président du Mouvement Européen France.
Il se marie avec Ingrid Voigt en 1997, avec qui il aura un enfant[1]. Sa femme, son fils et son beau-fils vivent à Francfort-sur-le-Main.
A côté de son engagement politique, il a animé de 1994 à 2003 une émission littéraire «Literaturclub» diffusée sur la télévision suisse «Schweizer Fernsehen» et sur la chaîne allemande «3 SAT».
Il a reçu le titre de docteur honoris causa de l'université catholique de Tilburg (Pays-Bas) en 1997 et des Facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles en 2009. Il a été nommé «Révélation politique» en 1998, une distinction honorifique décernée par le Trombinoscope, un annuaire professionnel du monde politique français.
Daniel Cohn-Bendit est aussi un passionné de football. Après des interventions sur Europe 1 dès l’Euro 1984, des chroniques sportives au Monde ou à l’Équipe Magazine, il participe depuis janvier 2011 à l’émission de débat les Spécimens, tous les vendredis soir sur Canal+ Sport, à côté de Nathalie Iannetta, Pierre Ménès, Geoffroy Garétier ou Charles Villeneuve. Il a également pratiqué le basket-ball, le handball et le cyclisme et fait toujours du vélo et un peu de cross.[2]
Ses opinions
- Économie
Malgré son passé communiste et anarchiste, Daniel Cohn-Bendit est aujourd'hui «pour le capitalisme et l’économie de marché».[1] Il soutient la privatisation de certains services publics l’éloignant ainsi d'une partie des écologistes européens, qui considèrent que le dogme libéral est incompatible avec la préservation de la planète et le combat pour la justice sociale.
- Immigration
Il est en faveur d’une politique d’immigration «ouverte».
- Santé
Drogue
Il est pour la dépénalisation des drogues dites «douces» comme le cannabis.
- Europe
Il défend l’idée d’une Europe fédérale. Il a déclaré: «Mon territoire naturel, c'est l'Europe». Il a fait campagne pour un «oui de raison» au traité de Constitution pour l’Europe en 2005.
- Droits de l’Homme
En février 2011, il a émis l’idée de créer «une agence de notation»[2] qui listerait les pays selon leur respect de la démocratie et des droits de l'homme.
- Partis politiques
Les Verts
«En France, les écologistes jouent en CFA. Stimulés par le contexte politique et par un nouvel entraîneur, ils sont passés en première division, presqu'en Ligue des champions, conservant une organisation de deuxième division. Il faut avancer avant d’exploser. Lorsqu’on ne pédale pas, on tombe, aussi vite que François Bayrou a dilapidé son crédit politique en n’étant pas capable de construire un mouvement.»
- Sport
Football
«Mon idée, c’est de donner 10% – au moins – des droits télé en Europe au football des jeunes de huit à seize ans, l’âge où le foot a un rôle social et joue à plein de sa capacité d’intégration – ou pas, d’ailleurs.»[3]
Ses publications
- Livres
La révolte étudiante, D. Cohn-Bendit avec J. Sauvageot et A. Geismar, 1968, Éditions du Seuil
Le gauchisme, remède à la maladie sénile du communisme D. Cohn-Bendit avec G. Cohn-Bendit, 1969, Éditions du Seuil
Le Grand Bazar D. Cohn-Bendit, 1975, Edition P. Belfond
Reden über das eigene Land: Deutschland, D. Cohn-Bendit avec H. Achternbusch et C. Edvardson, 1986, Bertelsmann Verlag
Nous l'avons tant aimée, la révolution D. Cohn-Bendit 1992, Édition Bernard Barrault. Dans ce livre, il officialise son abandon de la perspective révolutionnaire dans un ouvrage-bilan
1968: Die letzte Revolution, die noch nichts vom Ozonloch wusste D. Cohn-Bendit avec J. Fischer, A. Gauland et J. Twenhöven, 1988
Einwanderbares Deutschland oder Vertreibung aus dem Wohlstandsparadies?, D. Cohn-Bendit avec L. Funcke et H. Geißler, 1991, Horizonte Verlag
Heimat Babylon: das Wagnis der multikulturellen Demokratie, D. Cohn-Bendit avec T. Schmid, 1993, Hoffmann und Campe
Petit Dictionnaire de l'Euro, D. Cohn-Bendit avec O. Duhamel, 1998, Editions du Seuil
Une envie de politique, D. Cohn-Bendit avec G. Herzlich et L. Delattre, 1999, La Découverte
Xénophobies, D. Cohn-Bendit avec T. Schmid, 1998, Grasset
Quand tu seras président, D. Cohn-Bendit avec Bernard Kouchner, 2004, Robert Laffont
Forget 68, D. Cohn-Bendit, 2009, Editions de l’Aube
Pour la planète, D. Cohn-Bendit avec E. Gaudot, 2009, Dalloz-Sirey
Que faire ?, D. Cohn-Bendit, 2010, Hachette Littératures
- Films:
Le Vent d’est, co-écrit avec Jean-Luc Godard, 1970
C'est la vie, 1991
Juden in Frankfurt (documentaire sur les juifs à Francfort)
Son réseau
L’eurodéputé d’Europe Ecologie Daniel Cohn-Bendit est le «mentor politique» d’Eva Joly, à qui il propose en 2008 de diriger avec lui la liste européenne d’Europe Ecologie en Ile-de-France, alors que François Bayrou, le député du MoDem espérait qu’elle le rejoigne.
L'ex-directeur des études et du développement de Libération, André Gattolin est son bras droit.
Daniel Cohn-Bendit a également participé au Crisis Prevention Network, un groupe de réflexion lancé par l’ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard. Ce réseau réunit des parlementaires européens et des experts de la Commission européenne. Cette cellule est une première en matière de collaboration et de concertation politique entre le Parlement européen et la Commission.
Daniel Cohn-Bendit est membre du groupe Spinelli avec notamment Jean-Claude Juncker, Guy Verhofstadt, Jacques Delors et Joshka Fischer. Il s'agit d'un réseau de personnalités européennes fédéralistes militant pour une Europe «post-nationale» organisant notamment des «conseils fantômes» avant les «vrais» sommets de chefs d'Etat.
Au sein du parti Europe Ecologie-Les Verts, il a connu plusieurs tensions avec Jean-Vincent Placé, notamment sur le calendrier de désignation du candidat du parti pour la présidentielle de 2012.
Son frère Jean-Gabriel Cohn-Bendit représente un solide soutien. Il est à l'origine de la création en 1982 du premier lycée de France cogéré par l'équipe pédagogique et les élèves en Loire-Atlantique, où il enseigne jusqu'en 1997.[1] Il a été nommé par Jack Lang au Conseil national de l'innovation pour la réussite scolaire, dont il démissionne en 2002, quand Luc Ferry devient ministre de l'Éducation nationale. [2] Mais Jean-Gabriel Cohn-Bendit est aussi le président des Amis d’Europe Ecologie qui compte des proches de Jean-Louis Borloo.[3] Daniel Cohn-Bendit, son frère et Jean-Louis Borloo ont tous les trois fondé Génération Ecologie, un mouvement politique écologiste français.



