Sommaire |
Dominique de Villepin
- Date de naissance:
14 novembre 1953
- Lieu de naissance:
Rabat (Maroc)
- Situation familiale:
Divorcé de Marie-Laure Le Guay, avec qui il a eu trois enfants (Marie, Arthur et Victoire)
- Postes actuels:
- Président de République solidaire
- Avocat au barreau de Paris
- Sites et blogs:
Pourquoi il compte
Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin fait figure de principal opposant au chef de l'Etat au sein de la famille gaulliste, en raison de différends politiques mais aussi de rivalités personnelles qui remontent à la deuxième cohabitation, quand ils soutenaient respectivement Edouard Balladur et Jacques Chirac. Le 11 décembre 2011, il a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle, rejoignant François Bayrou et Marine Le Pen parmi les principaux candidats qui pourraient mordre sur l'électorat du chef de l'Etat au premier tour.
Son parcours
De son vrai nom Dominique Galouzeau de Villepin, il est le fils de Xavier de Villepin, un représentant à l’étranger du groupe Pont-à-Mousson qui deviendra par la suite sénateur centriste des Français de l’étranger de 1986 à 2004, et de Yvonne Hétier, première conseillère de tribunal administratif. Né au Maroc en 1953, il passe une bonne partie de son enfance au Venezuela: en 2008, il racontera avoir été le seul gréviste au lycée français de Caracas en mai 68. Rentré en France à sa demande, il intègre la pension de jésuites du Caousou, près de Toulouse, puis passe son baccalauréat en candidat libre.
Après des études de lettres et de droit et Sciences-Po Paris, il intègre l’Ena, comme le feront un de ses frères et sa soeur: il en sort en 1980 diplômé de la célèbre promotion Voltaire, dont font aussi partie François Hollande, Ségolène Royal, Jean-Pierre Jouyet, Frédérique Bredin, Michel Sapin, Renaud Donnedieu de Vabres ou Henri de Castries. Il intègre alors le ministère des Affaires étrangères, où sa supérieure est Marie-Claude Cabana, épouse de Camille Cabana, secrétaire général de la mairie de Paris: par son intermédiaire, lui qui est adhérent du RPR depuis 1977 rencontre Jacques Chirac, à qui il fournit des notes pendant la campagne présidentielle de 1981.
En parallèle, il poursuit sa carrière administrative: pendant quatre ans, il s’occupe des Affaires africaines et malgaches et travaille également pour le Centre d’analyse et de prévision sous la houlette de Jean-Louis Gergorin, dont on retrouvera le nom dans l'affaire Clearstream. En 1984, il rejoint l’ambassade de France à Washington, où il est premier secrétaire de 1984 à 1987 puis directeur du service de presse et d’information jusqu’en 1989: selon Le Monde, l’Elysée de François Mitterrand sait alors «pertinemment qu'il organise là-bas les voyages américains de Jacques Chirac». Il met ensuite le cap sur l’ambassade de France en Inde à New Delhi, où il est deuxième conseiller, puis premier conseiller jusqu’en 1992. Il revient alors à Paris en tant que directeur adjoint des Affaires africaines et malgaches au Quai d’Orsay.
En 1993, la deuxième cohabitation le propulse directeur de cabinet d’Alain Juppé aux Affaires étrangères. Comme son ministre, il fait le choix de Jacques Chirac pour la présidentielle 1995 face à Edouard Balladur, et en est récompensé après la victoire par le poste de secrétaire général de l’Elysée. Il est réputé avoir fait partie des principaux inspirateurs de la dissolution de l’Assemblée nationale en 1997, qui était motivée par des craintes sur la situation économique et de bons sondages pour la majorité. La défaite de la droite lui vaut alors l’inimitié d’une bonne partie des députés de droite, ainsi que de Bernadette Chirac, qui le surnomme «Néron» ou «le monsieur dans le fauteuil Louis-XV». Il est aussi surnommé au sein de la majorité «le Phalangiste» ou «le Bostonien». Il conserve néanmoins la confiance de Jacques Chirac, pour qui il allume notamment des contre-feux aux affaires (sur le passé trotskyste de Lionel Jospin ou son prétendu emploi fictif au Quai d'Orsay, par exemple), au point que la gauche l’accuse de diriger un «cabinet noir».
En mai 2002, après la réélection de Jacques Chirac, il entre pour la première fois au gouvernement sans jamais avoir occupé de mandat électif ni même s’être présenté à une élection. Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de la Francophonie, il occupe son portefeuille avec boulimie («Dominique de Villepin s'occupe de tout, et moi je fais le reste», dira son secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères Renaud Muselier) et y connaît un de ses plus grands succès: son discours devant le conseil de sécurité des Nations unies le 14 février 2003. En pleine crise irakienne, il plaide alors pour continuer les négociations en vue du désarmement et pour l’action multilatérale, et lance: «La lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix. Et c'est un vieux pays, la France, un vieux continent comme le mien, l'Europe, qui vous le dit aujourd'hui, qui a connu les guerres, l'Occupation, la barbarie.»
En mars 2004, après les régionales désastreuses pour la droite, il remplace Nicolas Sarkozy à l’Intérieur, un portefeuille sur lequel on lui avait déjà attribué des vues en 2002. Ce changement est alors largement interprété comme un moyen de le rapprocher de la politique intérieure avant une nomination à Matignon. Un scénario qui se concrétise deux jours après la victoire du «non» au référendum sur le traité constitutionnel européen: le 31 mai 2005, il remplace Jean-Pierre Raffarin comme Premier ministre. Ses deux ans à ce poste vont être marqués par une relative amélioration de la situation économique (le taux de chômage baisse de plus d’un point) mais aussi par le retrait du projet de Contrat première embauche après un important mouvement social et par son implication dans l’affaire de dénonciation calomnieuse Clearstream II.
Après son départ de Matignon, alors que son meilleur ennemi Nicolas Sarkozy s’installe à l’Elysée, il subit des perquisitions dans cette affaire, dans laquelle il est mis en examen en juillet 2007, puis renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris, notamment pour complicité de dénonciation calomnieuse. En janvier 2010, il est relaxé après un mois de procès, contre les réquisitions du parquet qui avait requis 18 mois de prison avec sursis, mais pas d’inéligibilité. Ce dernier fait appel, provoquant un nouveau procès qui est fixé du 2 au 26 mai 2011, et aboutit à une nouvelle relaxe en septembre 2011.
Quelques mois après sa relaxe, Dominique de Villepin lance, en juin 2010, le mouvement République solidaire, dont il assume la présidence pendant plus d'un an avant de la quitter après sa seconde relaxe dans l'affaire Clearstream. En novembre 2010, il appelle à une «candidature alternative» face à Nicolas Sarkozy, orientation qu'il concrétise le 11 décembre 2011 en annonçant officiellement sa candidature à la présidentielle.
Ses opinions
* Sur Nicolas Sarkozy
« L'hyperprésidence débouche sur une présidence seule et paradoxalement impuissante car surchargée »(De l'esprit de cour. La malédiction française Perrin 2010)
«Désormais, il privilégie l'instrumentalisation des peurs et érige la division en méthode à travers l'activation des clivages idéologiques, la stigmatisation des immigrés ou de l'islam et la recherche de boucs émissaires. Cette vindicte masque une approche utilitaire et opportuniste de la politique, qui, conformément à l'esprit de cour, juge d'une action en fonction de son intérêt immédiat et de son apport tactique. [...] Nicolas Sarkozy n'est pas tant le monarque offert aux regards que le premier des courtisans, qui s'épuise dans l'art de séduire l'opinion, qu'il a érigée en nouveau souverain en lieu et place du peuple» (De l’esprit de cour. La malédiction française, Perrin, 2010)
* Sur l’UMP
«L'UMP a perdu de sa substance et de sa vitalité. Il y a une famille forte à droite, gaullo-républicaine, sociale, soucieuse de l'intérêt général. L'UMP s'est déportée de cette ligne et a tendance à devenir un parti opportuniste» (Challenges, 25 mars 2010)
* Sur la fiscalité
«Je dis aujourd'hui: suspendons ce bouclier [fiscal, qu’il a créé à Matignon, ndlr]. [...] C'est le bon sens. Les Français, à un moment où on demande plus d'efforts à chacun, sont en droit d'avoir une juste répartition des efforts. Ils ont intégré la CSG et la CRDS, ce qui fait un bouclier fiscal à 39%: entre 60% qui était l'idée initiale et 39%, il y a un décalage immense» (déclaration à la presse, 31 mars 2010)
* Sur la justice
«Quand on se voit renvoyer la responsabilité, désigner comme bouc émissaire d'une faute avant même que les enquêtes n'aient été faites, eh bien cela suscite non seulement de l'incompréhension mais un trouble profond. La sérénité, c'est très important pour la justice et on attend du président de la République, qui est le garant de l'indépendance de la justice (...) qu'il soit le premier pourvoyeur de cette sérénité» (France Info, 8 février 2011)
* Sur les retraites
«Il y a le sentiment chez beaucoup de Français qu'il a manqué du temps, le temps de la négociation. Le compromis n'est pas un gros mot» (Public Sénat, 20 octobre 2010)
* Sur la sécurité
«Attention à l'idéologie, y compris en matière de sécurité. Attention aux mots: la guerre contre la criminalité, la guerre contre le terrorisme, c'est la terminologie des néoconservateurs américains et de George Bush, avec le peu de succès que l'on sait. Un État de droit ne fait pas la guerre, pas plus aux terroristes qu'aux criminels» (RTL, 30 juillet 2010)
Ses publications
Les Cent-Jours ou l'esprit de sacrifice, Perrin, 2001
Le Cri de la gargouille, Albin Michel, 2002
Éloge des voleurs de feu, NRF-Gallimard, 2003
Le requin et la mouette, Plon/Albin Michel, 2004
L'Homme européen (avec Georges Semprun), Plon, 2005
Le Soleil noir de la puissance, 1796-1807, Perrin, 2007
Hôtel de l'insomnie, Plon, 2008
La Chute ou l'empire de la solitude, 1807-1814, Perrin, 2008
La Cité des hommes, Plon, 2009
De l'esprit de cour, Perrin, 2010
Son réseau
A l’heure actuelle, Dominique de Villepin dispose notamment du soutien d’une poignée d’élus au Parlement: les députés Brigitte Girardin, François Goulard, Jean-Pierre Grand, Guy Geoffroy, Marc Bernier et Michel Raison, le sénateur Pierre Jarlier ou l’ancien ministre Azouz Begag, qui occupent tous des responsabilités au sein de République solidaire. En revanche, deux de ses anciens proches, son ancien directeur de cabinet à Matignon Bruno Le Maire et la députée Marie-Anne Montchamp, sont désormais ministres de Nicolas Sarkozy.
Le début de sa carrière politique s'est fait dans le sillage de Jacques Chirac ainsi que de l'actuel ministre de la Défense Alain Juppé: de 1993 à 1995, alors que ce dernier était ministre des Affaires étrangères et premier lieutenant de Jacques Chirac, il était son directeur de cabinet au Quai d'Orsay. En juin 2009, Juppé a affirmé que son ancien poulain avait une «stature présidentielle». De 1995 à 2002, Dominique de Villepin a ensuite été secrétaire général de l'Elysée pendant tout le premier mandat de Jacques Chirac.
En ce qui concerne les milieux économiques, il est un intime de l’homme d’affaires Alexandre Djouhri, lui-même proche de Henri Proglio, le PDG d’EDF, qui l'a fait travailler comme avocat pour le groupe Veolia.
A l’époque où il était Premier ministre, sa communication était gérée par Philippe Méchet (ancien directeur de la Sofres) et Bernard Sananès (vice-président d’Euro RSCG) et on le disait proche de plusieurs personnalités du monde littéraire comme Bernard-Henri Lévy, Régis Debray, Jean-Christophe Rufin et Teresa Cremisi, PDG de Flammarion.



