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Photo: REUTERS/Philippe Wojazer

Edouard Balladur


  • Date de naissance:

2 mai 1929


  • Lieu de naissance:

Smyrne (Turquie)


  • Situation familiale:

Marié à Marie-Josèphe Delacour. Quatre fils (Pierre, Jérôme, Henri, Romain)


  • Postes actuels:

à compléter


  • Sites et blogs:

à compléter

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[modifier] Pourquoi il compte

Mentor de Nicolas Sarkozy, son ancien ministre du Budget, Edouard Balladur a été Premier ministre de François Mitterrand de 1993 à 1995.

Le volet financier de l’affaire Karachi a soulevé des questions quant à un financement occulte de sa campagne présidentielle en 1995, dont Nicolas Sarkozy était porte-parole. Les proches d’Edouard Balladur étant dans la tourmente, le chef de l'Etat, via un communiqué de l’Elysée, a tenu à préciser «qu’il n’a jamais exercé la moindre responsabilité dans le financement de cette campagne».


[modifier] Son parcours

Fils d’un banquier, Edouard Balladur est né en Turquie, à Smyrne en 1929. En 1935, il débarque avec sa famille à Marseille. Ce n’est qu’en 1946 qu’il monte à Paris pour poursuivre ses études en droit à Sciences Po. En 1955, il entre à l’ENA d’où il sort en 1957, promotion «France-Afrique», comme auditeur au Conseil d’Etat. Il en deviendra ensuite maître des requêtes en 1963 puis Conseiller de 1984 à 1988.

Conseiller de Pompidou

Il devient alors un homme de cabinet. D’abord comme conseiller du directeur général de l’Office de radiodiffusion télévision française en 1962 et 1963 puis comme conseiller technique auprès du Premier ministre, Georges Pompidou, de 1966 à 1968. Balladur prend alors part aux accords de Grenelle qui contribuent à mettre fin à la crise de mai 68. Il suit Georges Pompidou lorsqu’il ce dernier est élu président de la République en 1969, remplaçant le Général de Gaulle. A l’Elysée, Edouard Balladur officie d’abord comme secrétaire général adjoint puis comme secrétaire général de la Présidence de la République jusqu’en 1974.

PDG et «Ministre des finances de l’année»

Parallèlement, Edouard Balladur poursuit une carrière dans le privé. De 1968 à 1981, il est président de la Société pour la construction et l’exploitation du tunnel routier sous le Mont-Blanc. Il sera également PDG de la Générale de Service Informatique de 1977 à 1986 ainsi que président de la Compagnie européenne d’accumulateurs de 1980 à 1986. Deux filiales de la Compagnie générale d’électricité qui deviendra Alcatel.

Politiquement proche de Jacques Chirac au sein du RPR, il décroche un siège à l’Assemblée nationale en 1986, élu député de Paris. Une fois Chirac nommé Premier ministre de François Mitterrand, Balladur se voit confier le ministère de l’Economie, des Finances et de la Privatisation. A l’époque du «reaganisme à la française», comme le définissent les historiens, il est à la manœuvre d’une vaste politique de privatisations comme Suez ou la Société Générale. Il obtient alors le prix de «ministre des Finances de l’année» attribué par le FMI. La droite de retour dans l’opposition en 1988, Edouard Balladur retrouve son siège de député de Paris.

A Matignon

Après la victoire de la droite aux législatives de 1993, Edouard Balladur est nommé à Matignon, le 29 mars 1993, pour une nouvelle cohabitation avec François Mitterrand. Dans son gouvernement apparaissent de nouvelles figures comme Nicolas Sarkozy, porte-parole et ministre du Budget ou François Bayrou, ministre de l’Education nationale.

Au cours d'une cohabitation plus apaisée que celle entre François Mitterrand et Jacques Chirac, Edouard Balladur mène une réforme des retraites, mise en place par la loi du 22 juillet 1993. Cette réforme prévoit notamment une «augmentation du nombre d’années de cotisation nécessaires à l’obtention d’une retraite à taux plein (40 ans de cotisation – 160 trimestres – au lieu de 37,5 ans auparavant soit 150 trimestres)». Il poursuit également son œuvre de privatisations, s’attaque au déficit budgétaire et baisse l’impôt sur le revenu.

«Je vous demande de vous arrêter»

Alors qu’il avait conclu un accord avec Jacques Chirac, laissant le maire de Paris se présenter à la présidentielle de 1995, Edouard Balladur se lance aussi dans la compétition. Une candidature vécue par Jacques Chirac comme une trahison entre deux amis «de trente ans», qui va déchirer la droite pour plusieurs années.

Soutenu par l’UDF et par une partie du RPR, dont Charles Pasqua, Edouard Balladur nomme Nicolas Sarkozy porte-parole de sa campagne. Poussé par des sondages qui le donnent largement vainqueur et une côte de popularité montée à 65% d’opinions favorables, Edouard Balladur échoue pourtant dès le premier tour, avec 18,5% des suffrages. Le soir même, appelant à voter pour son ami devenu ennemi, Jacques Chirac, il prononce, devant une salle bruyante, son fameux: «Je vous demande de vous arrêter!»

Redevenu député de Paris en 1995 après la défaite présidentielle, Edouard Balladur va subir de nouvelles déconvenues. Défait aux régionales de 1998 et en course pour l’investiture du RPR pour désigner leur candidat à la maire de Paris, il renonce finalement en mai 2000. Malgré sa réélection à la députation en 2002, il livre à Jean-Louis Debré, un fidèle de Jacques Chirac, une lutte sans merci pour la présidence de l’Assemblée nationale. Il échoue une nouvelle fois.

En 2007, Edouard Balladur ne se représente pas aux élections législatives mais est nommé, dans la foulée de l’élection de Nicolas Sarkozy, président du Comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions. La réforme constitutionnelle de 2008 s’appuie en partie sur les travaux du Comité.

Affaire Karachi

En 2011, l’enquête en cours sur le volet financier de l’Affaire Karachi met en cause de nombreux proches d’Edouard Balladur, comme Nicolas Bazire, son ancien directeur de cabinet ou Alexandre Galdin. L’enquête a également révélé qu’en 1995, le Conseil constitutionnel doutait de ses comptes de campagnes.



[modifier] Ses opinions

  • 35 heures

«Moi je suis pour les 35 heures, c’est l’évolution normale des choses. Et puis même un jour moins sans doute. Mais le problème est de savoir si cela doit être obligatoire et automatique pour tout le monde. Et là, c’est un vrai critère de distinction entre la droite et la gauche.» Interview dans l’émission Tout le monde en parle, en mars 2000

  • Economie

«La situation est inquiétante, un endettement de plus de 1600 milliards d'euros, soit plus de 80% de la richesse annuelle produite; chaque année le budget consacre environ 50 milliards au remboursement des seuls intérêts de la dette, soit l'équivalent de l'impôt sur le revenu. Notre dette étant financée en majorité par des capitaux internationaux, nous dépendons des taux d'intérêt que nous imposent les marchés financiers, ce qui nous rend très vulnérables. La réduction de notre endettement dépend de la diminution des déficits, ce qui est une action de longue haleine. Nous devons trouver le moyen de nous désendetter plus rapidement. Pour y parvenir, je propose la création d'une caisse d'amortissement de la dette, alimentée par l'épargne privée nationale.» Interview au Figaro, le 24 février 2011

  • Europe

«L'Europe à 27 est vouée à la confusion à et l'échec. Elle souffre de défauts que le traité de Lisbonne n'a pas corrigés…… Que faire ? Revenir sur le principe de la libre circulation, ériger de nouvelles barrières ? Il faut discuter d'un meilleur contrôle aux frontières de l'Union ; à l'intérieur, je ne vois pas comment la liberté totale de circulation pourra entrer en vigueur en 2013. C'est un problème que la divergence des régimes sociaux et juridiques rend difficile à résoudre rapidement. En attendant, la sagesse commande de repousser tout élargissement de l'Europe à 27 comme de la zone euro.», Interview au Monde, le 25 septembre 2010

  • Réforme des institutions

«Ce qui a été retenu est en tout cas ce qui était essentiel à mes yeux, à savoir une limitation des pouvoirs du président de la République, un renforcement de ceux du Parlement et, ne l'oublions pas, une progression des droits des citoyens. Dire que la révision constitutionnelle crée une monocratie présidentielle est tout simplement une absurdité.» Interview au Figaro, le 22 juillet 2008

«Je persiste à penser qu'il faudra rapidement parvenir à une limitation plus stricte du cumul des mandats. Ne serait-ce que par la pratique.» Interview au Figaro, le 22 juillet 2008

  • Relations Internationales

«Sur la Tunisie, comme sur l'Égypte, pas plus que n'importe quel autre pays en Europe ou en Amérique nous n'avons bien perçu les attentes des peuples ni compris leur besoin de liberté, comme s'ils n'avaient le choix qu'entre la dictature et l'islamisme. Nous avons tous été pris de court. Raison de plus pour en tirer aujourd'hui les leçons, et favoriser la naissance de démocraties véritables. Mais, de façon plus générale, la politique étrangère de notre pays a obtenu des résultats importants, qu'il s'agisse de lutter contre la crise économique, de fortifier la cohésion de la zone euro, de prendre conscience de l'émergence de grands pays, d'organiser le multilatéralisme et la concertation mondiale au sein du G20. Sur tous ces points l'action de notre pays a été novatrice et comprise comme telle.» Interview au Figaro, le 24 février 2011

  • Religion

«La France est un pays de tradition catholique qui, l'histoire en témoigne, a eu du mal à accepter la diversité religieuse. Il faut prendre acte de celle-ci et s'en tenir à trois principes: il n'est pas question de remettre en cause la liberté de chacun de pratiquer sa religion; il doit pouvoir le faire dans des conditions décentes, ce qui signifie qu'il faut éviter les prières sur la voie publique. Il est donc normal que l'on donne aux musulmans les moyens de construire des lieux de culte où se réunir.» Interview au Figaro, le 24 février 2011


[modifier] Ses publications

  • L’Arbre de mai, Paris, Atelier Marcel Jullian, 1979
  • Je crois en l'homme plus qu'en l'État, Paris, Flammarion, 1987
  • Passion et longueur de temps, Paris, Fayard, 1989, avec Jean-Pierre Elkabbach
  • Douze lettres aux Français trop tranquilles, Paris, Fayard, 1990
  • Des Modes et des convictions, Paris, Fayard, 1992
  • Dictionnaire de la réforme, Paris, Fayard, 1992
  • Deux ans à Matignon, Paris, Plon, 1995
  • Caractère de la France, Paris, Plon, 1997
  • L’Avenir de la différence, Paris, Plon, 1999
  • Renaissance de la droite, Paris, Plon, 2000
  • Les Aventuriers de l'histoire, Paris, Plon, 2001
  • Jeanne d'Arc et la France, le mythe du sauveur, Paris, Fayard, 2003
  • La fin de l'illusion jacobine, Paris, Fayard, 2005
  • Machiavel en démocratie. Mécanique du pouvoir, Paris, Fayard, 2006
  • L'Europe autrement, Paris, Fayard, 2006
  • Laissons de Gaulle en paix !, Paris, Fayard, 2006
  • Pour une union occidentale entre l'Europe et les États-Unis, Paris, Fayard, 2007
  • Une Ve République plus démocratique, Paris, Fayard, 2008
  • Le Pouvoir ne se partage pas : Conversations avec François Mitterrand, Fayard, 2009


[modifier] Son réseau

Les «amis de 30 ans»

Edouard Balladur a rencontré Jacques Chirac lorsqu’il opérait comme secrétaire-général adjoint de l’Elysée sous Georges Pompidou. Remis sur le devant de la scène politique grâce au maire de Paris qui le fit entrer comme ministre d’Etat sous la première cohabitation, Edouard Balladur et Jacques Chirac ont ensuite reconquis le pouvoir ensemble en 1993. C’est alors qu’ils nouent un pacte. «C'est là que s'est élaborée notre stratégie, affirme Bernard Pons. Avec Séguin, Charles Pasqua et Alain Juppé, nous sommes les notaires du pacte qui prévoyait qu'Edouard irait à Matignon pour que Chirac puisse se consacrer à la préparation de sa campagne pour l'Elysée. J'ai plusieurs fois entendu Balladur dire explicitement - comme il l'a écrit dans Le Monde- que le Premier ministre ne devrait pas être présidentiable.»

Mais le Premier ministre décide de briguer l’Elysée contre son ami, qui se sent trahi. Leur rivalité a provoqué une césure au sein de la droite, divisée entre balladuriens et chiraquiens. Une scission qui persiste jusqu'aux années 2010 au travers de l’Affaire Karachi et de la rivalité entre Nicolas Sarkozy, disciple d’Edouard Balladur, et Dominique de Villepin, fidèle de Jacques Chirac.

Présenté à Alain Minc via Bernard-Henri Lévy, Edouard Balladur s’était adjoint pour la campagne de 1995 de celui qui est devenu [http://www.lepost.fr/article/2010/05/18/2078457_alain-minc-les-conseillers-de-l-elysee-n-existent-pas-pour-moi.html conseiller de l’actuel chef de l’Etat.

La Balladur connexion

Le volet financier de l’enquête sur l’Affaire Karachi a mis en lumière les «réseaux Balladur». Aujourd’hui, les plus proches collaborateurs d’Edouard Balladur entre 1993 et 1995 occupent des fonctions stratégiques. Nicolas Bazire, son ancien directeur de cabinet à Matignon et aujourd’hui numéro 2 du groupe LVMH, présenté à Balladur par Jean-Marie Messier, a été placé le 21 septembre 2011 en garde à vue dans le cadre de l’enquête autour de l’Affaire Karachi. Patrick Suet, aujourd’hui secrétaire général de la Société Générale fut son directeur adjoint de cabinet. Son ancien chef de cabinet, Pierre Mongin, après avoir été directeur de cabinet de Dominique de Villepin à Matignon, est désormais directeur général de la RATP.

Les politiques

De la rivalité entre lui et Jacques Chirac restent certaines fidélités. Nicolas Sarkozy bien sûr, mais aussi ses anciens ministres comme Charles Pasqua, Gérard Longuet ou François Léotard.

Ses anciens collaborateurs parlementaires ont également percé par la suite. Si Philippe Goujon, député-maire du XVe arrondissement de Paris (la circonscription d’Edouard Balladur) et patron de la fédération UMP de Paris est aujourd’hui au premier plan de la bataille de la droite parisienne, Georges Tron, quant à lui, a du quitter le gouvernement de Nicolas Sarkozy en mai 2011, accusé d’agression sexuelle.

Xavier Musca, secrétaire général de l’Elysée de Nicolas Sarkozy depuis février 2011, fut conseiller de Balladur à Matignon où il travailla à la mise en place du traité de Maastricht.


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