Eric Woerth
- Date de naissance:
29 janvier 1965
- Lieu de naissance:
Creil (Oise)
- Situation familiale:
Marié (Florence Henry). Deux enfants
- Poste actuel:
- Maire de Chantilly
- Député de la quatrième circonscription de l'Oise
[modifier] Pourquoi il compte
Trésorier de l’UMP pendant une quinzaine d’années, Eric Woerth a longtemps été l’homme de confiance de Nicolas Sarkozy, présenté comme sérieux et discret. Il a été un des piliers de la majorité présidentielle avant de se retrouver impliqué dans l’affaire Bettencourt et dans celle de la vente de l’hippodrome de Compiègne. Le maire de Chantilly et député de l’Oise pourrait comparaitre devant la Cour de Justice de la République pour «prise illégale d’intérêts» concernant l’affaire de l’hippodrome de Compiègne.
Impopulaire, il incarne aujourd’hui une image négative pour l’Élysée, celle de la corruption et de la collusion des genres.
Il reviendra sûrement malgré lui sur le devant de la scène politique lors des présidentielles, et pourrait alors avoir un impact négatif pour la campagne de la droite. Ses détracteurs ne manqueront pas de rappeler le rôle qu’il a joué lors de la dernière campagne de l’actuel président: trésorier de l’UMP.
[modifier] Son parcours
Né le 29 janvier à Creil dans l’Oise, Eric Woerth grandit en partie à Chantilly. Son père est médecin du travail. Après un bac éco, il fait une licence en droit privé à Assas puis intègre Sciences Po (Promo 1977) et HEC Paris (promo 1981) ou il rencontre sa futur femme Florence Henry.
Débuts dans le privé
Eric Woerth commence sa carrière dans le privé en tant que consultant chez Arthur Andersen International, où il est conseiller juridique et fiscal de 1981 à 1982. De 1982 à 1985, il occupe le poste de chef de mission au service d’audit interne à la direction financière du groupe industriel Péchiney. De 1985 à 1986 il devient responsable des opérations et négociations financières à la direction financière.
Membre du RPR depuis 1981, Il se présente aux municipales de Creil en 1983 mais est battu en par le maire sortant Jean Anciant (PS). Il quitte alors Creil pour Chantilly.
En 1986, Eric Woerth intègre la toute nouvelle agence pour le développement de l’Oise (ADO) alors présidée par Jean-François Mancel, conseiller général de l’Oise et député RPR de l’Oise. Il gravit rapidement les échelons et dirige l’agence jusqu’en 1990. Son adjointe est alors Louise-Yvonne Casetta, qui sera condamnée en 2005 dans l’affaire des marchés publics d'Île-de-France.
En 1991 et en 1992, la chambre régionale des comptes de Picardie rend un rapport final sur l’ADO qu’elle épingle pour gestion dispendieuse. Elle lui reproche également des actions dont «intérêt pour le cadre de l’action économique du département est souvent discutable». A l’époque, l’ADO, qui existe depuis 1986, exécute des missions pour le compte du département de l’Oise en échange desquelles elle reçoit des subventions du conseil général. Ces subventions représentent 80% de ses ressources totales. Parmi les dépenses pointés du doigt par la chambre: l’augmentation du salaire d’Eric Woerth (+44% entre 1987 et 1989), un audit de 36.760 euros réalisé par le Cabinet Bossard Consultants «de qualité extrêmement médiocre» et de peu d’utilité pour l’ADO.
De 1990 à 1993, Eric Woerth prend la direction du département conseil aux collectivités locales chez ce même cabinet de conseil.
Ascension politique
Le 26 janvier 1990, le conseil d’État annule l’élection d’Eric Woerth au conseil municipal de Chantilly pour incompatibilité avec sa fonction de directeur général de l’ADO. Craignant d’être déclaré inéligible au conseil régional dont il était aussi membre, Eric Woerth informe le président de l’ADO de sa démission dès février. Suite «aux excellent résultats de l’ADO sous sa direction», le président lui octroie une prime de fin de contrat de 175.000 francs, soit cinq mois de salaire.
En 1992, Eric Woerth est élu conseiller régional RPR de Picardie. Un an plus tard, Jacques Chirac le nomme directeur financier et administratif du RPR. En 1995, Jacques Chirac le nome trésorier de sa campagne présidentielle. La même année, il est élu maire de Chantilly face au centriste Philippe Courboin. Après la victoire de Jacques Chirac en 1996, Alain Juppé, alors premier ministre, promeut Eric Woerth au poste conseiller parlementaire à Matignon. Il occupera ce poste jusqu'en 1997.
Après la défaite de la droite aux législatives de 1997, Eric Woerth retourne travailler chez Arthur Andersen en tant que directeur associé. C’est lors de la revente de l’entreprise en 2002 qu’il interrompt définitivement sa carrière dans le privé pour assumer la direction financière de la campagne présidentielle de Jacques Chirac.
Après l’élection de ce dernier, Eric Woerth occupe la fonction de Trésorier à l’UMP et devient député de l’Oise. Toujours en 2002, il décide de créer «Le Club de la Boussole», un groupe de réflexion politique rassemblant des députés fidèles à Jacques Chirac et à Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre.
Le Club accueille une trentaine de députés UMP «réformistes». Eric Woerth est en effet membre des Réformateurs, le courant libéral de l’UMP qui s’organise jusqu’en 2006 autour d’Hervé Novelli et Jean-Pierre Georges. Plusieurs membres du Club de la Boussole, dont Eric Woerth (ou encore Marie-Anne Montchamp), seront nommés dans le troisième gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Eric Woerth occupera la fonction de Secrétaire d'État de la réforme de l'État de mars 2004 à mai 2005, date de l’arrivée de Dominique de Villepin à Matignon. Après son éviction du gouvernement, il soutient Nicolas Sarkozy, ennemi déclaré de Dominique de Villepin, et devient son trésorier de campagne durant l’élection de 2007.
Fin 2004, Nicolas Sarkozy réfléchit à «l'organisation des présidentielles». Peu de temps après, il demande à Eric Woerth de monter «une structure dédiée à la collecte de l'argent auprès des plus grandes fortunes». Eric Woerth crée alors le «Cercle France» et le «Premier cercle», deux clubs dont les droits d’entrée pour les contributeurs s'échelonnent respectivement de 300 à 3.000 euros et de 3.000 à 7.500 euros. Le Club de la boussole, dirigé depuis 2004 par François Cornut-Gentille (UMP), député de Haute-Marne, s’efforce de mettre en valeur les mesures adoptées par Nicolas Sarkozy.
En mai 2007, Eric Woerth est nommé ministre du Budget par François Fillon. Il est également réélu député mais décide de céder sa place à Christian Patria, son suppléant. Le 23 juin 2009, le portefeuille de la Réforme de l’État est ajouté à son ministère. En fonction, le ministre fait de la lutte contre l’évasion fiscale et contre les fraudes à la sécurité sociale ses principaux chantiers. En août 2009, il dit détenir 3.000 noms de citoyens français soupçonnés d’évasion fiscale en Suisse. L’évasion fiscale, un sujet qui revient sur le devant de la scène un an plus tard lorsque la presse révèle que sa femme Florence Woerth est peut-être complice d’évasions fiscales opérées par l’héritière de l’Oréal, Lilianne Bettencourt.
En 2010, la majorité perd les élections régionales, ce qui pousse le chef de l’état à opérer un remaniement ministériel. Eric Woerth, passionné d’alpinisme, continue son ascension politique et remplace Xavier Darcos au Ministère du travail de la Solidarité et de la Fonction publique. Une fonction qui fait de lui le principal négociateur de la réforme du système des retraites avec les partenaires sociaux.
Affaires Bettencourt et de l'hippodrome de Compiègne
Mais plusieurs affaires de «conflits d’intérêts» viennent rapidement entacher ses actions. L’affaire Woerth-Bettencourt éclate en juin 2010 lorsque Médiapart publie des documents où il est question d’évasion fiscale de la part de Liliane Bettencourt ainsi que de jeu d’influence avec l’Élysée.
Les faits remontent à 2007, date où Eric Woerth est ministre du Budget et trésorier de l’UMP. En juillet de la même année, la femme d’Eric Woerth, Florence Woerth, a été engagée par la société Clymène, gérant une partie du patrimoine financier de Lilianne Bettencourt. La société est dirigée par Patrice de Maistre, pour qui Eric Woerth demande la légion d’honneur auprès de Nicolas Sarkozy en 2007. Même si dans un premier temps le ministre et trésorier de l’UMP est soutenu par les membres du gouvernement, plusieurs voix de la majorité, cherchant à sortir de cet imbroglio politico-financier, lui suggèrent rapidement de mettre fin à sa double casquette. Le 13 juillet, sur «conseil» de Nicolas Sarkozy, il annonce sa démission de son poste de trésorier de l’UMP. Dominique Dord, ancien employé de l’Oréal et membre du Club de la la Boussole, le remplacera fin août 2010.
Quant à Florence Woerth, elle démissionne de son poste de directrice des investissements de Clymène fin juin 2010.
Une autre affaire surgit en juillet. Le Canard Enchainé et Marianne affirment qu’Eric Woerth aurait donné son feu vert à la vente d’une parcelle de la forêt de Compiègne à une société hippique pour un «prix d’ami». Eric Woerth conteste vivement cette version de l’affaire, affirmant qu'il ne connaissait pas l'acheteur et que l'opération a été validée par Matignon.
Affaibli par ces scandales et par les mouvements sociaux refusant la réforme du système des retraites, le ministre porte son projet devant le parlement le 7 septembre 2010 dans des conditions difficiles. Nicolas Sarkozy choisit de ne pas reconduire Eric Woerth lors du remaniement de novembre 2010. Quelques jours après son éviction du gouvernement, sept personnalités socialistes dont Jean-Louis Bianco, Jean Glavany, Henri Emmanuelli dépose une plainte contre X en vue d’annuler la vente de l’hippodrome de Compiègne.
Le 14 décembre 2010, Eric Woerth retrouve les bancs de l’assemblée en redevenant député de la quatrième circonscription de l’Oise.
Depuis le 13 janvier, la Cour de Justice de la République une enquête a été ouverte pour «prise illégale d’intérêts».
[modifier] Ses opinions
- Affaire Bettencourt
«Est-ce que j'ai une tête à couvrir la fraude fiscale?» 20minutes, juin 2010.
«Il n'y a aucune confusion d'aucune sorte entre ce que fait mon épouse et ce que je faisais comme ministre du Budget.»
«J'ai été le premier ministre du Budget à autant agir contre la fraude fiscale!» Lemonde.fr, juin 2010.
«Pourquoi voulez-vous que je démissionne? Ça ne m'a jamais effleuré.» Lepoint.fr, juin 2010.
«J'ai fait comme de multiples députés, c'était d'une grande banalité tout cela. Je n'ai jamais dit que (la lettre) n'avait pas existé, personne n'a dit qu'elle n'avait pas existé. Vous en retirez des conséquences fausses.» RMC, septembre 2010, concernant la demande par Eric Woerth de la remise de la légion d’honneur à Patrice de Maistre.
«Je n'en veux à personne.» L'Express.fr, octobre 2010.
- Affaire de l’hippodrome de Compiègne
«Je m'attendais à plus d'appuis de la part de François Fillon et de François Baroin. Je pensais que l'Etat assumerait sa politique immobilière. (...) Pourquoi François se tait-il ? Pourquoi monsieur Baroin, qui est le responsable des ventes immobilières de l'Etat, ne dit rien ? (...) Baroin ne fait que de la com. Fillon ne veut pas se mouiller. Ce sont des édredons.» L'Express.fr, janvier 2011.
- Politique
«J'ai participé à la manifestation de soutien à de Gaulle le 30 mai 1968.» Challenges.fr
«La réforme des retraites, c'est moi.» L'Express.fr, octobre 2010.
«Si le président me propose derevenir au gouvernement, je reviendrai, et puis s'il ne me le propose pas, je n'y reviendrai pas.» Msn News, décembre 2010.
«J'ai bien l'intention de participer à la campagne électorale et de revenir aux responsabilités.» L'actualité francaise, janvier 2011.
[modifier] Ses publications
- Le Duc d'Aumale : l'étonnant destin d'un prince collectionneur en collaboration avec Alain Decaux, 2006
- Chantilly et Noyon dans l'histoire, 2001, avant-propos du livre de Jean-Paul Besse
[modifier] Son réseau
Membre actif du RPR/ UMP depuis près de vingt ans, le réseau d’Eric Woerth est vaste.
Il a été le conseiller parlementaire d’Alain Juppé de 1995 à 1997. C’est également un proche de Jacques Chirac pour qui il a travaillé en 2002 à 2005. Avant d’être impliqué dans des affaires présumées de conflits d’intérêt, il a été pendant des années l’homme de confiance de Nicolas Sarkozy.
Eric Woerth a également beaucoup de connaissance parmi les anciens d’Arthur Anderson. On peut citer Vincent Talvas, un de ses plus anciens collaborateurs et aujourd’hui directeur des affaires publiques chez SFR depuis décembre 2010. L’homme a été successivement directeur administratif et financier de l'UMP (recruté en 2002 par Eric Woerth), adjoint au trésorier UMP de la campagne présidentielle en 2007, adjoint d’Eric Woerth en 2007 lorsque ce dernier est nommé ministre du Budget, promu conseiller spécial en 2010.
Le réseau d’Arthur Anderson compte également René Proglio (actuel PDG de Morgan Stanley France et frère d’Henri Proglio, EDF Véolia), Michel Léger (président de BDO-France) et Christian Chochon parmi ses membres fondateurs.
Toujours chez Arthur Andersen, Eric Woerth a travaillé avec Frank Riester, aujourd’hui député UMP. Autre député UMP, Jean-François Mancel, a été le président de l’ADO lorsqu’Eric Woerth y travaillait. Jean-Francois Mancel a été condamné en 2005 pour conflits d’intérêts.
Finalement, les députés qui se sont joints au Club de la Boussole, crée par Eric Woerth en 2002, peuvent être considérés comme plus ou moins proche du député.
Voici une liste non-exhaustive de ces membres, datant de 2007-2008: Jérôme Bignon (Somme), Yves Bur (Bas-Rhin), Olivier Carré (Loiret), Philippe Cochet (Rhône), François Cornut-Gentille (Haute-Marne), Sophie Delong (Haute-Marne), Bernard Depierre (Côte d'Or), Marie-Hélène Des Esgaulx (Gironde), Nicolas Dhuicq (Aube), Michel Diefenbacher (Lot-et- Garonne), Daniel Fasquelle (Pas de Calais), Guy Geoffroy (Seine-et-Marne), Alain Gest (Somme), Claude Greff (Indre-et-Loire), Jean-Claude Guibal (Alpes Maritimes), Marc Laffineur (Maine-et-Loire), Charles de la Verpillière (Ain), Jean Leonetti (Alpes-maritimes), Alain Marty (Moselle), Alain Mathis (Aube), Damien Meslot (Territoire de Belfort), Pierre Morel-à-L'Huissier (Lozère), Michel Piron (Maine-et-Loire), Didier Quentin (Charente-maritime), Jacques Rémiller (Isère), Michèle Tabarot (Alpes-maritimes), Guy Teissier (Bouches du Rhône), Philippe Vitel (Var), Jean-Luc Warsmann (Ardennes), Nathalie Kosciusko-Morizet, Xavier Bertrand.



