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Photo: Frédéric Péchenard, REUTERS/Jacky Naegelen

Frédéric Péchenard


  • Date de naissance:

12 mars 1957


  • Lieu de naissance:

Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine)


  • Situation familiale:

Marié. Deux enfants


  • Poste actuel:


  • Sites et blogs:

à compléter

Pourquoi il compte

Ce pur-produit de la police judiciaire parisienne est indissociable de Nicolas Sarkozy, son ami d’enfance, à qui il doit en grande partie son ascension fulgurante jusqu’au sommet de la police nationale. Les deux hommes ont une admiration réciproque et il se dit «homme de droite, sarkozyste de coeur, pas commissaire de droite».

Professionnel reconnu et «flic dans l'âme», il ne cache pas sa nostalgie de son passage à la tête de la brigade criminelle, la fameuse «Crim'».

Son parcours

Héritier d’une famille d’industriels ardennais, fils unique d’un couple d’avocats d’affaires, il grandit dans un hôtel particulier du 17e arrondissement de Paris. Attiré par l’armée, il fait son service militaire dans les parachutistes mais se dirige finalement vers l’université Paris 2 Panthéon-Assas, où il obtient une maîtrise de droit. Il opte alors pour la carrière de commissaire de police, qu’il entame en 1981 en intégrant l’Ecole nationale supérieure de police de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or.

Chef du commissariat de Chaillot à Paris en 1983 et 1984, il prend la tête de l'unité de recherches de la 2e division de police judiciaire de Paris jusqu’en 1988, puis celle de la brigade des stupéfiants et du proxénétisme jusqu’en 1990. Après la direction de la section anti-terroriste de la brigade criminelle, il est nommé en 1991 chef adjoint de la brigade de recherches et d'intervention, dite aussi «Antigang».

Son parcours sans faute se poursuit en tant que chef adjoint de la brigade criminelle entre 1994 et 1996, avant son arrivée à la tête de la brigade de répression du banditisme, où il participe à la moralisation de la gestion des indicateurs de police. En 2000, il est propulsé au poste prestigieux de chef de la brigade criminelle. A la Crim’, il va diriger l’enquête sur la tuerie de la mairie de Nanterre et surtout être confronté en mars 2002 au suicide de l’auteur de la tuerie, Richard Durn, dans les locaux de garde à vue. Il s’attend alors à être sanctionné mais fait front et défend ses hommes, s’attirant un grand respect de leur part. En janvier 2003, ce fervent partisan de la police technique et scientifique élucide l’affaire du bagagiste de Roissy, piégé avec des explosifs dans sa voiture, qui reste à ses yeux «l’enquête criminelle parfaite».

En 2003, promu par son ami Nicolas Sarkozy, il devient sous-directeur des affaires économiques et financières, où sont regroupés les services sensibles de la police judiciaire financière, dont la brigade financière. Devenu contrôleur général des services actifs de la police nationale en 2004, il traite des dossiers Jean-Paul Huchon, Jean-Marie Messier, Charles Pasqua, Jean-Charles Marchiani ou encore Clearstream.

En 2006, il devient directeur des services actifs de la préfecture de police de Paris, chargé de la direction régionale de la police judiciaire. En 2007, il quitte le mythique 36 quai des Orfèvres pour rejoindre le ministère de l’Intérieur, où il hérite du poste de directeur général de la police nationale. Il est le premier policier de l’après-guerre dans ces fonctions, ordinairement dévolues à un préfet issu de l’Ena. A la tête des près de 150.000 policiers de France, il pilote notamment le rapprochement des renseignement généraux et de la direction de la surveillance du territoire, qui aboutit à la naissance de la direction centrale du renseignement intérieur. En 2009, il est nommé préfet hors cadre et reste dans ses fonctions.

En 2010, son nom circule dans l’affaire des «fadettes du Monde». Il est soupçonné de couvrir Nicolas Sarkozy dans le cadre d’une enquête sur des fuites menée par la direction centrale du renseignement intérieur, en pleine affaire Woerth-Bettencourt.

Il se retrouve également exposé lorsque Le Parisien révèle qu’il serait intervenu en février 2009 pour éviter des poursuites judiciaires à l’encontre de son fils. Âgé de 16 ans à l’époque des faits, celui-ci avait été interpellé sur son scooter à Paris pour état d’ivresse et outrage à agent.

Ses opinions

  • Politique

Il se dit «homme de droite, sarkozyste de cœur, pas commissaire de droite». (Libération, 24 mai 2007)

  • Sur l'affaire des «fadettes du Monde»

«Pourquoi voulez-vous qu'un service officiel vole des ordinateurs de journalistes ? Pourquoi prendre un tel risque politique ? (...) Cette accusation me scandalise aussi à titre personnel. Ma proximité avec Nicolas Sarkozy ne signifie pas que je suis prêt à tout pour conserver mon poste. Si demain Martine Aubry est élue, elle nommera à ma place quelqu'un en qui elle a confiance et tout le monde trouvera cela normal. Je suis le directeur de la police républicaine, pas le chef des barbouzes.» (L’Express, 10 novembre 2010)

  • Justice

«Non seulement elle est attentatoire à la liberté individuelle, mais elle impose à l'enquêteur une foule de contraintes procédurales qui le détournent de ses investigations. (...) Quant à faire du nombre de gardes à vue un indicateur de résultat, il faut en abandonner définitivement l'idée.» (Le Monde, 8 avril 2010)

  • Sécurité

«Nous avons des indications sérieuses, émanant de renseignements fiables, nous disant qu'il y a un risque d'attentat important. (...) Nous avons actuellement un pic de menace qui est incontestable. A l'heure où je vous parle, il y a une menace spécifique contre les intérêts français.»(Europe 1, 22 septembre 2010)

Ses publications

  • Piège pour un flic, roman, 2004
  • Gardien de la Paix, autobiographique, 2007

Son réseau

Cet ancien scout est passé par le Polo Club Bagatelle, rendez-vous de la bourgeoisie de l’ouest parisien. Il a grandi dans la même rue Fortuny que Nicolas Sarkozy. Leurs mères partageaient la profession d’avocate et buvaient le thé ensemble. Il dit avoir conservé «une vraie tendresse» pour la mère du président de la République.

Après l’avoir perdu de vue, il a renoué avec Nicolas Sarkozy en 2002, lorsque celui-ci est devenu ministre de l’Intérieur. Impressionné par le «courage» de Nicolas Sarkozy en 1993 lors de la prise d’otages à Neuilly et par «sa capacité à piger les problèmes» lors de son arrivée place Beauvau, il ne cache pas ses liens avec son ami d’enfance et reconnaît qu’«il est évident que, sans lui, je ne serais pas là où je me trouve». Nicolas Sarkozy l’a fait chevalier de la Légion d’honneur en 2003, le présentant comme «le plus brillant de sa génération».

Son étiquette sarkozyste a retardé son arrivée à la tête de la police judiciaire parisienne, où ni Jacques Chirac ni Dominique de Villepin n’ont voulu le placer en 2004.

En 2010, dans l’affaire de l’interpellation de son fils, il reçoit le soutien des principaux syndicats policiers et du secrétaire national de l’UMP chargé de la sécurité Eric Ciotti, qui le présente comme «un grand policier, un grand flic, un grand patron de la police nationale».

En 2003, Libération le présente comme «militant du conservateur Syndicat des commissaires» et «chiraquien sur les bords».

Le directeur central de la police judiciaire Christian Lothion, le directeur central du renseignement intérieur Bernard Squarcini, le directeur des services actifs de la police nationale Jacques Fournier et le chef du service de coopération technique internationale Emile Pérez ont été nommés sous sa recommandation.

Il est par ailleurs enseignant associé à l’Ecole nationale supérieure de la police et à l’Institut de criminologie de l’Université Paris 2 Panthéon-Assas.

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