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Henri Guaino


  • Date de naissance:

11 mars 1957


  • Lieu de naissance:

Arles (Bouches-du-Rhônes)


  • Situation familiale:

Trois enfants (Magali, Alexandre, Louis)


  • Poste actuel:
    • Conseiller spécial de Nicolas Sarkozy
    • Conseiller maître de la cour des comptes.

Pourquoi il compte

Henri Guaino est la plume des discours de Nicolas Sarkozy. Avec Claude Guéant, ils sont les plus proches conseillers du président de la République et influencent les orientations que prend le Président. Proche de Philippe Séguin, il défend l’image d’un gaullisme social. Il a rédigé tous les discours du candidat Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007, dont le discours de Toulouse en 2007 faisant référence à l’héritage de Jean Jaurès. C’est lui qui a poussé le prétendant à l’Elysée à adopter une attitude moins atlantiste pour ouvrir à tous l’électorat potentiel de l’UMP et au-delà.

Il est aussi l’un des inspirateur de «L'Union pour la Méditerranée», le grand projet du Président Nicolas Sarkozy qui consisterait à rassembler les états du pourtour méditerranéen sous le modèle de l’Union Européenne. Il en est le chargé de mission depuis 2008. C’est sous cette casquette qu’il est intervenu sur les évènements en Tunisie et en Egypte pour fustiger l’incapacité des diplomates français sur place à prévoir ce qui allait se passer, concédant mi-janvier 2011, la «maladresse» de la diplomatie française sur ces dossiers.

Son parcours

Né dans une famille modeste, il ne connaît pas son père. Henri Guaino est élevé par sa mère et sa grand-mère. Après être passé par le lycée Ampère à Arles, il fait des études d’Histoire à la Sorbonne et obtient une licence. Il entre ensuite à Sciences Po dont il sort diplômé à l’âge de 21 ans. Il tente alors le concours de l’ENA par trois fois, mais échoue à chaque tentative. Il s’engage alors dans un DEA de politique économique à l’Université Paris Dauphine, dont il sort diplômé.

A 27 ans, il commence sa carrière en tant qu’économiste au Crédit Lyonnais, où il reste jusqu’en 1986. En 1984, il est chargé de mission à la direction du Trésor au ministère des Finances et secrétaire général du Club de Paris, un groupe de créanciers publics. En parallèle, il donne des cours à l’Ecole Supérieur de Commerce de Paris et à l’Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud. Il devient maître de conférence à Sciences Po en 1987 et reste à ce poste jusqu’en 2003.

Gaulliste convaincu, il entre d’abord au cabinet de Robert Poujade, alors maire de Dijon. Il rencontre alors Franck Borotra, secrétaire général adjoint et porte-parole du RPR entre 1986 et 1988. Ce sont les premiers pas d’Henri Guaino dans le réseau du duo Philippe Séguin et Charles Pasqua.

Il sera surtout séduit par le premier. Tout deux méditerranéens, tout deux amoureux des belles lettres et des beaux mots, tout deux passionnés d’Histoire, tout deux gaullistes: ni gauche, ni droite, mais la France et sa République... l’association des deux hommes allait de soi. Une relation qui le fait entrer définitivement dans le sérail de la politique française.

En 1992, il est le directeur de campagne des «nonistes» du RPR au traité de Maastricht. C’est Philippe Séguin qui le nomme à ce poste. Il est d’ailleurs à l’origine du célèbre discours de Philippe Séguin, prononcé contre le traité européen. En 1993, le même Séguin, alors président de l’Assemblée Nationale le choisit comme son conseiller. L’année suivante Henri Guaino entre au ministère de l’Intérieur, alors dirigé par Charles Pasqua, au poste de conseiller technique. Il y reste deux années. Il se détourne de Charles Pasqua, lorsque ce dernier se rapproche de Philippe de Villiers, au milieu des années 1990. Il retourne alors auprès de Philippe Séguin pour préparer la campagne présidentielle de Jacques Chirac en 1995.

Suite à la victoire de Jacques Chirac, il est nommé commisaire au plan entre 1995 et 1998. Il doit démissionner suite à la publication d’un rapport sur le chômage non conforme aux prévisions du gouvernement Lionel Jospin, arrivé suite à la victoire de la gauche lors des législatives de 1997.

Lorsque Philippe Séguin brigue la mairie de Paris en 2001, Henri Guaino, pour le soutenir, se présente dans le 5e arrondissement contre Jean Tiberi. Il n’obtient que 9,6% des suffrages contre 40% pour son adversaire. Après cette défaite, il tente de prendre la tête d’EDF, mais sans succès. Une «traversée du désert» qu’il mettra sur le compte de Jacques Chirac.

Entre 2000 et 2008, il est chroniqueur dans les quotidiens, Les Echos et La Croix. Il revient en politique en 2006, et cette fois, il apparaît au côté du ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy. Son but, faire gagner le candidat UMP à la présidentielle 2007. L’idée est de rassembler autant d’électeurs possibles, et ne pas montrer le visage d’une droite dure, atlantiste et communautariste.

Lors de la campagne, l’autre G de l’Elysée, Claude Guéant se risque à modifier un passage d’un discours rédigé par Henri Guaino. Réaction immédiate, il dépose une lettre de démission à Cécilia Sarkozy, alors femme du candidat. Il faudra l’intervention du futur président pour le calmer et le convaincre de rester dans son équipe de campagne. Après la victoire en 2007 de Nicolas Sarkozy, il est nommé conseiller spécial à l’Elysée.

L’idée de faire lire à tours les élèves le 22 octobre 2007, la lettre d’adieu de Guy Môquet, c’est lui. Durant la campagne présidentielle, la référence à Jean Jaurès durant discours de Toulouse en 2007, c’est encore lui. Il a été aussi l’un des artisans de la politique d’ouverture gouvernementale à gauche, tant critiquée dans les rangs de la majorité que de l’opposition.

En plus de son poste de conseiller spécial à l’Elysée, Henri Guaino est aussi chef de la mission interministérielle pour le projet de la Méditerranée depuis novembre 2008. Il fréquente aussi la cour des comptes comme conseiller-maître depuis septembre 2006, une institution, dont le président a été Philippe Séguin à partir de 2004 jusqu’à sa mort en 2010.

Ses opinions

  • Aux funérailles de Philippe Séguin

«Il avait une passion charnelle pour cette République du mérite si française, qui donnait à chacun de ceux qui n'avaient rien au départ de la vie la possibilité de devenir quelqu'un. C'est quelque chose qui, moi, m'a profondément touché, bouleversé.»

«Quand on voit cette unanimité, on se dit que peut-être tout cela a servi à quelque chose, peut-être qu'il va en rester une grande leçon de politique et de morale.»

«De temps en temps, il était déprimé par la politique quotidienne. Il me disait : Ah, vous et moi, nous sommes nés trop tard. Il finissait par se reprendre et par repartir au combat.»

«Ça a été des combats fantastiques, je pense à Maastricht, mais je pense aussi à la lutte contre la pensée unique ou à cette extraordinaire formule qu'il avait eue un jour, le Munich social , contre ceux qui trouvaient qu'il fallait s'adapter au chômage de masse.»

«S'il a servi de figure exemplaire, s'il a été une leçon vivante de ce que pouvaient être le service de l'État, l'amour de son pays, l'amour de la République, alors tout ce qu'il a fait aura servi à quelque chose.»

  • A propos Nicolas Sarkozy

«La principale différence entre Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac est que le nouveau Président croit que la politique peut changer le monde.»

  • A propos de Jacques Chirac

«Il est vrai que je dois quelques années de traversée du désert à Jacques Chirac

  • A propos de Lionel Jospin

«La France, ce n’est ni la droite, ni la gauche. Ce sont les Français, tous les Français. Lionel Jospin ne l’a jamais compris. Je l’ai toujours considéré comme un sectaire clanique...»

  • Sur le gaullisme et l’Europe

«L’Europe actuelle se construit dans la négation des Nations et des démocraties nationales, alors que les pères fondateurs l’avaient conçue comme l’expression d’une volonté politique suprême. Une Europe qui va contre les Nations est vouée à l’échec. Dans ces conditions, la France doit faire valoir son point de vue avec force.»

Ses publications

  • L'Etrange renoncement, Albin Michel, 1998.
  • La France est-elle soluble dans l'Europe ? (en coll. avec Daniel Cohn-Bendit), Albin Michel, 1999.
  • La Sottise des modernes, Plon, 2002.

Son réseau

Henri Guaino n’est pas seulement la plume des discours du président de la République, il est devenu un proche de Nicolas Sarkozy. Et en tant que conseiller spécial à l’Elysée, il côtoie et peut compter parmi ses relations personnelles les différents conseillers du palais passés et présents : Claude Guéant, Alain Minc, Raymond Soubie, Olivier Marleix, Jean-Michel Goudard, Jean-David Levitte... Il forme avec Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée, le couple de confiance du Président.

Il est aussi amené à entretenir des liens étroits avec les membres du gouvernement. Il a ainsi défendu en 2009 Brice Hortefeux, à l’époque ministre de l’Immigration et l’Identité nationale et actuel ministre de l’Intérieur, accusé d’avoir tenu des propos racistes.

Son poste de conseiller-maître à la cour des comptes lui permet d’exercer auprès des autres membres de l’institution de droite comme de gauche, notamment le successeur de Philippe Séguin comme président de la cour, Didier Migaud. Il dispose ainsi d’un oeil sur les dossiers qui sont traités au sein l’organe de surveillance des comptes publics.

Il compte aussi parmi ses relations des personnes du secteur privé comme les patrons, Henri Sagnial, ou encore Jean-Claude Seys de l’assurance MAAF, où Henri Guaino a exercé entre 1990 et 1993.

Il a aussi des contacts dans le monde de la presse, ayant été chroniqueur dans Les Echos et à La Croix. Il est d’ailleurs de la même promotion 1978 que Nicolas Beytout, actuel directeur du groupe Les Echos.

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