Jacques Attali
- Date de naissance:
1er novembre 1943
- Lieu de naissance:
Alger (Algérie Française)
- Situation familiale:
Marié, deux enfants
- Poste actuel:
- Président de PlaNet Finance
- Président de Attali & Associés
- Cofondateur de Slate.fr
Pourquoi il compte
Selon le Magazine Foreign Policy, il est l’«un des cent intellectuels les plus importants du monde».
Jacques Attali est une personnalité inclassable. Influent dans le milieu politique, celui que l’on surnommait le «sherpa» de François Mitterrand est aussi un intellectuel auteur de nombreux essais et romans. Il est éditorialiste pour le magazine l’Express et pour Slate.fr.
Il est à la tête de PlaNet Finance, une association à but non lucratif présente dans 60 pays qui finance, conseille et forme 10.000 institutions de microfinance. Son influence s’étend à la sphère économique et financière.
Jacques Attali a soutenu la candidature de François Hollande lors de la primaire socialiste «pour sa capacité à rassembler» puis pendant la campagne présidentielle de 2012, expliquant que celui-ci «incarne les valeurs auxquelles» il s'est toujours référé.
Son parcours
Jacques Attali naît en 1943 à Alger. Ses parents sont tous deux d’origine modeste.[1] A l’âge de 13 ans, il quitte l’Algérie, soit deux ans après le début de la guerre et n’y retournera qu’en 1981, en visite officielle avec le président Mitterrand. Son père, commerçant en parfumerie, s’installe alors avec toute la famille à Paris, dans le XVIème arrondissement. Jacques Attali fréquente le lycée Janson de Sailly. Il prend très tôt le goût de la lecture, un goût hérité de son père.[2] Il poursuit de brillantes études et sort major de Polytechnique à 20 ans. Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, il intègre l’ENA dont, il sort 3ème de sa promotion, la même année que Philippe Séguin et Louis Schweitzer.
Les années Mitterrand
Il rejoint l’Institut de recherche et d’information en sciences économiques (IRIS) en 1973 sur la proposition de l’économiste Marc Guillaume, qui a crée l’institut la même année. Il va y participer durant sept ans à des travaux de recherche. L’IRIS, dont il est alors codirecteur, est à cette époque un véritable laboratoire d’idées pour le projet économique du Parti Socialiste et la lutte contre les inégalités.
Jacques Attali rencontre pour la première fois François Mitterrand en 1966. Mais ce qu’il appelle «coup de foudre intellectuel» n’arrive que plus tard en 1973.Il devient alors son collaborateur le plus proche pendant plus de vingt ans. La relation qui unit les deux hommes est complexe.[3]
Il est d'abord son conseiller au Parti socialiste de 1976 à 1979 puis le suit à l'Élysée après la victoire de 1981. A l’Elysée, il occupe le «bureau d’à côté».[4] «Je le représentais dans une cinquantaine d’organisations internationales, j’assistais au conseil des ministres, au conseil de défense. Personne n’était plus proche, personne n’a fait cela dans l’histoire.»[5], explique-t-il. Il aiguille le président dans ses décisions.
Dans sa biographie de Mitterrand, Jean Lacouture définit l’influence de Jacques Attali en ces termes: «(son) influence s’exerça presque constamment dans le sens du réalisme et de la mesure - du fait notamment de son réseau de relations et de sa connaissance des échanges et des rapports de forces mondiaux, qui lui faisaient bien apprécier les possibilités d’action de la France face à ses partenaires, malintentionnés; du fait aussi d’une proximité avec le président qui ne lui inspirait pas forcément un juste diagnostic des intentions de son chef de file, mais le dotait des moyens de connaître les composantes de ses décisions...»[6]
Ses d’idées
En 1979, il participe à la fondation de l'ONG internationale Action internationale contre la faim, aujourd'hui connue sous le nom d'Action contre la faim (ACF). L’idée lui vient au cours d’une discussion au sujet de la situation en Somalie avec Marco Panella, député européen italien[6]. Ensemble, ils décident d’agir. Jacques Attali propose alors la création d’une association. Mais en 1981, il rejoint François Mitterrand à l’Elysée et quitte ACF.
De 1981 à 1990 il exerce simultanément les fonctions de professeur, écrivain, conseiller d’Etat honoraire, et conseiller spécial auprès du Président de la République.
Durant ces années, Jacques Attali réfléchit à l’influence des nouvelles technologies sur la société contemporaine.[7] Avec Yves Stourdzé, sociologue, il fonde le CESTA (Centre d’Etudes des systèmes et technologies avancées). En 1985, le Cesta publie un document intitulé Eurêka, la Renaissance technologique de l’Europe qui présente un programme de coopération scientifique européenne civile. En 1986, François Mitterrand débloque un milliard de francs pour le soutien aux projets Eurêka, dont l’objectif est de mettre en rapport des entreprises, des centres de recherche et des universités, afin de rendre rapidement commercialisable des résultats dans le domaine de la recherche et du développement.
En 1988, il s’envole au sein d’une mission d’experts, chargée d’étudier la maitrise des grands fleuves au Bangladesh.[8] A son retour, il veut absolument mettre en place une aide financière. Ce qu’il fait un an plus tard en lançant un programme d’aide internationale aux inondations.
La BERD
La même année, profondément européen, il propose à François Mitterrand la création d’un Banque européenne pour la reconstruction et le développement, suite à la chute du Mur de Berlin. Il fonde la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement à Londres, qu’il préside de 1991 à 1993. Critiqué pour sa mauvaise gestion, il démissionne en 1993. «La situation est claire: il ne me sera plus possible de faire avancer la moindre idée neuve. Et je ne veux pas être l’homme d’une routine, encore moins d’une réduction des ambitions de l’établissement, le moment est venu de passer la main», se souvient-il dans son livre Europe(s).
Il crée alors sa propre société de conseil en finance et d'aide à la création de start-up, Attali et Associés. S’ensuit une période où il multiplie les écrits. Jacques Attali conseille les gouvernements et les organisations internationales, notamment l’ONU en matière de prolifération nucléaire. Il détaille à la fin de son rapport un «plan de la dernière chance». Il préconise de renoncer à l’égalité de traitement des pays et d’en finir avec la non-ingérence dans les affaires intérieures.
PlaNet Finance
En novembre 1997, il pose les bases de son projet PlaNet Finance dans un discours au séminaire de l’Aspen Institute dans le Colorado[9]: «Le problème de la pauvreté dans le monde sera le défi majeur du XXIème siècle(…) Résoudre le problème de la pauvreté signifie permettre à chaque individu d’avoir un niveau de vie supérieur au seuil de dignité défini au niveau international. (…) Le nom d’êtres humains en situation de pauvreté va s’accroître (en valeur absolue si ce n’est en valeur relative) dans les cinquante années à venir… D’où la nécessité d’une réforme des institutions internationales et de la création d’une institution complètement nouvelle: PlaNet Bank.»
Le projet aboutit un an plus tard, avec la fondation de PlaNet Finance, une entreprise de micro-finance, qu’il lance avec l’aide d’un jeune ingénieur de 25 ans, Arnaud Ventura. Aujourd’hui, PlaNet Finance intervient dans 80 pays.
En 2001, Jacques Attali est mis en examen dans le cadre de l’enquête sur des commissions illégales versées lors de ventes d’armes à l’Angola (affaire de l’Angolagate). Il est acquitté le 27 octobre 2009.
En 2007, il est chargé par Nicolas Sarkozy de faire des propositions pour relancer la croissance française. Il fait partie de ces hommes de gauche qui incarnent la rupture, voulue par le président à son arrivée au pouvoir. La Commission pour la libération de la croissance française remettra deux rapports: un premier en 2008 dont l’objectif est d’obtenir un point de croissance supplémentaire, de ramener le taux de chômage à 5 % et de réduire la dette publique, et un deuxième en octobre 2010 intitulé «Une ambition pour dix ans».
Il cultive une passion pour la musique, et a dirigé l’orchestre symphonique universitaire de Grenoble.
2012
Jacques Attali a soutenu la candidature de François Hollande lors de la primaire socialiste «pour sa capacité à rassembler» puis pendant la campagne présidentielle de 2012, expliquant que celui-ci «incarne les valeurs auxquelles» il s'est toujours référé.
Ses opinions
- Economie
«La France ne doit pas avoir de scrupules à relever la TVA», La Tribune, 18 octobre 2010
Sur les inégalités: «seuls les faibles ont le droit d'être impatients», Slate.fr, 9 décembre 2010
«Pour lutter contre la pauvreté, il faut atteindre quatre dimensions: la démocratie, l’ouverture du commerce international, l’usage des nouvelles technologies et la microfinance» La planète Attali p. 99 , Frédérique Jourdaa, Editions du Seuil: 2010
«Cette première crise financière de la mondialisation s’explique très largement par l’incapacité américaine à fournir des salaires décents aux classes moyennes; elle les pousse alors à s’endetter pour financer l’achat de leur logement, entraînant une croissance en valeur des patrimoines et de la production; les institutions financières et les “initiés” qui les animent s’octroient sans aucun contrôle l’essentiel de la richesse ainsi produite sans courir le moindre risque, grâce à la titrisation et à une pseudo-assurance (CDS); ce qui permet, en retour, une croissance de l’endettement qui finit par devenir intolérable et entraîner panique, perte de confiance, et fuite devant toute dette. Voilà qui pourrait déboucher prochainement sur une dépression planétaire ou, au contraire, constituer le point de départ d’une formidable croissance harmonieuse. Celle-ci supposerait la réduction réelle des endettements et non, comme on s’y prépare, leur transfert exclusif sur les contribuables. Elle exige surtout de rééquilibrer à l’échelle de la planète le pouvoir des marchés par celui de la démocratie. Et d’abord celui des marchés financiers par celui du droit, celui des “initiés” par celui des citoyens. Il est encore temps: on peut prévenir une avalanche, non l’arrêter.» La crise, et après?, Éditions Fayard, 2008
- Budget
«Le déficit doit être détruit avant qu'il nous détruise», Slate.fr, 30 octobre 2009
- Santé
«Il faut interdire la production, la distribution et la consommation de tabac.»,sur son blog.
- Retraites
«La réforme des retraites était inévitable, mais elle est injuste.», Grand Jury RTL-Le Figaro, le 31 octobre 2010
- Parti socialiste
«Le PS ne redécollera que quand il sera regroupé derrière un premier secrétaire qui soit aussi candidat à la présidentielle», Rue89, le 26 juin 2008
«La faiblesse du PS nuit fortement à la démocratie» Rue89, le 26 juin 2008
- Internet
«Hadopi est la consécration même de cet ordre culturel purement marchand que vous vouez aux gémonies. Les majors qui, loin des idées reçues, continuent, pour la plupart, de voir leur chiffre d'affaire croître, se voient consolidées dans leur position dominante. C'est la victoire de l'industrie culturelle sur la création artistique, qui, dans l'histoire, ne recevra pas un euro.» (Slate.fr le 9 mai 2009)
«Hadopi c'est l'édification d'un filtrage de la toile par la Haute autorité, créée à cette fin. La mise en place progressive d'un contrôle des échanges en ligne et, à fortiori, la criminalisation d'internet. Casser la liberté de parole, étouffer l'innovation, voilà quels seront ses effets. Déjà, pour les accès wi-fi publics, la loi prévoit un filtrage limité à une «liste blanche» de sites autorisés. Un cloisonnement de la libre pensée, de la libre information, de la libre navigation, en somme.» (Slate.fr le 9 mai 2009)
- Energie
«Dans l’état actuel des connaissances, la mise en place du réseau nucléaire ne garantit absolument pas l’autonomie énergétique, ni même une moins grande dépendance dans les vingt ans qui viennent. Si la France choisit le nucléaire, elle aggrave, au contraire sa dépendance, à l’égard du pétrole, pour trois raisons... Toute la mise en scène actuelle sert essentiellement à légitimer le développement du nucléaire au nom d’un objectif énergétique, alors qu’il sert en fait à produire une demande collective adressées à une méga-économie française particulièrement menacée faute de demande solvable et à des institutions publiques gérant les réseaux d’énergie et crispées sur leur monopole... L’Etat tentera de faire croire que renoncer au nucléaire, c’est se condamner à la pénurie, au chômage, à l’approfondissement de la crise et, au bout du compte, à la guerre pour l’appropriation des sources d’énergie. Dans la logique actuelle, l’industrie nucléaire va sans aucun doute se développer, aggraver la centralisation politique et accentuer la nécessité d’une production d’anxieté par l’appareil d’Etat, sans pour autant régler le problème de l’énergie et rendra plus nécessaire de l’économiser», p. 414 La planète Attali, Frédérique Jourdaa, Editions du Seuil : 2010
Ses publications
Essais
- Analyse économique de la vie politique, PUF, 1973.
- Modèles politiques, PUF, 1974.
- L'Anti-économique (avec Marc Guillaume), PUF, 1975.
- La Parole et l'Outil, PUF, 1976.
- Bruits, PUF, 1977 et Fayard, 2000.
- La Nouvelle Économique française, Flammarion, 1978.
- L'Ordre cannibale, Grasset, 1979.
- Les Trois Mondes, Fayard, 1981.
- Histoires du Temps, Fayard, 1982.
- La Figure de Fraser, Fayard, 1984.
- Au propre et au figuré, Fayard, 1988.
- Lignes d'horizon, Fayard, 1990.
- 1492, Fayard, 1991.
- Économie de l'Apocalypse, Fayard, 1994.
- Chemins de sagesse, Fayard, 1996.
- Mémoires de sabliers, éditions de l'Amateur, 1997.
- Dictionnaire du XXI siècle, Fayard, 1998.
- Fraternités, Fayard, 1999.
- Les Juifs, le monde et l'argent, Fayard, 2002.
- L’homme nomade, Fayard, 2003
- Raison et Foi, BNF, 2004
- La voie Humaine, Fayard, 2004.
- La confrérie des éveillés, Fayard, 2004
- Karl Marx ou l’esprit du monde, Fayard, 2005
- C’était François Mitterrand, Fayard, 2005
- Une brève histoire de l’avenir, Fayard, 2006
- Avenir du travail, Fayard, 2007
- 300 décisions pour changer la France, XO Éditions, 2008
- La crise, et après?, Éditions Fayard, 2008
- Dictionnaire amoureux du Judaïsme - Éditions Plon-Fayard, 2009
- Le sens des choses, Éditions Robert Laffont, 2009
- Survivre aux crises, Éditions Fayard, 2009
- Une brève histoire de l'avenir, Éditions Fayard, 2009
- Sept leçons de vie: Survivre aux crises ,2010
- Tous ruinés dans dix ans? Dette publique: la dernière chance, Fayard, 2010
- Phares. 24 destins, Fayard, 2010
Romans
- La Vie éternelle, Fayard, 1989.
- Le Premier Jour après moi, Fayard, 1990.
- Il viendra, Fayard, 1994.
- Au-delà de nulle part, Fayard, 1997.
- La Femme du menteur, Fayard, 1999.
- Nouv’Elles, 2002
- La Confrérie des Eveillés, Fayard, 2004.
Biographies
- Sigmund Warburg, un homme d'influence, Fayard, 1985.
- Blaise Pascal, ou le génie français, Fayard, 2000.
- Karl Marx ou l’esprit du Monde, Fayard, 2004.
Théâtre
- Les Portes du Ciel, théâtre, Fayard, 1999.
Contes pour enfants
Manuel, 1'enfant-réve (ill. par Philippe Druillet), Stock, 1995.
Mémoires
Verbatim I, Fayard, 1993.
Europe(s), Fayard, 1994.
Verbatim II, Fayard, 1995.
Verbatim III, Favard, 1995.
Son réseau
Il a côtoyé Laurent Fabius[1] et Jean-Louis Bianco[2] sur les bancs du lycée Janson de Sailly puis Louis Schweitzer et Michel Boyon au sein de la promotion Robespierre à l'ENA.
Il s’entoure notamment de jeunes chercheurs comme Erik Orsenna, qu’il rencontre en 1973 au cours d’une réunion au Parti Socialiste.[3] Dans les années 1970 à l’ENA, il est le maître de conférence de Pascal Lamy[4], l’ancien directeur du cabinet de Pierre Mauroy et conseiller de Jacques Delors. Parmi ses élèves, à Polytechnique dans les années 1990, on retrouve Nathalie Kosciuzco Morizet, qui devient par la suite une amie.[5]
Parti socialiste
Sa collaboration avec François Mitterrand lui ouvre les portes du monde politique et économique. Intégré dans le sérail socialiste, il travaille alors avec Jacques Delors[6] ou encore Pierre Mauroy[7]. C’est sur son conseil que François Mitterrand fait appel au jeune couple formé alors par François Hollande et Ségolène Royal. Durant ses années élyséennes, il côtoie Hubert Védrine, avec lequel les débuts difficiles ont fait place à une amitié,[8] Laurent Fabius avec qui il a travaillé sur les questions économiques et qui est devenu un ami, et Jean-Louis Bianco.
Autres
A la fin des années soixante, il croise Antoine Riboud[9], alors PDG du groupe BSN Gervais Danone. A l’ENA, le jeune Attali retrouve l’homme d’affaire, décédé en 2002, qui l’accueille pour un stage. Selon ses propres mots, c’est «l’homme qui (l’) a le plus marqué dans le milieu des affaires à la fin du XXème siècle». [10]
En 1982, il rencontre le chercheur en médecine et «père du génome» Daniel Cohen[11]. Il l’aide à développer son projet de robots biologistes, puis ils deviennent amis.[12]
Il entretient de bons rapports avec l’ancienne Garde des Sceaux, Rachida Dati[13], qui a exercé à la BERD en 1992, au moment où il était encore à sa tête.
Jacques Attali a aussi d’importants contacts à l’étranger qu’il a développé au cours de ces voyages. En visite au Bengladesh, il a notamment rencontré le prix nobel de la paix 2006 Muhammad Yunus[14]. Ce dernier a soutenu la création de PlaNet Finance.
Section à compléter.



