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Photo: CC-BY-NC-SA Stéphane Burlot

Sommaire

Jean-Luc Mélenchon


  • Date de naissance:

19 août 1951


  • Lieu de naissance:

Tanger, Maroc


  • Situation familiale:

à compléter


  • Poste actuel:
    • Député européen du groupe GUE/NGL

Pourquoi il compte

Coprésident du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon était le candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle de 2012.

L'ancien sénateur socialiste a été investi candidat du Front de Gauche, réunissant le Parti de Gauche, le Parti Communiste français et la Gauche Unitaire, après avoir eu la confiance des délégués puis des militants communistes.

Malgré un résultat en deçà des sondages publiés lors des dernières semaines de campagne, Jean-Luc Mélenchon et ses 11,10% de suffrages exprimés pèsent dans la bataille pour le second tour. Il réalise le quatrième meilleur score, se plaçant désormais en arbitre. Il a appelé ses électeurs à voter contre Nicolas Sarkozy.


Son parcours

Jean-Luc Mélenchon est né en 1951 à Tanger, au Maroc, d’un père pied-noir télégraphiste et d’une mère institutrice. Il retourne en France en 1962, un évènement qui l’a beaucoup marqué et qui représente une «faille fondatrice» pour lui. Il débarque d’abord en Normandie avant de s’installer avec sa mère dans le Jura. Il s’engage tôt en politique. En mai 68, il est en première au lycée Rouget de Lisle à Lons-le-Saulnier et débute sa vie de militant. Il organise les grèves de son lycée, «monte sur la table pour haranguer les gens».

Il fait une licence de philosophie à la Faculté des lettres et sciences humaines de Besançon, et s’engage à cette période à l’Unef, dont il deviendra un des représentants nationaux. Il adhère au PS en 1977 après plusieurs années passées dans le mouvement trotskiste de l’Organisation communiste internationaliste, dont est également issu Lionel Jospin. Il se fait repérer l’année suivante par Claude Germont, maire de Massy, dans l’Essonne, qui en fait son directeur de cabinet. Il ne quittera plus le département francilien.

30 ans au PS

Il prend vite du galon au sein du PS local, et devient en 1981 premier secrétaire de la fédération socialiste de l’Essonne, poste qu’il occupera jusqu’en 1986. Il défend alors la politique menée par François Mitterrand. En 1983, il devient adjoint au maire de Massy, toujours auprès de Claude Germon, puis conseiller général de l’Essonne de 1985 à 1992. Il devient sénateur de l’Essonne en 1986, poste auquel il est réélu en 1995.

D’abord mitterrandiste convaincu, il se positionne rapidement à la gauche du PS, et fonde en 1988 le courant Gauche socialiste (GS) avec Julien Dray, un autre jeune élu socialiste de l’Essonne, en opposition à l'«ouverture» voulue par Michel Rocard et aux centristes, qu'il qualifie de «prototypes de l'étouffe-chrétien» et d'«ectoplasmes politiques». Quelques années plus tard, en 1993, il soutiendra le même Rocard dans sa conquête du PS et lors de la campagne pour les européennes de 1994.

Il n’hésite pas à s’opposer à la ligne majoritaire au sein du PS, et refuse en 1997 le poste de secrétaire d'Etat au Logement que lui propose Lionel Jospin, estimant qu’il méritait un poste de ministre. La même année, il est le seul sénateur socialiste à voter contre le traité d’Amsterdam, et reçoit un blâme du PS en 1998 pour avoir voté contre le passage à l’euro. S’il s’oppose à Lionel Jospin au sein du PS, il n’en reste pas moins un admirateur et affiche un soutien sans faille au gouvernement Jospin.

Il intègre finalement le gouvernement socialiste en 2000 au poste de ministre délégué chargé de l’Enseignement professionnel, quittant ainsi son siège de sénateur. Il laissera lors de son passage de deux ans une réforme des CAP, la validation des acquis de l'expérience ou les lycées des métiers.

Après la débâcle de l’élection présidentielle de 2002, il quitte la Gauche socialiste sur fond de tensions avec Julien Dray et fonde avec Henri Emmanuelli le courant Nouveau monde, qui propose un discours ancré à gauche et offensif, hostile à la «dérive libérale du PS» incarnée par Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Ses critiques du bilan de la gauche plurielle et de la direction du PS s’amplifient.

En 2005, il s’oppose activement au projet de Constitution européenne, alors que le PS adoptait majoritairement le «oui», et enchaîne les meetings aux côtés de Marie-Georges Buffet, Olivier Besançenot et José Bové. Son divorce idéologique avec le PS se dessine à cette période.

Le Parti de gauche

Il soutient avec d’autres cadres du PS comme Henri Emmanuelli, Marie Noëlle Lienemann, Marc Dolez, Pierre Larrouturou et Jacques Fleury la motion «Un monde d’avance» menée par Benoît Hamon pour le congrès de Reims en novembre 2008. Mais reconnaissant la victoire de Ségolène Royal, il claque la porte du parti à la veille du congrès et annonce à la surprise de certains de ses collaborateurs le lancement prochain d’un parti avec le député du Nord Marc Dolez.

Mélenchon veut prendre exemple sur l’Allemand Oskar Lafontaine, un ex-ministre social-démocrate qui a quitté le SPD pour créer avec succès le parti de la gauche radicale, die Linke. Lafontaine est d’ailleurs présent le 29 novembre 2008 au lancement officiel du Pari de gauche (PG) en Seine-Saint-Denis, tout comme Clémentine Autain, l’ancien ministre Pierre Joxe ou l’économiste Jacques Généreux.

Le PG s’allie au Parti communiste pour les élections européennes de 2009, formant le Front de gauche. Jean-Luc Mélenchon est candidat tête de liste dans le Sud-Ouest.

En janvier 2011, l'économiste Christophe Ramaux, co-animateur de la commission économie du parti, claque la porte en dénonçant le fonctionnement interne du PG, «un petit groupe discipliné», et sa trop forte personnalisation. Des critiques qui résument «le sentiment de bon nombre de cadres qui sont partis sur la pointe des pieds depuis la création du PG en février 2009», selon la journaliste du Monde Sylvia Zappi.

Candidat à l’investiture du Front de gauche pour l’élection présidentielle de 2012 et soutenu par Pierre Laurent, il est d’abord adoubé par les délégués du Parti communiste français le 5 juin 2011 avant d’êtreinvesti par les militants du parti le 19 juin. Il ne fait pourtant pas l’unanimité au sein du PCF et notamment de Robert Hue, qui annoncera plus tard son soutien au candidat socialiste François Hollande.

Mélenchon et les médias

Très présent dans les médias, et notamment à la télévision, Jean-Luc Mélenchon s’est fait une spécialité de dénoncer le système médiatique et les journalistes avec véhémence. En 2008, lors d’une interview sur Canal +, il demande ainsi le départ de Jean-Marc Sylvestre, journaliste sur TF1 et LCI, qu’il accuse de faire du «catéchisme libéral depuis bientôt dix ans» et «de la propagande».

Dans un documentaire diffusé en octobre 2010, il traite le présentateur de France 2 David Pujadas de «salaud» et de «larbin» pour son interview du délégué CGT-Continental à Clairoix. Des déclarations qui déclenchent une vague de réactions chez certains journalistes.

Quelques jours après la diffusion de cet extrait, il s’emporte contre la journaliste de TF1 Laurence Ferrari, qui lui avait reproché de n’avoir «ni idées ni programme». Quelques jours après l’avoir traité de «perruche», il l’accuse de gagner «1.100.000 euros par an», d’aller «en congé maternité pendant que des maternitantes par centaines sur son propre média n'ont même pas le droit au chômage ni au congé maternité», et de tenir des propos maurassiens.

En janvier 2012, Jean-Luc Mélenchon et son équipe s’en prennent au Petit Journal de Canal+. Arnauld Champremier-Trigano, directeur de la communication de la campagne du candidat du Front de Gauche, accuse l’émission de «tordre la réalité». Une sortie qui a motivé Yann Barthès et son équipe à railler plus encore Mélenchon.


Ses opinions

Défense

«La France n'a rien à faire dans cette guerre américaine. Nos soldats doivent quitter immédiatement l'Afghanistan.» Communique du 20 janvier 2011

Economie

«L’économie française est en perdition pour trois raisons : à l’export, nous payons le prix d’un euro trop fort, en Europe, nous payons le dumping social des pays de l’Est. Quant au marché français, il est victime de la perte de salaires qui oblige les gens à moins consommer. Il faut donc augmenter les salaires – je propose un smic à 1 700 euros brut en début de mandat et 1 700 euros net dans cinq ans – et travailler à réduire les écarts de salaires en Europe. Enfin, créons des visas écologiques et sociaux sur les marchandises que nous importons.» Interview à Direct Matin le 31 janvier 2012

Energie

«Nous devons, à mon avis, d’abord chercher ce qui peut unifier la société autour d’un intérêt général. Ce point de convergence c’est, je crois, la nécessité de sortir des énergies carbonées. (…) Je n’évacue pas les discussions qui traversent la gauche sur ce point du nucléaire. (…) Ma position personnelle à ce sujet est connue. Je suis favorable à une sortie programmée du nucléaire. Si je reviens sur cette conviction personnelle c’est précisément parce qu’elle n’est pas partagée au sein du Front de Gauche dont je suis pourtant le candidat commun. En effet, notre rassemblement regroupe plusieurs points de vue sur ce sujet, à l’image de la gauche et de la France dans son ensemble!» Extrait du Courrier aux candidats de gauche sur la question du nucléaire, le 26 octobre 2011

Europe

«C'est l'anniversaire d'un désastre dont les responsables sont toujours en place. Le Traité de Lisbonne a aggravé la crise en Europe en interdisant toute mesure pour y résister. Interdiction à la BCE de prêter aux Etats. Interdiction de contrôler les mouvements de capitaux. Interdiction de l'harmonisation sociale. Il a organisé les pires abus de dérégulations qui sont autant de failles ouvertes pour la spéculation financière, les abus sociaux et l’impuissance écologique.» Communiqué du 30 novembre 2011

Finances

«C'est plus qu'un diktat, c'est un coup d'État des financiers. Pays après pays, ces agences font tomber les gouvernements, et les banques placent leurs hommes. La politique d'austérité qui est appliquée dans tous les pays d'Europe a pour seul objectif de satisfaire les financiers. Elle conduit à une contraction de l'activité qui va déchaîner le chômage et la récession. Cela va provoquer des désastres sociaux et politiques inouïs. La difficulté à gauche, c'est que François Hollande est sur la ligne Papandréou : céder. Michel Sapin, qui rédige son programme, a reconnu prévoir 50 milliards supplémentaires de suppressions de dépenses publiques. À mes yeux, cette orientation économique est désastreuse pour l'économie et les acquis sociaux.» Interview au Télégramme le 25 novembre 2011

Institutions

«Une révolution, parce qu'elle change les institutions politiques et refonde les droits du souverain, le peuple tout entier, passant par l'abolition de la monarchie présidentielle, le passage à une sixième république qui soit le fait d'une assemblée constituante. Qu'on ne me dise pas qu’on ne peut pas changer la constitution ! Depuis 1958, ils l'ont changée vingt-quatre fois, et, au cours des dix dernières années, dix fois ! Une fois par an, et la dernière n'est même pas finie d'être appliquée. Ce qu'ont en commun, parmi ces vingt-quatre révisions, vingt-deux d’entre elles, c'est qu'elles ont été décisives et faites sans demander l'avis du peuple, par référendum, comme nous nous engageons à le faire.» Meeting de lancement de sa campagne présidentielle le 29 juin 2011

Retraites

«Si nous créons en dix ans autant d’emplois que sous la mandature de Lionel Jospin, nous mettrons presque les comptes à l’équilibre. Quant à dire qu’il faut travailler plus parce que l’espérance de vie augmente, c’est un raisonnement absurde et cruel. Si l’on vit plus longtemps, c’est parce qu’on travaille moins. En Allemagne, dès que l’âge de la retraite a été reculé, l’espérance de vie a diminué.» Interview à Direct Matin le 31 janvier 2012

Sur le PS

«C'est dur de se séparer de sa famille politique, de ses camarades de combat. J'ai toujours gardé ce lien avec les socialistes. Je connais au moins cinq députés socialistes qui s'apprêtent à voter pour moi au premier tour de la présidentielle. Je n'aurais pas été élu dans le grand Sud-Ouest si des milliers d'électeurs socialistes n'avaient pas voté pour moi ! D'une certaine manière, j'appartiens à la famille intellectuelle du socialisme, et la relation reste affective.» Interview dans Marianne le 3 décembre 2011


Ses publications

  • À la conquête du chaos : Pour un nouveau réalisme en politique, Paris, Éditions Denoël, mai 1991
  • Jusqu'à l'os : Pour arrêter, en politique, la machine à se donner des claques, Paris, Éditions Régine Desforges, décembre 1991
  • Rocard, le rendez-vous manqué, Paris, Ramsay, septembre 1994
  • Causes républicaines, Paris, Éditions du Seuil, janvier 2004
  • En quête de gauche : Après la défaite, Éditions Balland, septembre 2007
  • Laïcité : Réplique au discours de Nicolas Sarkozy, chanoine de Latran, Paris, Éditions Bruno Leprince, février 2008
  • L'autre gauche, Paris, Éditions Bruno Leprince, septembre 2009
  • Qu'ils s'en aillent tous ! : Vite, la révolution citoyenne, Paris, Flammarion,octobre 2010



Son réseau

Equipe de campagne

François Delapierre est délégué général du Parti de gauche, codirecteur de campagne du candidat pour la présidentielle et bras droit de Jean-Luc Mélenchon. «Fidèle parmi les fidèles», il s’occupe de la production des argumentaires du parti. «C'est mon fils spirituel. Je lui ai appris à lire et à écrire» dit de lui Mélenchon. Les deux hommes se côtoient notamment en 2005 lors de la campagne pour le «non» au traité constitutionnel au sein de l’association Pour la République sociale (PRS). Également codirecteur de la campagne, Olivier Dartigolles est porte-parole du PCF depuis 2006.

Au sein de son équipe de campagne pour la présidentielle 2012, Arnauld Champremier-Trigano, qui a porté les critiques contre le Petit Journal, occupe la fonction de directeur de la communication.

Parti de gauche

Le député du Nord Marc Dolez est cofondateur du Parti de gauche avec Jean-Luc Mélenchon, les deux hommes sont amis. Le député Jacques Desallangre et le sénateur François Autain rejoignent le Parti de gauche à sa création. La députée et ancienne verte Martine Billard rejoint le PG fin 2009, dont elle devient coprésidente l’année suivante. Secrétaire national du PG, Eric Coquerel est notamment chargé de négocier avec les autres partis du Front de gauche pour Jean-Luc Mélenchon.

Front de gauche

Dans l’association qu’est le Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon a reçu l’appui de plusieurs personnalités communistes dans la course à l’investiture du PCF pour une candidature commune à l’élection présidentielle de 2012. C’est notamment le cas de Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF, d’André Chassaigne et de Clémentine Autain

PS

Il n’a pas gardé de liens étroits avec ses anciens compagnons du PS, où il est pourtant resté 30 ans. Quelques exceptions tout de même: il garde des liens d’amitié avec Julien Dray, avec qui il avait formé le courant Gauche socialiste et qui a fait comme lui sa carrière politique en Essonne, et avec Jean-Christophe Cambadélis, qui a comme lui été membre de l’Organisation Communiste Internationaliste (OCI). Claude Germon l’a découvert alors qu’il débutait sa carrière au PS et est devenu son mentor en le faisant venir à la mairie de Massy.

Franc-maçonnerie

Initié depuis presque trente ans, il fréquente la loge Roger Leray au Grand Orient de France, dont Jean-Francis Dauriac est le président.

International

Il admire les leaders socialistes d’Amérique Latine. Dans ses interventions, Mélenchon se réfère régulièrement à Hugo Chávez, le président vénézuélien et à son homologue bolivien Evo Morales. Ce dernier a envoyé un message où il déclarait son «amitié révolutionnaire et fraternelle» à l’occasion du meeting fondateur du Parti de gauche en 2008.

Oskar Lafontaine, le patron du parti allemand die Linke, dont il s’est inspiré pour fonder le Parti de gauche, était présent lors du meeting fondateur du parti. Les deux hommes ont signé plusieurs déclarations communes et coécrit un livre.

Autres

L’économiste Jacques Généreux, venu du Nouveau parti socialiste d’Henri Emmanuelli, était présent au meeting de lancement du Parti de gauche, qu’il a rejoint en vue des européennes de 2009.


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