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Photo: Sénat

Sommaire

Jean-Vincent Placé


  • Date de naissance:

12 mars 1968


  • Lieu de naissance:

Séoul (Corée du Sud)


  • Situation familiale:
    • Célibataire, pas d'enfant
  • Poste actuel:
    • Sénateur de l'Essonne
    • Président du groupe EELV au Sénat


Pourquoi il compte

Sénateur de l'Essonne depuis le 1er octobre 2011, Jean-Vincent Placé a formé au Sénat le premier groupe parlementaire écologiste de l'histoire de la République, dont il est président.

Président du comité de campagne de l'équipe d'Eva Joly pour la présidentielle 2012, il est le numéro 2 d'Europe Ecologie-Les Verts et le bras droit de Cécile Duflot, dont il a été le directeur de campagne aux régionales de 2010.

Son parcours

Né à Séoul, il est adopté par une famille française à l'âge de sept ans, puis naturalisé deux ans plus tard. Il grandit en Normandie où il poursuit des études d'économie et de droit bancaire.

Après ses diplômes, plutôt que de rejoindre le cabinet d'avocats familial, il devient d'abord auditeur financier. En 2001, après avoir été assistant parlementaire d'Alain Tourret puis chef de cabinet de Michel Crépeau, député-maire radical de gauche de La Rochelle, il quitte ce parti et adhère aux Verts.

L'ascension

En 2002, il commence à gravir les échelons du parti, en entrant au secrétariat exécutif des Verts d'Ile-de-France. Fort de son rôle de délégué aux élections, il tente d'obtenir la présentation de listes autonomes des Verts pour les régionales de 2004. Elles lui sont refusées, et il négocie alors un accord avec le Parti Socialiste.

Elu conseiller régional la même année, il devient président du groupe des Verts au Conseil Régional d'Ile-de-France, puis en 2005 membre du Comité des régions (CDR) de l’Union européenne. A ce titre, il participe aux Commissions ENVE (environnement, changement climatique, énergie) et CIVEX (citoyenneté, gouvernance, affaires institutionnelles et extérieures).

En parallèle, il devient le 30 juin 2008 président-fondateur de Natureparif, agence régionale de la nature et de la biodiversité en Ile-de-France, et première agence de biodiversité en Europe. Il siège encore à ce jour au conseil d'administration en tant que vice-président.

Côté législatives, il contribue au refus d'un accord entre le PS et les Verts lors des élections de 2007, afin de respecter la motion d'orientation du congrès de Bordeaux. Cette action lui coûte une élection potentielle dans la cinquième circonscription de l'Essonne, où il pouvait pourtant compter sur l'appui des socialistes.

Un homme «puissant mais méconnu»

A Lille, le congrès de 2008 le voit élu secrétaire national adjoint des Verts, en compagnie de Cécile Duflot dont il devient véritablement le bras droit. Délégué à l'organisation, aux régions, à la communication interne et aux relations extérieures, il œuvre au projet du parti pour les élections européennes.

Il rejoint le bureau exécutif d'Europe-Ecologie lors de son lancement en vue des élections européennes de 2009. Le succès du rassemblement autour de la seule mouvance écologiste l'encourage à nouveau à prôner la constitution de listes autonomes au premier tour des élections régionales l'année suivante, qui seront un succès. Il dirige alors la campagne de Cécile Duflot en Île-de-France qui réunira 16,58 % de voix au premier tour, puis négocie les fusions d'entre deux tours avec Jean-Paul Huchon et Claude Bartolone. Il devient, le 26 mars 2010, deuxième vice-président de la région Ile-de-France, chargé des transports et des mobilités, puis en mai, vice-président du Syndicat des transports d'Ile-de-France.

En juin 2011, à la suite du congrès EELV de la Rochelle, il devient cette fois conseiller politique de Cécile Duflot, et se lance dans les négociations de l'accord législatif entre EELV et le PS pour l'élection présidentielle. Par ailleurs, il soutient la candidature d'Eva Joly depuis la primaire du parti.

Lors des élections sénatoriales la même année, il présente une liste d'union de la gauche et des écologistes, et décroche le poste de sénateur de l'Essonne, précédemment occupé par Jean-Luc Mélenchon notamment grâce à l'appui des socialistes locaux. Il quitte alors la vice-présidence du conseil régional d'Ile-de-France.

Visant un temps la présidence du Sénat, il se rallie finalement à Jean-Pierre Bel, et, accompagné des neuf autres sénateurs écologistes, crée le premier groupe parlementaire EELV, dont il devient président le 10 janvier 2012.

Les polémiques, le caractère, la nationalité

Longtemps méconnu hors de la sphère écologiste, la présence médiatique de Jean-Vincent Placé a explosé avec les polémiques autour de ses origines ou de ses paroles. Si ses mots parfois abrupts lui ont déjà valu des attaques de la part de Daniel Cohn-Bendit ou la méfiance d'hommes politiques tels que Jean-Luc Mélenchon, elles lui valent aussi une condamnation en justice.

Ainsi, à la mi-juin 2011, lors l'examen par l'Assemblée nationale d'une proposition de loi visant à ouvrir le mariage aux couples homosexuels, Jean-Vincent Placé réagit vivement à une déclaration du député UMP Christian Vanneste, lui aussi connu pour ses phrases choc. «Ce type est infâme, voilà la réalité, il est connu pour ses propos homophobes, racistes, voire antisémites. (...) C'est lamentable.» Il sera par la suite condamné pour diffamation sur une partie des termes employés.

La même année, au mois de septembre, désigné comme «Coréen national» par le député UMP Alain Marleix, Jean-Vincent Placé lui répond d'abord sur Twitter, puis par voie juridique. Il annonce notamment sa volonté porter plainte sur France Inter.

Ses opinions

Ecologie

«L’écologie c’est considérer que le seul moyen de protéger la planète, lutter pour la biodiversité, protéger la nature et l’environnement et préserver les ressources naturelles est de réguler l’économie et lutter contre l ‘ultralibéralisme et l’accumulation permanente du capital et des moyens de production. Cela dans l’objectif permanent d’une harmonie entre la nature et l’humain. Tout cela m’amène à considérer, en effet, qu‘on ne peut être écologiste qu’en étant de gauche. Même si l’inverse n’est pas toujours vrai» (Interview à 20 Minutes le 16 février 2012)

Energie

«Nous sommes pour la sortie nucléaire. Nous pensons d'ailleurs que faire l'EPR de Flamanville, ce serait très contradictoire, y compris quelque part par rapport à l'objectif 75% - 50%, en 2025 la production d'électricité par voie nucléaire (…) parce que pour le coup, nous allons dans ce cadre-là, fermer des centrales, aller vers une autre politique du retraitement, avoir une autre politique aussi sur les déchets, etc, etc... C'est déjà un désastre industriel, (…) parce qu'il ne se vend nulle part ce prototype EPR. D'ailleurs, il ne se construit nulle part parce qu'il ne se construit ni en Finlande, ni à Flamanville. Les coûts sont multipliés par deux, les délais de construction sont multipliés par deux. Quand on voit que même l'Autorité de sécurité nucléaire a suspendu un temps les travaux, tellement la malfaçon était avérée.» (Interview à RTL le 10 novembre 2011)

Institutions

«Nous sommes pour le bicamérisme. Nous voulons que le Sénat représente davantage la réalité des collectivités territoriales, avec un corps de grands électeurs plus représentatifs de la réalité des citoyens français. On veut aussi qu’il participe plus à la confection de la loi. Ça veut dire refuser l'urgence systématique et l'autoritarisme dans le processus législatif. Une des grandes erreurs de la majorité de Gérard Larcher -que je respecte, par ailleurs- est d'avoir été un Sénat godillot, qui a accepté sans coup férir les lois les plus scélérates du gouvernement.» (Interview au JDD)

Sur les modes de scrutin

«Le Sénat a vocation à représenter les régions. D’ailleurs, je pense qu'il faut une représentation significative des territoires ruraux, je ne suis pas de ceux qui demandent la stricte proportionnelle. (...) Je suis aussi pour la suppression de l'élection présidentielle au suffrage universel direct. On assiste à une paupérisation du niveau du débat et à une personnalisation à outrance qui mène à une forme de surmédiatisation.» (Interview au JDD)

Sécurité

«L’évolution du nombre de crimes et délits en matière d’escroqueries et d’infractions économiques et financières est, également, loin d’être satisfaisante. Certaines dépenses sont à la fois inutiles et irresponsables, surtout en temps de crise. Je pense particulièrement à l’investissement massif dans la vidéosurveillance, attentatoire aux libertés publiques. (…) nous prônons une organisation décentralisée de la sécurité publique et une gouvernance locale. Nous souhaitons également un rapprochement entre la police et la gendarmerie, notamment entre les gendarmes mobiles et CRS, ainsi qu’entre le RAID et le GIGN.» (Interview à Videosurveillance-infos.com le 12 décembre 2011)

Ses publications

Section à compléter.

Son réseau

Son mentor s'appelait Michel Crépeau, longtemps député-maire RDG de La Rochelle, édile de l'écologie et premier ministre de l'Environnement de François Mitterrand. C'est faute de trouver une conception similaire de l'écologie à gauche après son décès que Jean-Vincent Placé a rejoint les Verts.

Souvent désigné comme le bras droit de Cécile Duflot, il en a été successivement adjoint au secrétariat national du parti, directeur de campagne et conseiller politique. Il a annoncé qu'il l'aurait soutenue si elle avait décidé de se présenter à la primaire EELV.

Connu pour ses nombreuses amitiés avec les élus socialistes d'Ile-de-France, Jean-Vincent Placé peut notamment compter sur Julien Dray. Au Stade de France, il assiste aux matches de football depuis la loge de Claude Bartolone avec lequel il a composé les fusions d'entre deux tours lors des régionales de 2010. Il travaille aussi régulièrement avec Michel Sapin et ne cache pas son estime pour Martine Aubry.

Dans sa propre mouvance politique, amitiés et relations divergent. Si Denis Baupin, ex-candidat à la Mairie de Paris en 2008, lui porte une admiration sans faille, Daniel Cohn-Bendit, qu'il a un qualifié de son«meilleur attaché de presse», se montre plus virulent à son égard.

Selon Jean-Luc Bennahmias, ancien secrétaire national des Verts qui l'a embauché en 2000 pour lui confier la direction du Cédis, «avec lui, il faut savoir où on va,sinon on se fait bouffer». L'Eurodéputé, passé depuis du côté du Modem ajoute: «Si on l'observe au premier degré, le spectacle est assez irritant. Mais si on comprend le bonhomme, son sens de l'humour et son recul, il devient vraiment intéressant.»


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