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Marine Le Pen
- Date de naissance:
5 août 1968
- Lieu de naissance:
Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine)
- Situation familiale:
Divorcée. Trois enfants. En couple avec Louis Aliot.
- Postes actuels:
- Présidente du Front national depuis le 16 janvier 2011
- Députée européenne depuis 2004
- Conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais depuis 2006
- Sites et blogs:
Son site officiel
Son Twitter
Son Facebook
Pourquoi elle compte
Avec 17,90% des suffrages exprimés le 22 avril 2012, Marine Le Pen, si elle n'accède pas au second tour de l'élection présidentielle, se place en troisième position en battant tous les scores historiques du Front National. Le potentiel report des voix de ses électeurs lui confère un statut d'arbitre inédit pour le duel entre François Hollande et Nicolas Sarkozy.
Marine Le Pen est présidente du Front national depuis le 16 janvier 2011, élue avec 67,5% des voix des militants lors du congrès de Tours. Benjamine des trois filles de Jean-Marie Le Pen, elle a occupé le poste de vice-présidente du FN de 2004 à 2011. Elle est députée européenne depuis 2004.
Directrice de campagne de Jean-Marie Le Pen lors de la présidentielle de 2007, elle s'est employée à «moderniser et dé-diaboliser l'image du Front National», quitte à provoquer les départs des anciens cadres historiques du mouvement (Carl Lang, Roger Holeindre, Bernard Antony...).
A l'occasion de sa prise de contrôle du Front National en 2011, elle a commencé à bénéficier d'une aura médiatique qui s'est traduit par un gain de popularité dans l'opinion publique, inédit pour un représentant de sa famille politique.
Son parcours
Enfance
Marine Le Pen est la dernière fille de Jean-Marie Le Pen et de sa première épouse Pierrette Lalanne. A huit ans, elle échappe à un attentat visant sa famille, un événement qui «marque profondément son enfance». Vingt kilos de dynamite avaient été déposés sur le pallier de l'appartement de la famille Le Pen. «J'entre de plein pied dans la politique, et par sa face la plus violente, la plus cruelle, la plus brutale» écrira t-elle dans son autobiographie, A contre flots en 2006 (Page17)
Études de droit
Marine Le Pen débute son parcours scolaire au lycée public Florent Schmitt de Saint-Cloud en 1977. Elle étudie ensuite le droit à l'université Paris II-Assas, obtient sa Maîtrise en droit (mention carrières judiciaires) en 1990, un DEA en droit pénal et son Certificat d'aptitude à la profession d'avocat (CAPA) en 1991. Elle exerce ensuite la profession d'avocate au barreau de Paris de 1992 en 1998. Période dans laquelle, elle affirme avoir «défendu des étrangers en situation irrégulière» en comparution immédiate devant la 23eme chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris.
Ascension au sein de l’appareil
Marine Le Pen affirme s'être «intéressé à la politique à partir des municipales de 1983 dans le XXeme arrondissement» où elle commence à suivre son père sur le terrain. Militante au Front national depuis 1986, elle est pour la première fois candidate à une élection lors des législatives de 1993.
Parachutée dans le Nord en 1998, elle est élue conseillère régionale sur la liste de Carl Lang avec 17,39% des voix. Deux ans plus tard, elle prend la tête de l'association Génération Le Pen qui a pour objectif de «dédiaboliser» l'image du Front national. Elle apparaît véritablement dans les médias à partir des élections présidentielles de 2002 où son père, Jean-Marie Le Pen parvient à se hisser au second tour. Aux élections législatives de juin 2002, elle se présente dans la 13eme circonscription du Pas-de-Calais. Elle obtient 24% des voix au premier tour et 32% au second.
Au congrès de congrès de Nice en 2003, les cadres historiques du parti tentent de briser son ascension. Marine Le Pen n'arrive qu'en 34e position des élus au comité central du Front national. Mais c'est sans compter sur Jean-Marie Le Pen qui l'intronise vice-présidente du FN et la fait rentrer au sein du comité exécutif du parti malgré la réticence de Bruno Gollnisch et de ses amis.
En 2004, elle revient à Paris. Marine Le Pen se présente d'abord aux régionales où elle obtient 8% des voix au premier tour et 6% au second. Aux Européennes, la liste frontiste obtient 5,39% des voix) : elle siègera au Parlement européen avec son père et Bruno Gollnisch).
En 2005, Marine Le Pen fait une pause de deux mois au sein des instances dirigeantes du parti à la suite d’un nouveau dérapage de son père au sujet de la seconde guerre mondiale. Elle revient faire campagne pour le «non» au référendum sur le Traité constitutionnel européen.
Lors du treizième congrès du Front national en 2007, Marine Le Pen est en nette progression par rapport au congrès de Nice et arrive en seconde position derrière Bruno Gollnisch à l'élection du comité central.
Enracinement local à Hénin-Beaumont
Cette même année, Marine Le Pen cherche un ancrage local et un terrain plus favorable que la région parisienne. Elle jette son dévolu sur le Nord-Pas-de-Calais et décide de s'installer à Hénin-Beaumont. Aux élections législatives de juin 2007, elle se hisse au second tour dans la 14eme circonscription du Nord-Pas-de-Calais mais avec 41% des voix, elle est défaite par le député sortant socialiste Albert Facon.
En juin 2009, la révocation du maire d'Hénin-Beaumont, Gérard Dalongeville provoque de nouvelles élections municipales. En tête au premier tour avec 39% des voix, le FN emmené par Steeve Briois et Marine Le Pen (numéro deux sur la liste) échoue au second tour avec 47% des voix. La vice-présidente du FN considèrera que cette «défaite à un petit goût de victoire». Élue conseillère municipale, Marine Le Pen est contrainte à la démission le 24 février 2011 en raison de la loi sur le non-cumul des mandats mais déclare qu'Hénin-Beaumont continue de rester son lien de résidence.
Elle affirme vouloir systématiser cette stratégie d’ancrage: «Cette méthode, je veux l'exporter (à l'ensemble de la France)».
Aux élections européennes de 2009, elle est réélue député européenne mais dans le Nord-Ouest. Cette décision de s'implémenter dans la circonscription de Carl Lang provoque le départ de celui qu'on surnomme le «gardien du dogme». Lors des élections régionales de 2010, à nouveau candidate dans le Nord-Pas-de-Calais, elle confirme sa bonne implantation à Hénin-Beaumont. Dix-huit candidats du Front national sont élus au conseil régional.
La conquête du Front National
Après la scission avec Bruno Mégret en 1998, l’influence grandissante et les prises de positions «modernistes» prises par Marine au sein de l’appareil frontiste heurtent de nombreux cadres historiques du mouvement. Le FN connaît alors plusieurs vagues de départs sporadiques.
En 2005 : Jacques Bompard, Marie-France Stirbois et Bernard Antony quittent le navire. En 2008, c’est au tour de Carl Lang, Fernand Le Rachinel et Jean-Claude Martinez. En 2011 enfin, c’est l’historique Roger Holeindre qui rend son tablier.
Candidate déclarée à la succession de son père face à un Bruno Gollnish, représentant de la ligne traditionaliste, elle remporte cette élection interne avec 67,65% des voix. Présidente du FN depuis le 16 janvier 2011, celle qu’on surnomme «le clone» rêve d’un nouveau 21 avril. Ainsi lors d’une conférence de presse en septembre 2010, elle résume son ambition et son projet à la tête du FN: «Mon père a créé le parti, il a débroussaillé. Moi, mon objectif, c'est d'arriver au pouvoir.»
La présidentielle de 2012
L'arrivée de Marine Le Pen à la tête du parti de son père scelle aussi sa succession en tant que candidate à l'élection présidentielle.
Si elle œuvre inlassablement à la dé-diabolisation du Front national, Marine Le Pen n'en abandonne pas moins ses techniques de campagne classiques. Accusant les partis majeurs d'empêcher les maires de soutenir sa candidature, elle dépose une question de recours au Conseil constitutionnel demandant l'anonymat des parrainages puis, déboutée, lui apporte finalement les 500 signatures d'élus validant son statut de candidate.
Tout au long de la campagne, elle associe thèmes traditionnels et renouveau du Front national. D'un côté, elle lance la proposition de cesser le remboursement de «l'avortement de confort» par la sécurité sociale, ou la polémique sur l'omniprésence de la viande halal en Île-de-France. De l'autre, elle tente de gagner en crédibilité en présentant un programme économique chiffré fondé sur la sortie de l'euro.
Malgré ces ajustements, l'essentiel de ses interventions lors de la campagne tourne autour de questions de société et d'immigration; elles seront efficaces, jusqu'à récupérer des voix perdues par Jean-Marie Le Pen en 2007 au profit de Nicolas Sarkozy.
L'affaire Mohammed Merah lui offre une tribune au moment où Jean-Luc Mélenchon la menace dans les sondages. Elle accuse les politiques d'immigration menées par les gouvernements précédents d'avoir créé un vivier pour l'islam fondamentaliste, notamment en permettant au Qatar de financer les projets urbains de banlieues françaises.
Score historique
Dès le mois de mai 2011, les sondages la placent entre 14% et 17% des intentions de vote. Le processus de dé-diabolisation invite les électeurs à assumer leur choix plutôt qu’à le freiner, adhérant au discours plutôt que d’en faire un vote de contestation. La candidate elle-même indique viser la barre des 20% des suffrages.
Au soir du 22 avril 2012, elle dépasse le score historique réalisé par son père 10 ans plus tôt. 17,90% des voix qui ne seront pas suffisants pour la propulser au second tour, mais dont l'impact se fait ressentir sur la campagne d'entre-deux-tours de Nicolas Sarkozy. Son électorat s'avère plutôt jeune et diversifié, de l'étudiant au chef d'entreprise en passant par l'ouvrier, dans le Gard ou le Nord-Est. Portée par l'écho de 6,4 millions de bulletins de votes, Marine Le Pen s'auto-déclare «dissidente» puis «première force d'opposition à la gauche»
Entre les deux tours, après le traditionnel défilé FN du 1er mai, elle annonce son intention de voter blanc puis de se concentrer dorénavant sur la campagne pour les législatives.
Marine Le Pen sera candidate le 10 juin 2012 dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, à Hénin-Beaumont, où les électeurs lui ont accordé 35,48% des suffrages le 22 avril 2012. Elle y retrouvera un adversaire déjà affronté six semaines auparavant en la personne de Jean-Luc Mélenchon.
Ses opinions
- Immigration
Fidèle à la ligne tenue par son père, Marine Le Pen considère que l’immigration est le principal problème de la France, dont découlent tous les autres. Elle critique régulièrement «une immigration massive et incontrôlée», estime qu’elle est utilisée pour «peser à la baisse sur les salaires des travailleurs français».
Elle craint le «remplacement pur et simple de la population français» par les immigrés et appelle les «fonctionnaires patriotes» à «organiser» «la résistance».
«Continuer «l'immigration choisie» telle que Nicolas Sarkozy en fait la promotion est véritablement criminel [...] l'immigration sert à peser à la baisse sur les salaires des travailleurs français du fait des enchères à la baisse dont se servent les grands patrons pour générer de plus en plus de bénéfices avec l'accord de nos gouvernants » (Le Monde, 2 février 2010 )
«Je pense qu'il faut supprimer ce droit territorial automatique d'accession à la nationalité». (Le Monde, 2 février 2010)
- Religion
«Nous sommes dans un pays de culture chrétienne et cette culture fait partie intégrante de notre identité nationale. La religion musulmane est récente sur notre territoire, elle doit donc être raisonnable dans ses réclamations et faire en sorte de ne pas choquer le peuple français, ou d'ailleurs le peuple européen». (Le Monde, 2 février 2010)
«Il y a dix ou quinze endroits où de manière régulière un certain nombre de personnes viennent pour accaparer les territoires. Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c’est une occupation du territoire.» (Réunion du Front National à Lyon, le 10 décembre 2010.)
«Le principe de laïcité est essentiel» (Libération, 20 décembre 2010)
- Relations internationales
«Nous avons le droit de critiquer la politique de l'Etat d'Israël, comme celle de tout Etat souverain, sans être taxé d'antisémitisme. Après tout, le Front national a toujours été pro-sioniste et a toujours défendu le droit à l'existence d'Israël» (Interview Haaretz, le 7 janvier 2011)
- Société
«Un grand nombre d’éditorialistes et de journalistes de cette presse (Rivarol et Minute) veulent faire du Front un parti confessionnel où l’avortement serait le sujet principal. Je dis que l’avortement n’est pas un sujet prioritaire pour nos compatriotes aujourd’hui» (Reversus)
«Elle produit un discours moins tranché sur l'abrogation du droit à l'avortement («ce qui reste un drame national»), laissant planer l'idée de ne pas réserver le «salaire parental» aux seules femmes.» Dictionnaire de l'extrême droite P195. Sous la direction d'Erwan Lecoeur.
- Agriculture
Elle prône une renationalisation de la Politique agricole commune, «en promettant plus d'aides directes pour les petits agriculteurs et moins de pouvoir aux "technocrates de Bruxelles» (L'Express)
- Économie
Le 14 décembre 2009, elle intervient au sein du Parlement européen afin de dénoncer «l'échec patent de la libéralisation des échanges depuis trente ans» et prône le «protectionnisme» et «la création d'un nouveau système monétaire international garantissant l'équité des échanges».
Elle dénonce le «mondialisme totalitaire», le Point, 9 décembre 2010.
- Europe
«L'Union européenne est une arnaque commerciale»
Elle défend l'idée d'une sortie groupée de l'euro (Le Monde, 30 avril 2010)
- Sécurité
«Il faut rétablir la double peine à l'égard des délinquants étrangers». (Le Monde, 25 novembre 2009.)
- Justice
«Il faut rétablir la peine de mort pour les trafiquants de drogue».(20 novembre 2010)
Ses publications
- À contre-flots, éd. Jacques Grancher, coll. «Grancher Depot», Paris, 2006,
Son réseau
Premier cercle
Dans le premier cercle des conseillers de Marine Le Pen, on trouve Laurent Ozon issu des milieux écologistes et de la Nouvelle Droite (proche d’Alain de Benoist et d’ Edward Goldsmith au niveau idéologique). Après une entrée surprise au sein du bureau politique du FN lors du congrès de Tours, il est chargé de la formation au sein du mouvement ; mais aussi David Mascré qui a été «chargé de mission au ministère des Affaires étrangères» et qui s’occupe de l’argumentaire et des études au sein du FN.
Parmi ses autres conseillers, on retrouve Philippe Olivier (ancien mégretiste), Philippe Péninque (ex-responsable du GUD), Pascal Erre (ancien fonctionnaire du ministère de l’Economie et des Finances) et Dominique Martin (son directeur de campagne en interne face à Bruno Gollnisch)
Cadres exécutifs
Marine Le Pen s’appuie sur deux anciens cadres mégretistes sur le plan organisationnel. Le plus important d’entre eux, Steeve Briois, responsable de son implémentation à Hénin-Beaumont, est secrétaire général du FN. Le second Bruno Bilde, est son directeur de cabinet, le «superintendant du parti».
Au sein du comité exécutif du FN (le gouvernement du parti), Marine Le Pen a placé tous ses fidèles. Outre son père élu Président d’Honneur, Marine compte surtout sur son conjoint, Louis Aliot en charge du projet. Ce dernier a notamment fondé un think thank frontiste (Idées nations) ainsi qu’un site d’information mariniste (Nations Presse infos). Voir Valeurs actuelles, 6 mai 2010.
Marine Le Pen continue d’entretenir des liens avec l’extrême droite radicale et notamment avec Christian Bouchet, chef de file des nationalistes révolutionnaires. Ce dernier l’avait ardemment soutenue face à Bruno Gollnisch, lors de la campagne interne du FN.



