Pierre Moscovici
- Date de naissance:
16 septembre 1957
- Lieu de naissance:
Paris (15e)
- Poste actuel:
- Ministre de l'Economie, des Finances et du Commerce extérieur (depuis le 16 mai 2012)
- Président de la communauté d’agglomération du Pays-de-Montbéliard
- Situation familiale:
à compléter
- Blogs et sites:
- Son Facebook
- Son Twitter
- Son site internet
- Ses tribunes sur Slate.fr
Pourquoi il compte
Ancien bras-droit de Dominique Strauss-Kahn, son ancien professeur, Pierre Moscovici a longtemps soutenu une candidature du patron du FMI à l'élection présidentielle de 2012. Après l’affaire du Sofitel, le député du Doubs a menacé de se présenter à la primaire socialiste, se voyant comme le successeur de DSK. Un coup de bluff puisqu’il a finalement décidé de rallier François Hollande.
En échange de ce soutien de poids, le député de Corrèze a nommé Moscovici, ancien ministre des Affaires européennes de Lionel Jospin, «coordonnateur» de sa campagne pour la primaire socialiste d'octobre 2011. Un rôle de premier plan qu'il a conservé pour la campagne présidentielle, où il était directeur de campagne de François Hollande. Il conserve un rôle de poids dans les premiers pas du nouveau pouvoir, puisqu'il a été nommé ministre de l'Economie dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault.
Son parcours
Issu d’une famille aisée, fils d’un psychosociologue co-fondateur des Verts, Serge Moscovici, et d’une psychanalyste, Pierre Moscovici a d’abord commencé à militer au sein de la Ligue communiste révolutionnaire d’Alain Krivine.
Avec Jospin
Élève brillant, il obtient deux DEA avant d’entrer à Sciences Po Paris puis à l’ENA. Une promotion Louise Michel où il côtoie Philippe Bas, un ancien secrétaire général de l’Elysée, Jean Mallot, devenu député socialiste ou encore Guillaume Pépy, patron de la SNCF. Il y rencontre surtout Dominique Strauss-Kahn, qui était alors son professeur.
C’est en sortant de l’ENA en 1984, affecté à la Cour des comptes, que Pierre Moscovici quitte la LCR. IL n’adhère au PS que deux ans plus tard. Doué, il entre en 1988 au cabinet de Lionel Jospin, alors ministre de l’Education nationale. «Car le véritable artisan de l’homme politique qu’est aujourd’hui Pierre Moscovici demeure Lionel Jospin», écrivait, en 2006, Le Nouvel Economiste].
Au Congrès de Rennes, en 1990, il devient le plus jeune secrétaire national du Parti socialiste et se voit confier le poste de trésorier en 1992. Lorsque Lionel Jospin accède à Matignon en 1997, il est le benjamin du gouvernement, nommé ministre des Affaires européennes.
Après cinq ans au gouvernement, il est chargé du programme de Lionel Jospin pour la campagne présidentielle 2002 qui voit son champion échouer au premier tour, dépassé par Jean-Marie Le Pen. «J'étais bouleversé, mais pas totalement surpris. Depuis les municipales de 2001, je sentais que l'électorat populaire avait décroché. Nous étions déconnectés des problèmes du peuple», racontait-il au Point en 2007.
Avec DSK
En 2006, il soutient Dominique Strauss-Kahn à la primaire socialiste. Son champion échoue à nouveau mais il commence à devenir ambitieux, tout en soutenant son mentor et grand ami, parti au FMI. «J'ai été lieutenant de Lionel Jospin à trente ans, de Dominique Strauss-Kahn à quarante-cinq. Aujourd'hui, ils ne sont plus actifs au Parti socialiste, dit-il alors. J'ai cinquante ans, c'est le moment d'être libre et de faire ma vie.»
Faire sa vie, c’est d’abord briguer la tête du PS au Congrès de Reims en 2008, régénéré par son élection à la députation dans le Doubs en 2007. Il retire finalement sa candidature et s’allie à la motion de Bertrand Delanoë puis ne donne aucune consigne de vote entre Martine Aubry et Ségolène Royal.
Avec Hollande
En 2009, il lance son propre courant social-démocrate, Besoin de Gauche et prépare une potentielle candidature de Dominique Strauss-Kahn à la Primaire socialiste. Mais après l’affaire du Sofitel, souhaitant représenter la ligne politique strauss-kahnienne tout en faisant monter les enchères, le député du Doubs menace de se présenter à la Primaire socialiste.
Il ne se présente finalement pas et annonce son ralliement à François Hollande, auprès duquel il est nommé «coordonnateur» de la campagne victorieuse pour la Primaire. Un rôle de premier plan qu'il conserve pour la campagne présidentielle, où il obtient le poste de directeur de campagne de François Hollande.
Ses opinions
- Europe
«Notre continent est devenu l’ «homme malade» de l’économie mondiale. Pour inverser cette tendance, nous n’avons pas le choix : il nous faut renforcer la gouvernance et les outils de la politique économique de l’Union.» Préface de l’essai de Daniel Vasseur pour la fondation Jean Jaurès «Le déclin économique de l’Europe et les nouveaux enjeux de la construction européenne».
- Euro
«Il manque des dimensions de l'Euro, ça j'en conviens volontiers: la dimension de la gouvernance économique, la dimension de la gouvernance d'une politique de croissance, d'une politique de relance. Nous devons nous doter de ces outils, nous devons aller plus loin dans l'Europe politique; mais moi, je reste un militant de l'Euro.» RTL le 28 décembre 2010
- Énergie
«Il faut inscrire la transition énergétique dans un cadre de régulation renforcé et de doubler l’investissement dans la maîtrise de la demande et les énergies renouvelables ; or cette exigence constitue également une opportunité : celle de faire de la France l’un des leaders mondiaux en matière d’énergie verte. (…) Mais notre ambition énergétique sera vaine si elle n’est que nationale, elle doit faire l’objet d’une priorité européenne réaffirmée et concrétisée. Plutôt que de débattre indéfiniment de la sortie du nucléaire à l’horizon 2040, 2050 ou 2060, il est proposé de s’engager fermement et précisément pour les quinze prochaines années. C’est-à-dire celles qui relèvent de la responsabilité du prochain président de la République.» Note pour la Fondation Jean Jaurès, le 27 septembre 2011.
Ses publications
- Défaite interdite, Flammarion, mai 2011
- Mission impossible ? Comment la gauche peut gagner en 2012, Le Cherche-Midi, 2009
- Le liquidateur, Hachette Littérature, 2008
- L’Europe est morte, vive l’Europe !, Perrin, 2006
- Dix questions qui fâchent les européens, Perrin, 2004
- Un an après, Grasset, 2003
- L’Europe, une puissance dans la mondialisation, Seuil, 2001
- L'Heure des choix. Pour une économique politique, avec François Hollande, Odile Jacob, 1991
Son réseau
Fidèle de son ami Dominique Strauss-Kahn, qui était son professeur à l’ENA et qu’il a soutenu à la Primaire socialiste de 2006, Pierre Moscovici est, au sein du PS, l’un des principaux représentants des sociaux-démocrates. «Nous ne sommes pas d’accord sur tout mais nos liens sont égalitaires. J’ai de l’estime et de l’admiration pour Dominique Strauss-Kahn, nous avons des rapports fraternels», confiait-il en 2006 au Nouvel Economiste.
Vice-président du Cercle de l’industrie (créé en 1993 par DSK), «un lieu d’échanges autour des grandes entreprises industrielles», Pierre Moscovici a noué des relations avec des grands patrons. Il est également membre de l’élitiste club Le Siècle. Leader du courant Besoin de Gauche, il peut compter sur le soutien des élus et militants de ce mouvement.



