Rachida Dati
- Date de naissance:
27 novembre 1965
- Lieu de naissance:
Saint-Rémy (Saône-et-Loire)
- Situation familiale:
Un enfant (Zohra)
- Postes actuels:
- Député européen depuis 2009
- Maire du 7e arrondissement de Paris depuis 2008
- Avocate
- Sites et blogs:
à compléter
Pourquoi elle compte
Rachida Dati fut l’un des ministres les plus médiatisés de la présidence de Nicolas Sarkozy. Au moment de la campagne présidentielle de 2007 puis durant le début de mandat du président de la République, elle fut très proche de Cécilia Sarkozy ainsi que du président lui-même.
Tombée peu à peu en disgrâce auprès du président, elle est aujourd’hui député européen et maire du 7e arrondissement de Paris. Sa cote de popularité ne cesse de chuter depuis 2007. Elle demeure toutefois un symbole de la présidence de Nicolas Sarkozy. Elle envisage à ce jour de participer aux élections législatives post présidentielle.
Son parcours
Rachida Dati est née en Saône-et-Loire, à Chalon-sur-Saône. Ses parents sont immigrés (père marocain, mère algérienne) et illettrés. Elle est la deuxième d’une fratrie de douze enfants. Rachida Dati suit des cours dans les établissements de la ville. Enfant, elle est élève à l’école Le Devoir, un établissement catholique pour filles. Elle est alors la seule musulmane de l’école. A l'âge de 14 ans, elle vend des produits cosmétiques et est employée de grande surface pour gagner un peu d’argent.
Plus tard, pour payer ses études, elle travaille comme aide soignante en Saône-et-Loire puis en Côte d’Or entre 1984 et 1987. En 1986, elle se fait inviter à une soirée à l’ambassade d’Algérie en France. C'est au cours de la soirée qu’elle rencontre Albin Chalandon, ancien dirigeant d’Elf Aquitaine et alors Garde des Sceaux de Jacques Chirac. Elle va à la rencontre du ministre de la Justice et obtient de lui un rendez-vous. Albin Chalandon deviendra son mentor.
Elle étudie d’abord à l’université de Bourgogne à Dijon (médecine). Elle part ensuite à Paris pour étudier le droit et les sciences économiques aux universités Panthéon-Assas et Paris I Panthéon-Sorbonne. Diplômée d’études universitaires générales en sciences économiques, elle est également titulaire d’une licence et d’une maîtrise en sciences économiques (option gestion d’entreprise) ainsi que d’une maîtrise en droit public. Elle est également ancienne élève de l’Institut Supérieur des Affaires (ISA, affilié à HEC). Ne pouvant se payer ces études, c’est Jean-Luc Lagardère qui lui paie la formation. Elle ne valide toutefois pas sa scolarité. Juste avant la fin de ses études, elle part travailler à Londres.
Elle est ensuite embauchée par le groupe Elf Aquitaine à Paris comme comptable (1987-1990), sur recommandation d’Albin Chalandon. Elle travaille ensuite dans l’audit interne chez Matra (1990-1993). A l’époque, son père l'oblige à se marier à un homme algérien. Elle fait annuler le mariage peu de temps après.
Elle travaille ensuite à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement basée à Londres, aux côtés de Jacques Attali entre 1993 et 1994.
A la rentrée 1994, Simone Veil, alors ministre des Affaires Sociales, lui propose sa première mission politique. Elle a pour travail de convaincre des centaines de jeunes musulmanes qui entrent à l’école d’enlever leur voile.
Sur les conseils d’Albin Chalandon et Simone Veil, Rachida Dati entre en 1994 au ministère de l’Education nationale comme conseiller technique à la direction juridique. Après trois ans, elle choisit de reprendre des études et devient élève à l’Ecole Nationale de la Magistrature (ENM) entre 1997 et 1999.
Elle débute alors une carrière juridique, d’abord comme auditeur de justice au tribunal de grande instance de Bobigny (1998-1999). Elle est ensuite juge commissaire aux procédures collectives au tribunal de grande instance d’Evry (2001-2002).
En 2002, elle est embauchée en tant que conseiller technique en charge de la délinquance par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. C’est Rachida Dati elle-même qui lui présentera une candidature spontanée. En 2004, au sein du même cabinet, elle est promue conseiller.
Elle quitte le ministère et de 2004 à 2005, elle occupe le poste de Directeur général adjoint en charge des marchés publics, des affaires juridiques et des affaires foncières et immobilières au conseil général des Hauts-de-Seine, le fief de Nicolas Sarkozy.
Elle revient à ses côtés (ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire) entre 2005 et 2007 pour travailler sur le projet de loi sur la prévention de la délinquance.
En 2007, elle prend part à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en tant que porte-parole avec Xavier Bertrand. C’est à ce moment là qu’elle se rapproche de Cécilia Sarkozy, la femme du candidat. C'est d'ailleurs cette dernière qui suggéra le nom de Rachida Dati à son mari pour la place de porte-parole. Durant la campagne, le couple Sarkozy vit une période de rupture. Catherine Nay, journaliste chez Europe 1, souligne alors que c’est «la chance de Rachida Dati» qui va faire le lien entre Nicolas Sarkozy et son épouse.
Elle est nommée, après l'élection, Garde des Sceaux du gouvernement Fillon I. Dans l’histoire, elle est le premier ministre de la Justice dont le frère est incarcéré. Elle est par ailleurs le premier ministre de la Justice issu de l’immigration et la troisième femme à ce poste.
En tant que Garde des Sceaux, Rachida Dati travaille sur la réforme de la carte judiciaire, la loi sur les peines plancher et la réforme d’une loi de 1945 sur les mineurs.
Entre l’été 2007 et l’automne 2008, au sein de son ministère, des tensions apparaissent entre la nouvelle ministre et ses conseillers. Michel Dobkine, premier directeur de cabinet, quitte d’ailleurs la place Vendôme en juillet de la même année. On dénombre au total sept départs (dont deux directeurs de cabinet).
Le 23 octobre 2008, Rachida Dati fait face à une première journée d’action des magistrats qui dénoncent, entre autres, les «atteintes à l'institution judiciaire» dont se rend coupable la ministre selon eux. Deux jours plus tôt, Christophe Régnard alors président de l’Union Syndicale des Magistrats (USM), demande à la ministre qu’elle «cesse sa communication permanente». Nicolas Sarkozy commence à la lâcher. Et à l’hiver 2008, le président de la République reçoit les juges opposés à la Garde des Sceaux. «Pour Rachida Dati, c'est un désaveu évident», souligne Michaël Darmont, journaliste spécialiste de la droite en France.
En mars 2008, Rachida Dati remporte la mairie du 7e arrondissement. Sa liste est élue avec 57,69% des voix.
En janvier 2009, elle donne naissance à Zohra. L’identité du père de l’enfant n’aura de cesse d’alimenter les rumeurs.
Sa carrière politique prend un nouveau tournant en 2009. Nicolas Sarkozy la pousse à s’inscrire sur une liste pour l’élection européenne. En cas d’élection, il est prévu qu’elle quitte son ministère. En juin de la même année, la liste UMP de Paris remporte l’élection et Rachida Dati quitte la place Vendôme. Durant la campagne, l’opposition lui reproche d’être trop peu impliquée dans l’élection; son attitude ne fait rien pour démentir ces accusations.
Son implication et son intérêt pour son poste sont une nouvelle fois remis en cause durant son mandat. Elle est à partir de juin 2009 la dernière maire d’arrondissement parisien cumulant une fonction de député européen.
En 2009, elle est au coeur d’une affaire de conflit d'intérêts. Elle possède en effet une entreprise de conseil qu’elle n’a pas déclaré au moment de se prise de fonction au Parlement Européen.
Depuis 2010, elle est inscrite comme avocat au barreau de Paris.
Elle a fondé le Club XXIème siècle, qui prône le partage des expériences professionnelles et fait le lien entre le monde du travail et les jeunes. Elle n'est plus engagée régulièrement dans ce club.
Rachida Dati est parallèlement le symbole de la «peopolisation de la politique». En 2007, Rachida Dati fait la couverture du magazine Paris Match, habillée d’une robe Dior. Dans le magazine, on découvre une série de clichés glamours de la ministre.
Durant l’été de la même année, Rachida Dati passe plusieurs jours de vacances en compagnie de Cécilia et Nicolas Sarkozy.
Ses opinions
- Le lapsus de Rachida Dati, confondant inflation et fellation
«Quand je vois certains fonds d’investissement qui demandent une rentabilité à 20% ou 25%, avec une fellation quasi nulle, en période de crise… Ca veut dire qu’on casse des entreprises.» Interview pour Canal+, septembre 2010.
- Prison
«La prison de 2008, sera moderne et digne. C’est aussi une nouvelle définition de la privation de liberté. On peut purger sa peine hors les murs, avec l’assignation à résidence ou le placement sous bracelet électronique. Il est aussi important que les personnes en attente de jugement soient incarcérées d’une autre manière.» Conférence de presse, juillet 2008.
- Immigration
«La politique d'intégration, ce n'est pas uniquement des contraintes et des sanctions.» Le JDD, septembre 2010.
- Société
Egalité des chances «Il faut une politique réelle de l'égalité des chances. Prenons l'exemple de l'école. Dès 2006, j'avais proposé deux outils: les internats d'excellence et les classes préparatoires intégrées, pour faire accéder aux plus hauts postes de la fonction publique des étudiants méritants mais sans moyens suffisants pour se payer une classe préparatoire. Cela marche très bien. Je regrette que les autres écoles de la haute fonction publique n'aient pas fait la même chose, alors que c'était une demande du président.» Le Parisien, juin 2010.
Ses publications
- Je vous fais juges, en collaboration avec Claude Askolovitch (Broché - 24 octobre 2007)
Son réseau
Albin Chalandon est le premier personnage politique sur la route de Rachida Dati et aussi son mentor. Il est ministre de la Justice lorsqu’ils se rencontrent pour la première fois 1986. Alors qu’Albin Chalandon est impliqué dans une affaire judiciaire, l’affaire Visionex, Rachida Dati aurait demandé, selon le Canard Enchaîné, de clôturer l'enquête.
Rachida Dati rencontre Cécilia Sarkozy lorsqu’elle entre au cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, en 2002. C’est durant la campagne pour la présidentielle 2007 que les deux femmes se rapprochent et deviennent amies. Cécilia Sarkozy déclara d’ailleurs dans Le Nouvel Observateur: «C'est plus qu'une amie, c'est ma soeur. Je ne la lâcherai jamais. Je connais tout d'elle. Elle est de la race des seigneurs.»
Magistrate, Rachida Dati portera la robe auparavant revêtue par Simone Veil. Cette dernière est présente dès les débuts de Rachida Dati en politique. Elle la poussera à entrer à l’Ecole Nationale de la Magistrature. Les deux femmes se rencontrent grâce à Marceau Long, alors au Conseil d’Etat. C’est Simone Veil qui donne à Rachida Dati sa première mission politique en 1994. La statue de cire de Rachida Dati au musée Grévin côtoie d’ailleurs celle de Simone Veil.
Jacques Attali lui offre une opportunité professionnelle pour Londres entre 1993 et 1994 à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.
Jean-Luc Lagardère lui paie sa formation à l’ISA-HEC, d’une valeur de 30.000 euros. Et dans Le Point en avril 2009, elle déclare: «Je ne pourrai pas l'oublier; il m'a donné la main. Non, il a fait plus: il m'a serré la main.»
Rachida Dati est membre du club Le Siècle, un think tank qui «réunit les membres les plus puissants et influents de la classe dirigeante française». On y retrouve Louis Schweitzer, Michel Pébereau, Martine Aubry, Dominique Strauss-Khan, Jean-François Copé, Pascal Lamy ou encore Nicolas Sarkozy.
Rachida Dati est membre de «l'armée pléthorique» de soutien à Jean-François Copé.



