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Photo: Stéphane Pillaud/ Sportissimo

Sommaire

Rama Yade


  • Née Mame Ramatoulaye Yade


  • Date de naissance:

13 décembre 1976


  • Lieu de naissance:

Dakar (Sénégal)


  • Situation familiale:

Mariée (Joseph Zimet, affilié au PS, depuis 2005)



Pourquoi elle compte

Plutôt populaire auprès des Français, elle est appréciée pour son franc-parler et ses prises de position qui détonnent parfois avec celles de son ancien parti, l’UMP. Elle est également connue pour être une fervente militante des droits de l’Homme. Jeune et «noire», elle représente, avec Fadela Amara et Rachida Dati, la diversité sur la scène politique.

En 2012, Nicolas Sarkozy devra compter sur une concurrente de poids. En effet, Rama Yade a annoncé le 8 avril qu'elle quittait l'UMP, par solidarité avec le centriste Jean-Louis Borloo, président du Parti radical, formation dont elle est membre depuis le 15 décembre 2010. Jean-Louis Borloo, un temps pressenti comme candidat à la présidentielle a fait savoir qu'il ne se présenterait pas. Rama Yade a été nommée le 18 octobre 2011 vice-présidente du Parti radical

Son parcours

Née à Dakar en 1976 d’un père professeur d’histoire et diplomate sénégalais (proche du président Léopold Sédar Senghor) et d’une mère professeur de lettres, Rama Yade quitte le Sénégal pour la France en 1987. Elle habite alors à Colombes, dans les Hauts-de-Seine. De confession musulmane, elle est scolarisée dans un collège catholique: l’Institution Jeanne-D’arc de Colombes. En 1990, ses parents divorcent et son père rentre au Sénégal. Rama Yade reste à Colombes avec sa mère et ses quatre sœurs. La jeune fille devient monitrice pour enfants défavorisés au Secours Populaire français.

Bonne élève, Rama Yade entre au lycée Paul Valéry (Paris) pour faire une classe préparatoire hypokhâgne. Après avoir hésité à devenir écrivain, elle décide finalement d’intégrer l’Institut d’études Politiques de Paris et en sort diplômée en 2000.

En 2002, après un stage à la mairie de Paris et à l’Assemblée nationale, Rama Yade est reçue au concours d’administrateur du Sénat. Elle débute alors sa vie professionnelle en tant qu’administratrice à la Commission des Affaires Sociales au Sénat chargée des questions d’emploi, de formation professionnelle et d’Outre-Mer.

En 2005, elle devient détachée auprès de Jean-Pierre Elkabbach, président directeur de la Chaine Parlementaire Public Sénat. Ce dernier la promeut adjointe à la direction des programmes puis directrice de la communication de la chaine.

C’est également en 2005 que la jeune femme rejoint l’UMP. Le 30 août de la même année, Rama Yade (sous le pseudonyme d’Aminata Fall, nom de sa grand mère maternelle) s’indigne dans une tribune que les morts d’un incendie d’un immeuble du 13e arrondissement soient présentés comme des «sans papiers» ou des «Africains» alors qu’ils étaient en situation régulière et de nationalité française pour certains. Cette tribune convaincra Calmann-Levy de lui proposer d'écrire un livre, (qui deviendra Noirs de France).

En 2006, Rama Yade quitte la télévision et réintègre les cadres du Sénat en tant qu’administratrice au sein du service des collectivités territoriales, chargée des aspects sociaux et de la décentralisation. Parallèlement, elle occupe le poste de secrétaire nationale de l’UMP chargée de la francophonie (à partir du 6 mars 2006).

Le 14 janvier 2007, lors du congrès d’investiture de Nicolas Sarkozy, Rama Yade fait un discours où elle fustige le parti socialiste «sans projet, sans idées, sans vision», parle immigration et «minorités visibles», raconte comment elle a découvert Nicolas Sarkozy à 15 ans, lors de la prise d’otage d’une classe de maternelle en 1993 à Neuilly. C’est à partir de ce moment là que les médias commencent à s’intéresser à elle.

A la suite de l’élection de Nicolas Sarkozy, Rama Yade est nommée secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Elle est chargée des affaires étrangères et des Droits de l’Homme. A trente ans, elle est la benjamine du gouvernement de François Fillon et l’un des symboles de la «diversité» promue par Nicolas Sarkozy.

Son franc-parler, lors de l’évacuation de squatteurs ivoiriens à Aubervilliers ou lors du voyage du colonel Kadhafi en décembre 2007 en France, lui vaut de devenir rapidement l’une des personnalités politiques préférées des Français. Elle est cependant régulièrement rappelée à l’ordre par François Fillon et Nicolas Sarkozy.

Conviée personnellement par le chef de l’Etat pour l’accompagner dans son voyage en Chine en novembre 2007, elle apprend par la presse qu’elle ne fait plus partie de la délégation. Eric Decouty et Bruno Jeudy écrivent dans Sarkozy et «ses» femmes qu'elle «a très mal vécu d'avoir été écartée, à la dernière minute, du déplacement en Chine, à la demande, rapporte la rumeur, de Rachida Dati».

En 2008, à l’occasion du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, son ministre de tutelle Bernard Kouchner qualifie «d’erreur» la création d’un secrétaire d’État aux droits de l’Homme. La même année, à la demande de Nicolas Sarkozy et du conseiller général des Hauts-de-Seine Patrick Devedjian, elle se présente à l’élection municipale de Colombes. Sa liste est battue par la liste d’union de gauche de Philippe Sarre. Rama Yade est alors élue conseillère municipale d’opposition.

Au moment des élections européennes de 2009, la jeune secrétaire d’Etat tient tête à Nicolas Sarkozy et refuse de se présenter en tant que candidate d’Île-de-France, de crainte de devoir préférer le parlement de Bruxelles au gouvernement. Le 23 juin 2009, Nicolas Sarkozy la nomme secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Santé et des Sports Roselyne Bachelot. Rama Yade est chargée des Sports et collabore à l’obtention par la France de l’Euro 2016.

Tout au long de sa carrière politique, Rama Yade garde sa liberté de parole. A propos de l’élection de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD en octobre 2009, elle met en garde contre le décalage entre «les élites et les petits». Elle s’illustre également lors de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud en critiquant «le clinquant» de l’hôtel des Bleus, avant que la presse ne révèle que sa propre chambre d’hôtel avait coûté encore plus cher. Elle est rapidement rappelée à l’ordre par sa ministre de tutelle.

Le 29 octobre 2010, Rama Yade critique ouvertement le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy en affirmant «Sarkozy n'est pas un Africain. Moi, je pense que non seulement l'homme africain est entré dans l'histoire, mais il a même été le premier à y entrer, parce que j'en connais la culture. (...) Qu'est-ce que vous voulez que je fasse, que je saute sur la tribune et que je gifle le président de la République? J'y peux rien: c'est le président de la République, c'est le président de tous les Français. C'est eux qui l'ont élu.»

Le 21 mars 2010, Rama Yade est élue conseillère régionale d’Ile-de-France pour le département des Hauts-de-Seine, sur la liste menée par Valérie Pécresse (UMP-NC). Une fois encore, elle s’est opposée au président de la République qui voulait qu’elle se présente dans le Val-d’Oise plutôt que dans les Hauts-de-Seine.

Remplacée par Chantal Jouanno lors du remaniement de novembre 2010, elle refuse le poste de porte-parole de l’UMP et rejoint le Parti Radical de Jean-Louis Borloo le 15 décembre, tout en restant membre de l’UMP.

Le 8 avril 2011, elle annonce son départ de l'UMP, à la suite de la défection de Jean-Louis Borloo, la veille, dans l'émission de télévision «À vous de juger». «C'est une page de l'histoire politique qui se tourne», déclare-t-elle alors. Selon elle, «L'aile gauche de la majorité (...) a besoin d'être entendue, respectée, considérée (...) Il est fondamental de tracer un chemin d'espérance.»

Le 15 juin 2011, elle démissionne de son poste d'ambassadrice de France auprès de l'Unesco. Elle y avait été nommée le 22 décembre 2010. Un peu moins de six mois après cette nomination, elle met fin à ses fonctions pour, explique-t-elle au Monde, «renouer avec une liberté totale». Cette liberté, elle comptait notamment la mettre au service d'une candidature de Jean-Louis Borloo à la présidentielle de 2012, mais ce dernier a annoncé qu'il ne se présenterait pas.

Le 18 octobre 2011, elle est nommée vice-présidente du Parti radical.

Ses opinions

  • Sur la visite du colonel Kadhafi à Paris en 2007

Dans une interview au Parisien, elle déclare: «Notre pays n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort.» Elle reçoit aussitôt une convocation de l'Élysée pour une mise au point et obtient en retour la sympathie des français.

  • Sur le discours de Nicolas Sarkozy sur l’homme africain (discours de Dakar)

A RFI, elle déclare: «Sarkozy n'est pas un Africain. Moi, je pense que non seulement l'homme africain est entré dans l'histoire, mais il a même été le premier à y entrer, parce que j'en connais la culture. (...) Qu'est-ce que vous voulez que je fasse, que je saute sur la tribune et que je gifle le président de la République ? J'y peux rien: c'est le président de la République, c'est le président de tous les Français. C'est eux qui l'ont élu.»

  • Sur sa position politique
    • «Je n’ai été que sarkozyste depuis 2007.»
    • «Mon positionnement, il est à la gauche de l’UMP.»

Un ministre français doit avoir pour «règles» de ne pas «se faire payer des vacances par l’étranger», explique lors d'une émission iTélé-Radio Classique (via 20minutes).

Ses publications

  • Noirs de France, les Nouveaux Neg'marrons, Récit d'un rendez-vous manqué entre la République et les Afro-antillais, Calmann-Lévy, 2007 (ISBN 9782702137611)
  • Les droits de l'homme expliqués aux enfants de 7 à 77 ans, Editions du Seuil, 2008 (ISBN 9782020988292)

Son réseau

En 2006, Rama Yade a été vice-présidente du Club du XXIe siècle qui milite en faveur de la diversité. La même année, elle devient membre du club Averroès qui regroupe des professionnels pour promouvoir les «minorités actives» dans les médias français. Sur son site, elle affiche CAPafrique (think tank sur l’Afrique) et Eklektik comme des sites «amis».

Elle a été la colistière d’André Santini lors de la campagne des régionales dans les Hauts-de-Seine en 2010. Rama Yade est également l’amie de Michel Charasse, ancien socialiste aujourd’hui membre du Conseil constitutionnel. Selon Mediapart, Rama Yade a été assistante parlementaire du député Vert Yves Cochet. En 2005, elle vote Christiane Taubira à la présidentielle. Son franc-parler est apprécié de Daniel Cohn-Bendit, qui souhaitait l’inviter à ses université d’été et affirmait qu’elle «atterrira peut-être à Europe Écologie».

En 2007, son mari Joseph Zimet est conseiller auprès de Jean-Marie Bockel, le secrétaire d’État à la Coopération et à la Francophonie. En 2008, il devient conseiller mémoire au cabinet du secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens combattants (Jean-Marie Bockel). Depuis 2009, Joseph Zimet est adjoint au directeur de la mémoire, du patrimoine et des archives, au secrétariat général pour l’Administration (ministère de la Défense).

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