Vincent Peillon
- Date de naissance:
7 juillet 1960
- Lieu de naissance:
Suresnes (Hauts-de-Seine)
- Poste actuel:
- Ministre de l'Education nationale (depuis le 16 mai 2012)
- Situation familiale:
à compléter
- Blogs et sites:
- Son Facebook
- Son Twitter
- Son site internet
Pourquoi il compte
Soutien de François Hollande pour la Primaire socialiste depuis début juillet 2011 avec l'ensemble de son courant Espoir à Gauche, Vincent Peillon était chargé de la partie «discours, projets, idées» de la campagne du député de Corrèze pour l'investiture PS.
Cet agrégé et docteur en philosophie et député européen a ensuite été chargé du pôle thématique «éducation, jeunesse, enseignement supérieur, recherche» dans l'équipe de campagne présidentielle de François Hollande. Un rôle de «Monsieur Education» qui a logiquement débouché sur sa nomination comme ministre de l'Education dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault.
Son parcours
Né en 1960, Vincent Peillon est issu d’une famille «progressiste de gauche» avec une mère chercheuse et un père banquier communiste.
Agrégé et docteur en philosophie, il a débuté comme professeur en 1984. Il le restera jusqu’en 1997 et son entrée à l’Assemblée nationale. Il sera directeur de recherche au CNRS de 2002 à 2004 où «il poursuit ses travaux sur Ferdinand Buisson et sur les origines de la laïcité et de la philosophie républicaine».
Parallèlement à l’enseignement, Vincent Peillon entame une carrière politique. Introduit par Pierre Moscovici, il commence comme chargé de mission auprès d’Henri Emmanuelli, alors président de l’Assemblée nationale, de 1992 à 1993. Un poste qui lui permet de devenir, en 1993, secrétaire du groupe des experts du Parti socialiste.
Un jeune député qui monte
Rénovateur, il n’hésite pas à présenter une motion dès 1994, au Congrès de Liévin. Fort d’un score de presque 8%, Vincent Peillon entre au Bureau national du Parti socialiste en 1995 où il travaille pour Lionel Jospin, en charge de la rédaction de ses discours de campagne. Outre l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, Vincent Peillon, «intellectuel en politique», a été la plume de Laurent Fabius et de son premier mentor, Henri Emmanuelli.
En 1997, il profite d’une large victoire de la gauche pour se faire élire à la députation dans la Somme. Il se fait alors connaître par son engagement contre le cumul des mandats et en tant que président de la commission parlementaire sur le blanchiment d’argent en Europe. Une commission dont le rapporteur était Arnaud Montebourg, autre jeune élu du Palais Bourbon.
Cette mise en lumière séduit le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, qui lui offre le poste de porte-parole du PS. Vincent Peillon le restera de 2000 à 2002. «C'est le secrétaire national le plus critique envers ses méthodes de fonctionnement que Hollande a choisi pour porter la parole de la Rue de Solferino», écrit alors le Point.
Fondateur du NPS
L’année 2002 est marquée d’une double défaite. Celle de Lionel Jospin le 21 avril et la sienne dans la foulée aux élections législatives. Vincent Peillon –qui démissionne de son poste de porte-parole- décide alors d’œuvre pour une rénovation du Parti socialiste et signe, avec Julien Dray et Arnaud Montebourg une tribune dans Libération intitulée : «Pour un nouveau Parti socialiste». Associés à Benoît Hamon, les trois signataires fondent quelques mois plus tard un nouveau courant socialiste, le Nouveau Parti Socialiste (NPS).
Sans mandat, en 2004, troisième sur la liste PS de la circonscription Nord-Ouest pour les élections européennes, il est élu député européen. En 2005, il fait campagne pour le «non» au référendum sur le traité constitutionnel européen. Suite au Congrès du Mans qui suit la victoire du «non», le NPS se scinde : Vincent Peillon, Henri Emmanuelli et Benoît Hamon, entre autres, votent la synthèse tandis qu’Arnaud Montebourg s’abstient. Ce dernier quittera le NPS.
Avec et sans Ségolène Royal
Dès 2006, à la différence d’Henri Emmanuelli, Vincent Peillon soutient Ségolène Royal dans sa quête à l’investiture socialiste pour l’élection présidentielle de 2007. Après la victoire de Royal à la primaire du PS, Vincent Peillon devient l’un des trois porte-paroles de la candidate.
Malgré la défaite de sa championne face à Nicolas Sarkozy, il présente la motion «L’Espoir à gauche, fier(e)s d’être socialistes» au Congrès de Reims qui doit élire un nouveau premier secrétaire au PS, aux côtés de personnalités telles que François Rebsamen, Ségolène Royal, Gérard Collomb, Aurélie Filippetti ou encore Manuel Valls. Malgré un score de 29,08 % au premier tour, c'est finalement Martine Aubry qui est élue première secrétaire du Parti socialiste face à Ségolène Royal.
En compagnie de François Rebsamen, Vincent Peillon –qui s’éloigne de Ségolène Royal- transforme sa motion en un courant, «L’Espoir à Gauche» en 2009.
La même année, l’élu du Nord est parachuté par Martine Aubry comme tête de liste PS dans le Sud-Est pour les élections européennes. «Un crève-cœur» pour Vincent Peillon qui est réélu au Parlement européen malgré un score décevant, devancé par Europe Ecologie et l’UMP.
Clash avec France 2
En 2010, Vincent Peillon a annulé au dernier moment une émission où il devait débattre avec Eric Besson sur le plateau de France 2 de la politique d’immigration en France, qualifiant l’émission de «dérive indigne et inacceptable». La chaîne a répliqué, critiquant une «méthode de voyou». Il finira par s’excuser du bout des lèvres.
Fin 2010, en vue de la primaire socialiste de 2011, il prend position en faveur de Dominique Strauss-Kahn, estimant qu’il est «une chance pour les socialistes comme pour la France». Après l’affaire DSK, Vincent Peillon, François Rebsamen et leur courant L’Espoir à gauche rallient François Hollande dans sa quête pour l’investiture socialiste. Vincent Peillon est alors chargé de la partie «discours, projets, idées» de la campagne du député de Corrèze pour l'investiture.
Monsieur Education
Après la victoire de Hollande face à Martine Aubry, lui qui était le Monsieur Education du député de Corrèze se voit chargé du pôle thématique «éducation, jeunesse, enseignement supérieur, recherche» pour la campagne présidentielle socialiste de 2012.
Ses opinions
- Éducation
«Nous souhaitons au contraire opérer de grandes réformes, pour permettre une réussite individuelle et collective. Lutte contre les effets des inégalités sociales sur les parcours scolaires, réformes des temps scolaires, des approches pédagogiques, du métier d'enseignant... Pas dans les mots : dans les actes. (…)Si vous voulez rétablir une formation, initiale et continue, accueillir les jeunes enfants, lutter, dès le CP, massivement contre l'échec scolaire lié aux difficultés sur les apprentissages fondamentaux, permettre des pédagogies plus différenciées, il faut s'en donner les moyens. Ces moyens qui ont été détruits par la droite !» Interview au Monde le 22 novembre 2011
«Nous avons trois sujets primordiaux : la réussite de tous les élèves pendant la scolarité obligatoire, en particulier dans les zones qui relèvent de l’éducation prioritaire, le temps scolaire et le métier d’enseignant.» Interview au Monde le 22 novembre 2011
- Europe
«La crise de l’Europe que nous vivons est une crise économique, mais elle est tout autant et d’abord une crise du politique et de la démocratie. La palinodie du vrai-faux référendum grec aura eu à cet égard valeur de double révélateur : celui de la nécessité d’un retour puissant du politique, mais aussi celui du sentiment troublant de son impossibilité, de son incongruité. Cette ambivalence doit être pensée pour être dépassée.» Tribune dans Libération, le 15 novembre 2011
Ses publications
- La Tradition de l’esprit: itinéraire de Maurice Merleau-Ponty, Grasset, Paris, 1994.
- Jean Jaurès et la religion du socialisme, Grasset, Paris, 2000.
- Pour un nouveau Parti socialiste : motion portée au vote des militants du PS au congrès de Dijon, 16-17-18 mai 2003 (avec Arnaud Montebourg), Denoël, Paris, 2003.
- Pierre Leroux et le socialisme républicain, Le Bord de l’eau, 2003.
- L’Épaisseur du cogito. Trois études sur la philosophie de Maurice Merleau-Ponty, Le Bord de l’eau, 2004.
- Au cœur de la gauche (coécrit avec Arnaud Montebourg et Benoît Hamon), éditions Le Bord de l’eau, Lormont (Gironde), 2004.
- Les Milliards noirs du blanchiment, Hachette littératures, Paris, 2004.
- La Révolution française n’est pas terminée, Le Seuil, Paris, 2008.
- Peut-on améliorer l’école sans dépenser plus ?, avec Xavier Darcos, Magnard, Paris, 2009
- Une religion pour la République : la foi laïque de Ferdinand Buisson, Le Seuil, Paris, 2010
- Éloge du politique : une introduction au XXIe siècle, Le Seuil, 2011
Son réseau
Si son premier mentor a été Henri Emmanuelli, dont il a été la plume, comme pour Lionel Jospin et Laurent Fabius, Vincent Peillon intègre le Parti socialiste grâce à Pierre Moscovici.
Constant dans sa volonté de rénover le Parti socialiste, surtout après les échecs électoraux de 2002, Vincent Peillon s’allie à Julien Dray et Arnaud Montebourg, rejoints par Thierry Mandon et Christian Paul, pour fonder le Nouveau Parti Socialiste (NPS).
Suite à l’éclatement du NPS, Vincent Peillon se rapproche de Ségolène Royal, qu’il soutient dès 2006 et dont il deviendra l’un des hommes forts lors de la campagne présidentielle de 2007. Il la soutient également lors du Congrès de Reims où elle échoue à prendre la tête du PS. Peillon s’éloigne alors de la présidente de la Région Poitou-Charente et récupère son courant, l’Espoir à Gauche, dont il devient le leader avec François Rebsamen.
Ce courant est composé de nombreuses personnalités importantes du Parti socialiste comme David Assouline, Patrick Mennucci, Jean-Pierre Mignard, Julien Dray, Guillaume Garot, Gérard Collomb… Plusieurs membres de premier plan de l’équipe de campagne présidentielle de François Hollande en sont issus: ses porte-paroles Delphine Batho et Najat Vallaud-Belkacem, son directeur de la communication Manuel Valls ou sa chargée de la culture, Aurélie Filippetti.
Vincent Peillon quant à lui a hérité de la thématique Education, jeunesse, qu’il pilote avec Bruno Julliard. «Il a une grande connaissance des dossiers, et il a su gagner l'estime des uns et des autres», dit Vincent Peillon de l’ancien président de l’UNEF.
Agrégé de philosophie, Vincent Peillon est apprécié de Bernard Henri-Lévy, qui le définit comme «un brillant universitaire» et lui consacre une page sur son site internet.



